[Ecolo-business] Où on reparle de Energ’y Citoyennes, cette étrange société commerciale se disant de l’ESS

Il y a plus de deux ans que nous avons démontré les très sérieux points d’achoppement juridiques que présentait la société par actions simplifiée (SAS) Energ’y Citoyennes.

Nous vous y trompez pas: nous avons à faire à des entrepreneurs politiques c’est à dire à des gens qui utilisent l’argent public pour faire du profit sous couvert d’écologie, de développement durable et d’économie sociale et solidaire (prétendument sociales et solidaire car pas de création d’emploi).

Pour saisir la chose, c‘est un peu long mais ça vaut la peine de lire notre billet de juin 2017.

Quel besoin ont des collectivités d’investir dans une société commerciale alors qu’investir elles-mêmes dans le photovoltaïque pour en équiper leurs bâtiments serait moins coûteux puisqu’elles bénéficieront de l’ensemble du produit de la revente de l’électricité ainsi produite?

Et revoilà Energ’Y citoyennes qui va équiper le toit de La Belle Électrique avec des panneaux solaires pour revendre l’électricité sans avoir les fonds pour réaliser cet investissement.

Que vient donc faire Enercoop, dont le slogan est « énergie militante », dans cette histoire?

Enercoop est un nid d’écolos qui font de l’écolo-business et du militantisme. La preuve: « Elle compte parmi ses administrateurs diverses sociétés et associations impliquées dans le projet dès son origine, parmi lesquelles : Biocoop, le CLER, Greenpeace et La Nef2. « 

Mais bon sang! Mais c’est bien sûr!

Voilà comment fonctionne le système:

Des associations, des coopératives ou des entreprises locales ont un accès captif par des biais politiques et au motif d’économie sociale et solaire à la location des toits de collectivité pour 1 euro/m² l’an, ce qui n’est très en dessous du prix du marché.

Ces associations, coopératives et entreprises locales font financer ainsi l’essentiel de leurs investissements par des collectivités locales.

Enercoop ensuite rachète l’énergie produite et la revend à ses clients.

Ce qui permet:

  • à un distributeur d’énergie national de ne pas investir dans l’outil de production mais d’en disposer de facto d’un
  • de faire financer cet outil de production par le contribuable
  • de contourner la concurrence et les marchés publics
  • de privatiser les profits (une SAS et une coopérative sont des sociétés à but lucratif distribuant des dividendes) alors que la défiscalisation est bien réelle (25%) pour les actionnaires.

Julien Robillard, le président d’Energ’y citoyenne SAS a été président du conseil d’administration d’Enercoop de 2001 à 2013. Coïncidence, vous croyez?

On trouve également au conseil d’administration d’Enercoop:

La structure des participations et de gouvernance de Enercoop est si complexe qu’elle fait penser à ces montages élaborés pour l’opacité. Nous ne disons pas que Enercoop recherche l’opacité, mais nous affirmons qu’une chienne n’y retrouverait pas ses petits et que ce mode de gouvernance est inefficace et d’un point de vue organisationnel, et d’un point de vue économique. Et qu’il ne favorise en aucun cas le développement des énergies renouvelables.

Ce que nous voyons c’est le dévoiement de l’économie sociale et solidaire sur le même modèle que celui du dévoiement du statut associatif (dans la culture par exemple, voir à Grenoble Mixlab ou Plege): il s’agit non seulement de se faire financer par le contribuable tout en s’assurant de ne pas être soumis à la concurrence dans les mêmes conditions que les autres entreprises du secteur, mais également de ramasser les profits.

Ce dévoiement vise à la création d’une rente sur le dos de la collectivité. Bienvenue dans le’ capitalisme vert, qui est pire que le capitalisme tout court.

On y retrouve tout, à commencer par le travail dissimulé à la MixLab puisque Energ’Y citoyennes affirme n’avoir aucun salarié mais que des bénévoles, ce qui est strictement prohibé par la jurisprudence pour toutes les activités lucratives.

Il serait donc bon que les collectivités et les élus arrêtent de dispenser des fonds tant en capital et subventions qu’en garantie à des sociétés qui visiblement opèrent au mépris de la loi.

Voudrait-on freiner le développement des énergies renouvelable qu’on ne s’y prendrait pas mieux.

Capture d’écran de la page « société » de la SAS Energ’Y citoyenne réalisée le 09/08/2019 à 02h09

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