[Macronistan] Kurdes: jusqu’au fond de l’infamie?

Les velléités d’Erdogan d’aller cogner les kurdes de Syrie doivent être stoppées par tous les moyens, y compris militaires. Au surplus, Erdogan veut le faire avec 14 000 hommes de ce qu’il appelle ‘l’opposition syrienne », comprendre au mieux des islamistes au pire des djihadistes sunnites, équipé et formés par la Turquie.

En Syrie, nous avons prétendu combattre Daech. Une tactique qui consiste à mener des opérations de forces spéciales en soutien à des éléments locaux dont le plus efficace fut le YPG kurde, à mener une guerre par proxy, c’est bien si on fait ce tout ce qu’il faut pour bien cadrer le théâtre d’opération et s’assurer que l’ennemi soit d’abord coupé de ses lignes d’approvisionnement.

On ne s’allie pas avec des gens dont on sait qu’ils jouent un double jeu- au hasard, l’Arabie Saoudite et le Qatar – dans ce qui dans les faits est une guerre de religion où nous n’avons somme toute pas grand chose à faire.

On ne peut pas avec raison soutenir le seul belligérant non sectaire, les kurdes, pour ensuite les laisser en proie à un grand voisin dont le gouvernement est particulièrement sectaire.

Si on se penche sur ce qui a fonctionné sur le terrain, force est de reconnaître que la stratégie russe a été la seule payante.

Nous savions que la Turquie profitait largement de cette guerre et soutenait dans les faits Daech en achetant pétrole, coton et artefacts archéologiques au mépris des embargos, et livrait des armes en retour.

Les russes, quand ils se sont engagés sur ce théâtre, ont

  • frappé les convois de camions en route vers la Turquie et coupé la ligne d’approvisionnement de Daesh. Nous occidentaux nous refusâmes de mettre en œuvre une telle stratégie d’interdiction au motif que les chauffeurs des camions étaient des civils. Les frappes russes furent tellement efficace que Daesh du diviser par 3 les soldes versés à ses djihadistes et que les turcs non seulement arrêtèrent rapidement les livraisons d’armes mais bien vite allèrent manger dans la main des russes
  • engagé des troupes régulières à partir du moment où la limite qu’ils avaient fixée a été dépassée (ne pas d’approcher à plus de x km de leur base navale).

Ils sont tout de même assez drôles ces occidentaux qui entretiennent des armées pour ne pas les utiliser. Si on décide de se mêler d’une guerre, il faut la faire, la guerre.

Le régime d’Erdogan est fragile. Si le bonhomme est très loin d’être un fou – c’est un politicien retors – force est de constater que l’AKP, depuis qu’il a accédé au pouvoir, n’a fait qu’isoler la Turquie sur la scène internationale avec les conséquences économiques que l’on connait. C’est pour cela que nous rigolons à gorge déployée quand nous voyons Davutoglu, le ministre des affaires étrangères historique d’Erdogan, se désolidariser alors qu’il fut l’un des principaux artisans de cet isolement.

Erdogan est un frère musulman. Il serait bon de se souvenir que les frères musulmans sont à l’origine de toutes – nous disons bien toutes – les organisations terroristes sunnites.

L’Europe est comme toujours la grande absente, et on le doit en l’espèce essentiellement à la France, qui sous Hollande tergiversait, et sous Macron passe son temps jeter des peaux de bananes sous les pieds de nos partenaires pour sembler être le « zef ». La récente sortie de Macron au conseil de l’Europe est un exemple criant de cette attitude aussi puérile qu’imbécile.

Si l’Europe d’une seule voix, sans que personne ne cherche à tire la couverture à soi disait:

  • au président et au gouvernement turc entre quarte yeux que toute opération militaire en Syrie visant les kurdes provoquera des sanctions économiques et le cas échéant des actions militaires ciblées d’interdiction en Syrie (imposition d’une « no fly zone » par exemple. Nous vous garantissons que l’aviation turque n’a pas vraiment envie de se frotter aux aviations française, allemande, italiennes etc. et que sans soutien aérien, l’armée turque ne se risquera pas à mener d’opérations)
  • au peuple turc que nous faisons la différence entre le pouvoir en place et lui, et que rien n’obère le futur à partir du moment où un comportement loyal qui ne veut pas pour autant dire soumis, est constaté
  • aux islamistes turcs et autres soutiens de l’AKP en Europe que la Turquie est un superbe pays vers lequel nous serons ravis de leur organiser un aller simple

l’affaire sera réglée en un tournemain, sans provoquer ressentiment aucun au sien de la population turque .

Alors oui, il y a la menace des migrants. Et pour cela, il suffit de déployer des navires de guerre au bon endroit et d’être un peu plus conséquent quant à l’accueil temporaire, à la ,protection subsidiaire de personnes qui ont vocation à retourner dans leur pays et non pas à s’établir en Europe.

N’oublions pas que ce n’est que le califat, que ce n’est que Daech comme organisation politico-militaire qui a été détruite, certainement Daech comme organisation terroriste.

On ne tordra pas le coup définitivement à Daech dans cette région sans les kurdes, tout comme nous ne le ferons pas sans les russes et les iraniens.

Une fois de plus, au cœur du problème on retrouve les monarchies du golf, Arabie Saoudite et Qatar en tête (les émiratis eux sont plus intelligents).

Mais chut! Macron lutte contre l’islamisme.

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