[COVID-19, sécurité nationale] Si c'est ça la pensée stratégique française, nous sommes dedans jusqu'au cou

Nous lisons le directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, un macronistanais bon ton formé au Canada (wtf?), nommé en 2016 par Le Drian et porté sur les fonds baptismaux par Hubert Védrine (encore un de ceux comme Atalli, Minc etc. qui se sont systématiquement trompés) qui nous expose un condensé de doxa, d’idéologie et de truismes…

L’IRSEM, ce n’est parfois pas très sérieux. Dommage.

Ce monsieur ne maîtrise visiblement pas le concept de surprise stratégique. Expliquons-le lui.

Par stratégie s’entend la dialectique des volontés par laquelle deux parties adverses s’affrontent. C’est la définition philosophique.

Plus communément, par stratégie est compris un « ensemble d’actions coordonnées, d’opérations habiles, de manœuvres en vue d’atteindre un but précis« .

La surprise stratégique est donc le résultat d’une action humaine délibérée à un niveau suffisamment élevé qui enlève à la partie adverse toute maîtrise stratégique (c’est à dire toute capacité à exécuter un ensemble d’actions coordonnées etc.), la forçant à la réaction tactique. Exemple de surprise stratégique: les panzers en 1940 qui traversent les Ardennes, réputées impraticables, afin de contourner la ligne Maginot, ayant pour résultat l’effondrement de la France et l’armistice en 3 semaines.

Quel rapport entre un virus, qui est un microorganisme qui n’a pour but que de survivre et de se propager chez des hôtes (contrairement à une bactérie, un virus ne peut pas survivre et se reproduire de manière autonome) et la « ‘surprise stratégique »? Aucun.

En revanche, nous voyons parfaitement le parallèle entre le pouvoir politique et financier de 1940 et la situation présente: de criminels incompétents prêts à tout pour préserver leurs petits intérêts étroits en votant des pleins pouvoirs au prétexte de régler de « gros problèmes » qu’ils ont eux-mêmes causés.

« Cette crise sanitaire a éclaté dans un contexte très particulier : celui d’une économie mondialisée et très dépendante de la Chine. Là précisément où le virus est apparu. La population mondiale est aussi très mobile, avec le tourisme de masse, le commerce et les migrations. Par ailleurs, le multilatéralisme est fragilisé par les replis nationalistes et populistes. Et la population, hyperconnectée, est abreuvée d’informations souvent fausses ou biaisées. La défiance à l’égard des institutions internationales, des autorités et des élites est manifeste.

C’est parfaitement faux. Il ne s’agit en aucun cas d’un contexte particulier puisque ce qu’énumère M. Jeangène Vilmer est « business as usual » depuis plus de 40 ans, depuis la fin du round de Tokyo du GATT (1979), sédimenté par le consensus de Washington et le traité de l’OMC en 1995… C’est la description de ce qu’est la mondialisation débridée et le néolibéralisme qui nous ont menés dans la situation actuelle. Une cause n’est pas un contexte!

Nouvelle erreur conceptuelle purement idéologique: le contraire de multilatéralisme n’est pas « repli national » ni même souverainisme, mais bilatéralisme ou unilatéralisme! Va falloir réviser et ne pas confondre mirage d’un gouvernement mondial avec institutions multilatérales, qui n’ont jamais et n’auront jamais pour but de gouverner mais simplement de faire respecter des accords multilatéraux, c’est à dire des accords conclus par plus de 2 états!

« Mondialisation exacerbée, multilatéralisme fragilisé et population désinformée : cette combinaison est explosive, permettant au virus de se propager d’autant plus facilement. La pandémie met au jour ces vulnérabilités. »

Ça c’est juste d’une bêtise confondante. La propagation d’un virus très contagieux se jugule d’abord en érigeant des barrières sanitaires efficaces permettant (a) de protéger les populations de la contamination et d’enrayer les conséquences économiques et sociales de l’épidémie et (b) de garantir l’accès aux soins à tous les malades. C’est quelque chose qui se traite au plus prêt du terrain et le bon acteur en la matière est l’état-nation. Pourquoi? Parce que c’est à ce niveau sans exception que se consent librement l’impôt qui à son tour rend possible l’existence d’institutions, de systèmes et d’infrastructures qui autorisent l’action publique. En matière de pandémie comme à la guerre (même si une pandémie n’est pas une guerre comme le dit Macron qui ne comprend rien à rien): l’initiative des officiers de front est fondamentale.

Le problème de la désinformation est en revanche bien réel, et on parle là de désinformation gouvernementale, d’état, d’un pouvoir qui n’a que le mensonge comme outil de gouvernement.

C’est marrant, chez nos voisins allemands qui ont eu autant de temps que nous pour se préparer à l’épidémie (+/- 3 mois), ça donne cela d’après Charles Rojzman aujourd’hui même:

« Je me suis replongé dans les différents exercices de prospectives publiés depuis les années 2000. L’épidémie de Sras (2002-2003) avait déclenché l’alerte. Les rapports successifs du National Intelligence Council américain anticipent assez précisément ce risque depuis 2004. Celui de 2008, par exemple, élabore le scénario d’une pandémie causée par « l’émergence d’une maladie respiratoire virulente, nouvelle et très contagieuse contre laquelle il n’y aurait pas de traitement » et qui serait née dans une zone « à forte densité et où il y a une proximité entre humains et animaux, comme dans certains endroits de Chine ». En France, le risque pandémique figure dans le Livre blanc de 2008, qui juge « plausible » l’apparition d’une « pandémie massive à forte létalité » dans « les quinze années à venir ». On en parle aussi dans le Livre blanc de 2013. La Revue stratégique de 2017 n’emploie pas le mot de « pandémie », mais prend bien en compte « le risque d’émergence d’un nouveau virus ». Nous ne nous trouvons donc pas face à une surprise stratégique. »

Mais la théorie des systèmes et donc des risques systémiques, la cindynique etc. ça existe depuis des lustres!

On sait très bien que les zoonoses virales – en particulier aviaires – représentent un risque sanitaire non-négligeable.

Quel besoin d’aller chercher des rapports du NIC américain? Ne serions-nous pas capables de réfléchir par nous-même en France? Apparemment non puisqu’on nomme des gens comme M. Jeangène Vilmer à des postes pareils alors qu’ils sont visiblement incapables de penser en dehors de la doxa mondialiste, néolibérale et atlantiste! Faut retourner au Canada ou chopper un poste de fellow au Council on Foreign Relations! 😀

Il existe en France un plan pandémie Pourquoi n’a t-il pas été immédiatement mis œuvre dès le premier mort, le 24 janvier? Pourquoi Macron a t-il attendu le 12 mars (près de 2 mois) avant de prendre quelque mesure sanitaire que ce soit? Pas nous qui nous interrogeons mais Louis Gautier, ancien secrétaire général de la défense nationale dès le 29 janvier.

Qu’on ne vienne pas nous dire que nos services de renseignement (en premier chef la DGSE) et notre diplomatie n’ont pas rapporté dès décembre que quelque chose n’allait pas à Wuhan, d’autant que la France y a tout de même vendu un laboratoire P4 (niveau de confirment le plus élevé permettant de manipuler les souches les plus virulentes) et qu’on s’est empressé d’évacuer 250 français résidant dans cette province chinoise le 30 janvier!

La seule raison de la propagation délirante du coronavirus est simple. David Desgouilles l’exprime parfaitement:

« Lu un long article de « La-Pravda-du-dimanche », qui souhaite rendre service au président en le faisant passer pour un Chef de guerre en campagne. Bien involontairement, ce récit est dévastateur. On n’y voit qu’un homme qui n’a pensé qu’à préserver son logiciel idéologique. Sauver le soldat Schengen, lutter contre le « repli » national. Voilà ce qui l’a guidé, avant de nous donner l’ordre de nous « replier » tous chez nous.« 

C’est un comportement criminel, qui donc sera jugé et ceux qui l’ont eu seront condamnés.

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