[Macronistan] Le « con du bien » a encore frappé

Une fois encore nous ne cautionnons pas les idées de ceux rassemblés autour de Marion Maréchal lors de la « convention de la droite ». Nous ne sommes pas d’accord avec eux.

Notez bien que Marion Maréchal, Eric Zemmour et consorts ont superbement réussi leur coup : tout le monde ne parle que de cela et ils se sont posés durablement comme la droite, la vraie, LR pour le moment étant dans les limbes – ou plutôt au purgatoire.

Tout le monde semble oublier que la gauche a accédé au pouvoir avec l’extrême gauche, et la droite avec l’extrême droite. Toujours. Demandez donc à Giscard dont le service d’ordre de campagne était assuré par l’extrême droite, dont l’attachée de presse, Anne Méaux, était elle-même issue de l’extrême droite, tout comme Gérard Longuet, tout comme Alain Madelin, Patrick Devedjian etc. Sarkozy en 2007 n’aurait pas été élu sans les suffrages d’électeurs du FN. Demandez donc à tous les trotskistes et autres maos du parti socialiste.

Vous croyez quoi, journalistes geignants et militants de salon? Dans quel monde vivez-vous? Pas dans le monde réel, pour sûr!

Le « con du bien » – on ne peut pas décemment parler du camp du bien – nous sert ces sempiternelles indignations à deux balles parce que (a) il n’a pas d’autre argument et (b) qu’il sent que son argument indigné a de moins en moins de prise sur l’opinion publique, peut-être parce que (a) les faits lui donnent tort et (b) l’indignation perpétuelle casse les oreilles.

Avant de couiner, écoutez plutôt le discours d’Eric Zemmour dans son intégralité.

Si nous ne sommes pas l’ombre d’un instant d’accord avec son contenu, nous peinons à voir quelles injures publiques et quelles incitations à la haine contient ce discours. C’est violent, mais cela ne dépasse pas la controverse politique.

Et le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire visant les propos d’Eric Zemmour tenus lors d’un meeting politique, parquet qui ne dispose plus d’aucune crédibilité depuis la nomination de son chef par Emmanuel Macron, depuis la manière dont il a géré l’affaire Benalla, l’affaire Ferrand, les perquisitions chez LFI etc. Ce parquet de Paris dont l’asservissement au pouvoir en place est patent. On va de naufrage judiciaire, en naufrage judiciaire.

Comme l’écrit Ambroise de Rancourt :« Combien de diagnostics justes sont faits par Zemmour dans ce triste discours : détournement des moyens de l’Etat par une caste managériale (juste), angoisse identitaire absolument non dénuée de fondement (juste), nihilisme complet véhiculé par le capitalisme techno-juridique mondialisé (juste), problème extrêmement grave de séparatisme socio-culturel de certains quartiers et villes (juste). Mais comme les accents sont médiocres, comme les solutions sont faibles, comme la vision d’un quelconque projet national est absente. Zemmour incarne cette vieille droite lasse de tout, qui refuse de combattre avec les outils de son époque et qui se noie dans une stérile déploration de la modernité, incapable qu’elle est de lui proposer un substitut valide. C’est le vieillard qui ne bande plus, mais qui critique la façon dont baisent les jeunes de son époque. Je crois qu’ils vont aller au casse-pipe en 2022, et qu’ils vont se faire étriller. Sans doute, après, pourra-t-on discuter entre gens raisonnables. Tout ceci est quand même bien triste quand on pense à l’homme vif, intelligent et curieux de tout qu’était encore Zemmour il y a cinq ans, quoi qu’on puisse penser par ailleurs de ses idées. « 

Mais là n’est pas la question. La question est encore une fois celle du pluralisme: ces gens ont la liberté d’avoir les idées qu’ils ont parce qu’elles ne sont pas interdites et ne sauraient l’être -à moins de vivre en dictature. Et il ont la liberté de les exprimer, aussi vomitives fussent-elles pour le « con du bien ».

Le fait que nous soyons en désaccord ne signifie pas qu’il faut (a) appliquer derechef une censure administrative (le nombre de crétins qui ont saisi le CSA, pas compétent en l’espèce est ahurissant) et (b) judiciariser sur la base de ce seul désaccord.

En politique, on combat des idées par la politique et seulement la politique. Pas par voie de justice, pas par voie de bannissement social et de censure.

Si on se met à combattre des Hommes, alors cela s’appelle la guerre. Et on y va, parce que le « con du bien » se trompe à la fois de moyen et de débat, depuis plus de 40 ans.

« À un moment, ce dogmatisme imbécile finira-t-il par comprendre qu’il engendre exactement ce qu’il croit combattre, ou bien cela fait-il décidément trop de concepts à mettre en équation en même temps dans des cerveaux étroits ? » interroge sagement Anne-Sophie Chazaud.

N’oubliez jamais que la liberté d’Eric Zemmour de dire ce qu’il dit, qu’on soit d’accord ou pas avec lui, c’est également celle de chacun d’entre nous.

Nous ne défendons pas les propos d’Eric Zemmour, mais la liberté qu’il a de les avoir. Ce faisant, nous défendons notre propre liberté d’expression. Et la vôtre.

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