[Ferrandgate] Vite, se mettre au frais en Andorre + quel drôle de destin ont connu les plaintes + il y a des Ferrands de partout en France (on en liste quelques-uns de par chez nous)

Jupiter, co-prince d’Andorre, visite cette principauté pendant 48 heures, alors que les grèves contre la réforme de retraites et la légitime contestation tous azimuts montent en puissance.
La prochaine visite officielle à Monaco, elle durera 8 jours?

Sans compter que la France, toujours bien inspirée, vient de céder 24 hectares de son territoire à Andorre, dont des ressources en eau non-négligeables puisque la source de l’Ariège est maintenant sous contrôle étranger (Andorre n’est pas la France et n’est pas membre de l’UE). Bien joué.

(Nous, les micro-états paradis fiscaux genre Monaco, Andorre, Luxembourg et Liechtenstein, on enverrait l’armée les mettre sous blocus total afin de les forcer à appliquer des règles fiscales justes et transparentes. Avant de couiner, rappelez-vous que ça a déjà été fait avec Monaco en 1963)

Mais là n’est pas le propos de ce billet. Examinons de plus près cette sombre mais hilarante histoire de Ferrandgate.

Tout d’abord, le destin et le parcours qu’ont connu les deux plaintes d’Anticor est amusant:

  • Suite au révélations du Canard Enchainé, Anticor a d’abord déposé une plainte au Parquet National Financier, qui s’empressa de la transmettre au parquet de Quimper, qui classa sans suite
  • Anticor déposa alors une plainte avec constitution de partie civile qui atterrit au pôle financier. Là, le juge d’instruction saisi (R. Van Ruymbeke si nous ne nous abusons) aurait exprimé son intention de mettre en examen si on en croit Me de Castelnau (quelqu’un de plutôt bien informé). Hop! sur demande de la défense, on dépayse le dossier à Lille.
  • A Lille, le juge d’instruction saisi aurait également exprimé son intention de mettre en examen. Hop! on lui accole deux autres juges d’instruction au motif de collégialité (si tous les justiciables étaient traités de la même manière…)

L’incrimination de prise illégale d’intérêt est certes valable, mais un peu tirée par les cheveux, ne reposant que sur un article du code de la mutualité. On peut légitimement se poser la question de savoir si ce n’est pas une manœuvre pour éviter les incriminations d’abus de confiance et d’escroquerie, les peines alors encourues étant beaucoup plus lourdes.

Il va être très intéressant de voir quels réquisitoires supplétifs vont réclamer les juges durant l’instruction…

Que savons-nous?

1 – La compagne de M. Ferrand, Mme Doucen, alors étudiante, fut employée comme directrice du personnel aux mutuelles de Bretagne. « La même année, elle a complété ses revenus par un « petit job » au château de Trévarez, un domaine appartenant au département du Finistère. Le comité d’animation chargé de sa gestion était présidé par nul autre que Richard Ferrand, conseiller général socialiste.  Mme Doucen a ainsi été rémunérée de l’ordre de 80 000 euros (jolie, la bourse!) par les mutuelles de Bretagne jusqu’à sa prestation de serment d’avocate, en 2004.

2 – La SCI dont Mme Doucen est actionnaire à 99% non seulement a pu acquérir les fameux locaux à Brest sans un centime d’apport parce que locaux loués aux mutuelles de Bretagne dirigées par son compagnon M. Ferrand , elle a également procédé sur cette base à l’achat d’un logement à Paris pour 350 000 euros (eh oui, une SCI est une société qui peut donc faire usage de l’effet de levier).

Bref, on est « dans le même temps » dans du Flaubert, du Zola, du Balzac et du Maupassant… La France, société du passe-droit pour ceux qui ont le bon capital social.

N’allez pas pour autant commettre l’erreur de croire que le comportement de M. Ferrand serait exceptionnel: que nenni! Toute la « grande bourgeoisie française » et ceux qui souhaiteraient en faire partie font de même. C’est tellement plus facile de se mettre gras avec de l’argent public ou de l’argent qui ne vous appartient pas: 100% de velours sans aucun risque.

Tenez, dans notre bonne métropole grenobloise, si on fait l’effort d’observer avec attention, c’est fou ce qu’on trouve:

Quand on nous dit qu’il n’y a pas d’argent, c’est faux! Si on arrêtait de subventionner par pur copinage et clientélisme les associations et autres cénacles qui ne servent à rien si ce n’est à rémunérer ceux qui les dirigent, si on arrêtait les recrutements de complaisance pour recruter à la compétence, si on gérait les marchés publics au cordeau, sur la simple ville de Grenoble, on dégagerait au bas mot, d’après nos estimations à la louche, 10 millions d’euros par an.

La France, cette république bananière. Si notre justice est à l’os, c’est une fois de plus parce que ceux qui nous dirigent ne veulent pas d’une justice bien dotée qui aurait les moyens de se pencher sur leur agissements et de les tenir responsables chaque fois que nécessaire.

Aujourd’hui en France, l’ensemble de nos institutions régaliennes – police, justice, diplomatie, armées – sont dans une crise profonde, crise causée par ceux qui les dirigent. C’est plus qu’inquiétant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.