[Macronistan] Censure et fascisme

Pour commencer, lisez-donc cet article et le commentaire ci-dessous que l’ont doit à Anne-Sophie Chazaud, philosophe spécialiste de la liberté d’expression:

« L’affaissement généralisé du symbolique

A vrai dire, je ne reviens dans ce papier pour Marianne sur les accusations délirantes portées contre Finkielkraut qu’en quelques mots. Mon propos est principalement de souligner la grave crise que traverse notre société dans son rapport à la langue, à la représentation et au symbolique. Qu’il s’agisse des activistes militants, des fondamentalistes islamistes, des inquisiteurs contre la méchante haine, de la chasse aux opposants politiques pour outrage : dans tous les cas, ce qui est attaqué, c’est le second degré, la possibilité de la polysémie, de l’exégèse, de l’ironie et même, tout simplement, de dissocier le registre du langage de celui de l’action.
J’insiste également sur le fait que contrairement à l’idée reçue qui circule abondamment depuis quelques années sur le sujet de la liberté d’expression, la censure émanant du pouvoir politique fait son très grand retour en force et il est erroné de prétendre que cette censure a été entièrement déléguée à la société et notamment aux agitateurs sociétalistes : tout ce petit monde se complète à merveille et procède du même paradigme. La loi Avia, la loi Fake news et tant d’autres manières de voir du pouvoir macronien en sont l’éclatante démonstration, jusqu’à l’incrimination de nos « silences complices ».

Rajoutez-y ce scandale de « Conseil de déontologie journalistique » et vous avez ce qui s’appelle une société fasciste « douce », c’est à dire une société qui réprime par tous les moyens – pénaux, sociaux, économiques etc. – toute forme de pensée et de propos hétérodoxes ou qui déplaisent à telle ou telle catégorie, à commencer par celles dominantes.

Mais bordel! Si on vous marche sur le pied, que ce soit intentionnellement ou par inadvertance, vous aurez mal pareil! C’est donc l’intention qui compte.

C’est pour cela que par exemple notre porte-parole est condamné en première instance pour un mot qui ne veut rien dire, tapé par erreur alors que son propos était de dénoncer une fraude électorale accompagnée de la commission d’un délit passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende (Ils ont fait un bond jusqu’au plafond au plus haut niveau au Conseil de l’Europe). Il sera fort heureusement et vraisemblablement relaxé en appel (le parquet n’a pas requis ni en première instance ni en appel malgré les instructions de la garde de sceaux de ne pas laisser passer les propos racistes, ce qui signifie qu’il considère qu’il n’y a pas d’infraction).

Rappelons ici la jurisprudence de la CEDH, fondamentale en matière de liberté d’expression:

« Elle vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent une personne ou une partie de la population ; ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’y a pas de « société démocratique » (CEDH, Handyside c. Royaume-Uni, 7 décembre 1976, série A n°24, p. 23, § 49 ; CEDH, Jersild c. Danemark, 23 septembre 1994, série A n°298, p. 26, § 37). »

Ainsi donc Macron avec ce « Conseil de déontologie journalistique » va permettre à n’importe quelle bande constituée d’incultes victimaires genre néoféminismes, indigénistes, islamistes etc. de faire décréter la vérité officielle par des campagne de dénonciation en dehors du doit et dans le relativisme le plus complet – et aux oligarques qui détiennent les média de continuer à manipuler et à travestir plutôt que d’informer puisque ah mais, la déontologie a été respectée. Sur le même modèle que le CSA qui est une catastrophe totale. Ce qui est immoral n’est pas forcément illégal.

Macron sacrifie encore et toujours la multitude à d’infimes minorités.

Est-ce la guerre civile qu’il cherche? Non parce que le seul moyen que nous connaissons de l’éviter c’est que tous puissent faire valoir leurs opinions et leur arguments dans un débat civilisé et franc sans subir de procès d’intention et le harcèlement d’une police de la pensée qui fait de McCarty et Vischinski de doux amateurs.

Le problème des médias français n’est pas qu’ils auraient des lignes éditoriales qui ne seraient pas « neutres ». Le Figaro n’est pas l’Humanité et c’est très bien ainsi. Rien n’est neutre, c’est pour cela qu’on a le choix, choix qui procède de la liberté ! Un média a la liberté de sa ligne éditoriale qui ne va pas convenir à tout le monde.

Le problème des médias français c’est que les oligarques qui les possèdent les utilisent pour travestir la réalité, exercer un pouvoir dont ils ne sont pas délégataires et encore moins dépositaires et que trop de journalistes qui les peuplent sont persuadés de faire l’actualité alors qu’il ne peuvent que la rapporter. Quand l’équipe de Quotidien dit faire du journalisme et être des journalistes, il y a effectivement un problème.

C’est en ce sens que les médias en France sont politisés,non pas qu’ils auraient des partis pris politiques assumés, mais parce qu’ils sont au service de pouvoirs et non pas de ceux qui les « consomment ».

Prenons les chaînes d’info en continu généralistes. Aux USA, pays de 325 millions d’habitants, il y en a 3: CNN, MSNBC et Fox News. Elle ont toutes des partis pris politiques clairement assumés, ce qui est garantie de pluralisme. En France, on en a 7,: BFMTV, CNews, LCI, Franceinfo, France24, RT, I24. Celle de Drahi et Weill, celle de Bolloré, celle de Bouygues, celles de l’état donc celles de quiconque est au pouvoir, celle de la Russie (qui est loin d’être la pire) et encore celle de Drahi. N’avez-vous pas remarqué que ce sont trop souvent les mêmes points de vue, la même « pensée unique » qui nous est présentée?

En matière de déontologie journalistique, il n’y a que la charte de Munich qui vaille. Le reste, c’est l’affaire de la justice selon les termes de la loi de 1881 !

Nous vous invitons à réécouter cet immense historien qu’est Pierre Serna. Il a Ô combien raison quand il avance ce qui suit.

L’extrême centre, ce « poison français » depuis la révolution. Ces girouettes qui refusent de se définir, qui ne sont ni de droite ni de gauche mais qui sont toujours là.

1 – Opportunisme et « girouettisme » politique

2 – Neutralisation du langage (le concept de « bienveillance » en est un avatar)

3 – Répression pour se maintenir au pouvoir car pas de légitimité démocratique

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