[Climat] Ne v’la t-y pas qu’on nous parle de guerre maintenant

Guillaume Duval, l’ancien rédacteur-en-chef et aujourd’hui éditorialiste de Alternatives Économiques nous sert les théories de Lester Brown (qui ne sont pas à jeter, loin de là).

Si d’un point de vue économique ses analyses sont souvent lumineuses, en matière de climat, c’est le dogme, non pas la raison qui prévaut. L’analogie avec Pearl Harbour vaut son pensant de cacahuètes.

« Climat : sommes-nous arrivés à notre moment Pearl Harbour ?

C’est une analogie historique utilisée par l’ecoeconomiste américain Lester Brown et comme telle elle présente bien entendu des limites comme toutes ses semblables. Elle me semble néanmoins (très) utile et intéressante.

Au début de la seconde guerre mondiale les Américains ont longtemps hésité à s’engager dans le combat contre le nazisme et l’opinion était très divisée à ce sujet. Puis est arrivée l’attaque japonaise sur Pearl Harbour et l’opinion a basculé d’un coup. Et pendant 4 ans la mobilisation a été totale aux États unis : ils n’ont pas produit une seule voiture individuelle, toutes les usines étant reconverties pour produire des camions, des chars, des bateaux, des avions… pour la guerre contre les nazis et les japonais. Or la voiture jouait déjà un rôle central dans la société américaine à cette époque. Et cela s’est fait tout en restant un pays démocratique où le congrès continuait à contrôler l’action du président, la presse de faire son boulot critique…

Lester Brown utilise cette analogie pour nous dire que, bien que nous ayons l’impression aujourd’hui que peu de choses avancent dans la lutte contre le changement climatique et que nous n’y arriverons jamais, nos sociétés démocratiques sont capables en réalité de mobilisations extrêmement puissantes une fois qu’elles ont basculé et décidé de prendre un problème à bras le corps.

La question évidemment est de savoir quel sera le Pearl Harbour qui nous fera basculer sur la question du climat. Espérons (et travaillons à ce) que les événements climatiques exceptionnels de cet été aient cet effet de déclic et nous fassent (enfin) entrer dans une véritable logique de guerre contre les causes de la crise écologique… »

Les « Grenelles », les « plans marshall », les « Pearl Harbour » etc.

Wishful thinking, la solution n’étant ni globale ni synchrone…Le climat, il ne s’agit pas d’une guerre avec l’économie qui va avec.

C’est là que sourde les inclinaisons totalitaires des tenants d’une gouvernance environnementale globale, aussi absurde que celle d’une gouvernance politique mondiale.
Et petit rappel: la majorité des sociétés ne sont pas démocratiques, à commencer par la plus peuplée du monde…

Les USA « démocratiques » pendant la 2nde guerre mondiale? Vous rigolez? Les institutions démocratiques n’y ont pas été suspendues mais leur fonctionnement lui n’était pas démocratique Exemple: le 3eme mandat de FDR.Exemple: le gouvernement à 95% par « executive order ». Exemple: le contrôle de la presse et une machine de propagande dont même Staline eut rêvé. Et le reste à l’avenant.

Quant à ce qui a fit que les USA ne s’engèrent pas dans la seconde guerre mondiale avant Pearl Harbour malgré les allemands coulants des navires marchands américains dès 1939, ce ne fut pas l’opinion publique: ils n’étaient tout simplement pas prêts, Pearl Harbour n’a fait que hâter leur engagement et c’est le fait qu’ils n’étaient pas prêts qui explique (a) la réallocation brutale de la production vers l’industrie de guerre et (b) la rapide progression des japonais dans le pacifique jusqu’à la bataille de Midway (il a fallu 4 ans pour reconquérir ce que les japonais ont gagné en 6 mois avec un coût économique et humain énorme).

Toujours amusant de voir certains théoriciens réviser l’histoire pour qu’elle colle aux analogies qu’ils font afin de démontrer la véracité de leurs théories. Bel exercice de contorsionniste, aurait dit Barnum .

Et encore plus drôle est de constater que les écolos-bobos occidentaux ne comprennent pas que le « clear and present danger » n’est pas le réchauffement climatique (on ne va pas en mourir ni demain ni dans 50 ans et on n’arrête pas un paquebot en écrasant la pédale de frein) mais la biodiversité qui elle a un impact immédiat, alors que la solution est extrêmement simple: l’arrêt de mondialisation des échanges agricoles parce qu’elle va de paire avec la standardisation des productions. C’est en ce sens que le CETA et l’accord avec le Mercosur sont de criminelles absurdités.

La guerre, c’est ne pas savoir si on sera encore en vie dans 15 minutes, ou bien de ne pas savoir si des êtres chers le seront encore dans 15 minutes.

Pas du tout le cas avec le réchauffement climatique. Cette escalade thunbergesque dans le vocabulaire est contre-productive car (a) elle n’incite personne à raisonner (elle vise au contraire à suspendre le raisonnement) mais à faire peur pour provoquer des réactions pavloviennes qui ne viendront pas puisque tout le monde sait – à l’exception de certains névrosés profonds – qu’on ne mourra pas du réchauffement climatique pas plus que « nos enfants » et (b) génère des conflits où il n’y a pas raison d’en avoir sur le même modèle que celui de Macron, celui du « il n’y a pas d’alternative ».

Quitte à prendre exemple sur les USA durant la 2nde guerre mondiale, enfermons tous les millénaristes du climat dans des camps d’internement comme cela fut fait avec les américains d’origine japonaise (et envoyons les marcheurs en stage de rééducation en Camargue).
(hin!hin!)

On se débrouillera mieux entre gens qui veulent raisonner plutôt que gémir et jouer sur la peur pour imposer leurs névrotiques dogmes.

« 

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