[Macronistan] CETAssez, Mme Motin!

Cendra Motin, l’ineffable députée de l’Isère – vous savez, celle qui fait des vers à propos du budget – qui parle du CETA, c’est un comme si feu Haroun Tazieff se disait glaciologue.

A regarder ici. Un tel niveau d’ignorance, c’est juste effrayant.

Nous reprenons donc notre bâton de pèlerin et expliquons avec des mots simples à Mme Motin comment fonctionne le système commercial multilatéral.

Les échanges commerciaux mondiaux sont régis par le traité de l’Organisation Mondiale du Commerce de 1995, qui a lui-même succédé au accords du GATT et du GATS.

Les négociations commerciales internationales se font par « round ». C’est long et c’est très complexe. Pour passer du GATT/GATS à l’OMC durant ce qu’on a appelé le round de l’Uruguay, pays où les négociations ont commencé, il a fallu 9 ans. De 1986 à 1995!

Le round suivant, celui de Doha, s’est soldé par un échec notamment parce que bon nombre de pays en voie de développement n’ont pas accepté à juste raison ce qui a été conclu en matière agricole.

Vous voyez donc, Mme Motin que votre argument de la durée de négociation et de ratification du CETA ne tient pas un seul instant.

Si les traités de libre échange bilatéraux (UE-Mercosur, UE-Canada etc.) se multiplient, c’est pour contourner les blocages du système multilatéral. Ces accords sont autant de coups de couteaux dans ce système multilatéral.

Par voie de conséquence, Macron et ses marcheurs piétinent ce système multilatéral tout en clamant être « mulilatéralistes », et ils foulent également aux pieds les pays en voie de développement sur tout un tas de sujet: agriculture, propriété intellectuelle (essentiellement pour la pharma pour les génériques etc.).

Chère Mme Motin, étudiez vos dossiers avant de raconter n’importe quoi.

Maintenant regardons comment se passe au niveau européen.

La politique commerciale est une compétence européenne exclusive puisque l’UE est une union douanière et un marché commun. Enfin, pas si exclusive que cela cette compétence, on le verra plus tard.

Ce sont les états membres de l’UE qui donnent mandat à la commission européen de négocier un traité avec pierre, paul ou jacques. Ce mandat est généralement très large.

Le problème avec le CETA, tout comme avec le TAFTA, c’est que les négociations se sont faites de manière totalement secrète. Cela signifie que les états membres qui ont donné mandat à la commission n’ont pas eu connaissance du contenu de l’accord avant qu’il soit finalisé, et n’ont pas pas pu exiger de la commission qu’elle corrige le tir à chaque fois que nécessaire durant les négociations.

Alors quand vous déclarez, chère Motin, que la majorité LREM a revu le « cahier des charges », vous vous fichez de nous! La France n’a eu quasiment aucune influence sur ce traité! Comment est-il possible d’avoir une influence sur des négociations que l’on ne connaît pas?

L’Assemblée Nationale n’a eu aucune influence sur ce traité puisque ce n’est pas la France qui l’a négocié! La seule chose sur laquelle la France a une influence c’est la manière dont elle va le mettre en œuvre, le « transposer » en droit français, d’autant que 90% du CETA s’applique déjà!

Non, vous n’avez obtenu aucune garantie quant au contenu du traité.

De la même manière, Mme Motin, quand vous affirmez que vous avez été les seuls à avoir mené un débat sur un accord international à l’AN, vous mentez – à moins que votre ignorance fut abyssale. Prenons simplement l’Accord Mutilatéral sur les Investissements, rejeté en 1997. Il ne s’est pas agi d’une journée de débat mais de plusieurs mois.

Nous n’allons même pas relever vos arguments sur les débouchés des agriculteurs français – le Canada est un pays de 37 millions d’habitants, wow, le débouché de folie – ni sur la protection des appellations d’origine qui le sont déjà par le traité de l’OMC depuis 1995, c’est ce que appelle l’accord TRIPS de l’OMC… L’un des grands débouchés pour l’agriculture européenne est la Russie, sauf que plus depuis les sanctions absurdes parce qu’inefficaces les russes vont se fournir en viande et en fruits et légumes en Chine.

Quant aux PME françaises, elles n’ont pas attendu le CETA pour exporter au Canada, pays très facile d’approche pour des questions linguistiques.

Et non, l’OMC n’est absolument pas une jungle, la preuve: le CETA doit y être conforme!

La réalité est que le CETA, c’est le TAFTA par d’autres moyens, TAFTA qui visait à faire passer les mesures refusées dans le cadre de l’AMI sous couvert d’accord commercial. C’est un accord déséquilibré entre un petit pays de 37 millions d’habitants, le Canada, et le plus grand marché du monde, l’UE et ses 480 millions d’habitants. C’est un accord qui nie la souveraineté démocratique en mettant sur le même plan des états et des multinationales.

Plage, pelle, seau, pâtés de sable, Mme Motin. Il est tout simplement effarant d’entendre débiter autant d’âneries, de contre-vérités et de mensonges à la minutes! Vous ne connaissez rien, ne comprenez rien au commerce international et vous n’avez ni l’expérience ni l’ouverture internationale pour pérorer sur de tels sujets. Alors de grâce, taisez-vous car vous contribuer à dégrader la déjà très mauvaise image qu’on les français de leurs députés.

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