[Macronistan] Arrêtons de parler de "violences policières", ce n'est pas le terme approprié

Lire cet excellent billet de Me Régis de Castelnau qui comme à son habitude met en plein dans le mille et fait œuvre de salubrité publique en nous rappelant les principes du droit, ce système de normes qui régit la société afin que nul ne soit la proie de quiconque.

L’état détient le monopole de la violence. Ce monopole comprend en gros deux catégories:

  • l’usage de la violence et le meurtre légal en cas de guerre ou de conflit armé qui concerne essentiellement les militaires
  • l’usage légitime de la force par la police et la gendarmerie afin de faire respecter la loi et l’ordre

C’est bien évidement cette dernière catégorie qui nous intéresse.

L’état délègue son monopole de la violence aux forces de l’ordre qui n’en sont que les délégataires temporaires. L’usage de la violence doit être légitime, c’est à dire (a) immédiat et (b) strictement proportionné à la situation. Il est bien évident qu’abattre un djihadiste d’un « double tap » (un balle dans le thorax, une balle dans la tête tirées très rapidement) alors qu’il est en train de poignarder des promeneurs dans un parc est légitime, mais cela reste de la violence à son stade le plus ultime puisqu’on donne la mort.

Quand des policiers ou des gendarmes font un usage illégitime de la violence, ils s’exposent à des sanctions disciplinaires (administratives) et/ou pénales.

Il s’agit donc d’exactions policières. Il va vraiment falloir que nous commencions à utiliser le bon mot pour décrire la bonne réalité et à corriger systématiquement tous ceux qui ne le font pas – politiciens, journalistes, militants etc.

L’usage de la violence par les forces de l’ordre est encadré par le code pénal (d’où la notion de et l’article spécifique du code pénal portant sur les violences par personne dépositaire de l’autorité publique, par exemple). Non pas par l’IGPN qui procède uniquement à des enquêtes administratives et ne mène d’enquête judiciaire que si saisie par le parquet ou un juge d’instruction si le parquet a pris la décision d’informer (ou si une constitution de partie civile déclenche l’action publique).

Force est de constater que notre institution judiciaire, parquets en tête, ne remplit pas son rôle. Force est de constater que les syndicats de la magistrature sont très forts dès qu’il s’agir d’aller dénoncer une réforme de la justice – certes inique – en Pologne mais se font nettement plus discrets quand il s’agit de pousser à exercer le pouvoir judiciaire dont leurs membres ont reçu délégation du peuple français (et non pas de l’état) quand le pouvoir politique et/ou les forces de l’ordre que la justice a pour charge de contrôler, sont mis en cause.

Aujourd’hui, nous parlons de plusieurs centaines d’actes (nous nous approchons allégrement du millier) , tels que recensés par le journaliste David Dufresne.

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