[Macronistan] Le déni des violences policières en maintien de l’ordre est très dangereux

Mise à jour le 16/06/2019 :
Quatre dirigeants syndicaux appellent à une concertation républicaine sur le rôle de la police. Ce qu’il fut retenir de cette tribune est:

« Les policiers souffrent au sein d’une administration devant s’adapter en permanence aux injonctions souvent paradoxales du politique et de la société civile, dans une institution frappée par la disette budgétaire, étranglée dans des normes inadaptées à l’exercice de la mission régalienne. »

Vous remarquerez que « devant s’adapter en injonctions souvent paradoxales du politique » arrive en premier. Cela veut ce que cela veut dire.

Macron a déjà perdu la police. Ses syndicats sont historiquement plus préoccupés à jouer les DRH qu’aitre chose. Les syndicats ne sont pas les fonctionnaires de police. Pour que l’UNSA, FO, le syndicats des commissaires et celui des cadres de la sécurité intérieure y aillent aussi fort sur la place publique plutôt que de préférer les coulisses, c’est que la base est très, mais alors très en colère.

Notez que Alliance, le syndicat de droite très proche de Macron qu a dès son élection récupéré le système Sarkozy en la matière, n’a pas signé cette tribune.

Serait-ce le début d’une prise de conscience, celle que la police n’est pas au service du pouvoir ?

Si ces syndicalistes qui à 4 sont majoritaires ne sont pas entendus, ce qui sera sans doute le cas, que feront-ils? Manifestations? Grève du tonfa?

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Nous ne pas faisons ici le procès des fonctionnaires de police. Nous ne sommes pas compétents pour le faire. L’on rappelle juste qu’il est fondamental que l’institution policière soit convenablement contrôlée, en particulier la haute hiérarchie, celle qui donne les ordres.

La France est signataire d’un certain nombre de conventions internationales qui posent que les organes de contrôle de la police ne peuvent pas faire partie de la police. En clair, l’IGPN ne peut pas être placée sous l’autorité du ministre de l’intérieur et du directeur général de la police nationale. Juge et partie « dans le même temps’, c’est pas bon.

Une solution serait de mettre l’IGPN et l’IGGN (ne pas oublier la gendarmerie) sous l’autorité du ministère de la justice. L’idéal serait d’avoir un parquet indépendant dirigé par un magistrat, chef de tous les parquets de France et de placer les bœufs-carottes sous son autorité.

Si l’on veut vraiment bien faire les chose, il faudrait également créer un comité parlementaire paritaire indépendant spécialisé chargé non pas de mener des enquêtes disciplinaires mais de se pencher sur le fonctionnement de l’institution policière, d’en informer le parlement et de contrôler la haute hiérarchie tant policière qu’administrative, comme cela existe dans bon nombre de pays européens.

Le déni des violences policière – qui ne furent pas la norme mais sont documentées par vidéo, sont bien réelles et sont de bien trop grande échelle – lors des manifestations des gilets jaunes est d’une dangerosité extrême.

Cela banalise la violence d’un côté comme de l’autre. Quand la violence est banalisée, l’escalade se produit immanquablement.

Ce déni qui, nous n’en doutons pas, trouve sa source dans des instructions au plus niveau, n’est qu’un expédient pour calmer le gigantesque ras-le-bol des fonctionnaires de police et tenter de s’assure qu’ils restent « fidèles » au pouvoir.

Un fonctionnaire de police n’a aucune fidélité au pouvoir, par définition temporel et à durée déterminée. Il n’a de fidélité qu’à sa mission et à la République, que nul n’incarne.

Il nous semble intéressant de vous traduire la circulaire interne envoyée en 2017 par Chuck Rosenberg, directeur de la DEA (Drug Enforcement Administration, les stups fédéraux) après que Trump ait appelé les policiers à maltraiter les suspects lors de leur arrestation..

Mme la directrice de l’IGPN devrait prendre le temps de lire ces quelques mots et de bien réfléchir au comportement de Chuck Rosenberg, parce que la théorie de la baïonnette intelligente s’applique à elle, comme à toute personne détenant un pouvoir de police discrétionnaire qui comprend l’usage légitime de la force. Nous sommes d’avis que la directrice de l’IGPN a manqué à son devoir en niant les violences policières au titre qu’elles ne seraient pas le résultats de comportements individuels, alors que de tels comportements sont documentés de manière incontestable. C’est d’autant plus imbécile que cela va induire une judiciarisation par dépôts de plainte avec constitution de partie civile.

Lisons Chuck Rosenberg.

« Le Président, dans des déclarations faites hier à New York, a encouragé les fonctionnaires de police à commettre des violences lors d’arrestations de suspects.

En vous écrivant, je ne prends ni ne cherche à mettre en avant aucune position politique, partisane ou personnelle.
Je ne pense pas non plus que des agents de la DEA maltraiteraient un suspect. Je sais que vous le feriez pas.

Alors, pourquoi vous écris-je?

Je vous écris pour réaffirmer les principes auxquels, nous fonctionnaires de police, adhérons.

Je vous écris parce que nous sommes dans l’obligation de parler quand quelque chose ne va pas. C’est ce que les fonctionnaires de police font. C’est ce que nous faisons. Nous contribuons à réparer des torts. Du moins, nous essayons.

Nos principes fondamentaux sont clairs et impératifs:

  • État de droit
  • Respect et compassion
  • Service du public
  • Dévouement
  • Intégrité
  • Exemplarité et courage
  • Diversité

C’est selon ces principes que nous nous comportons. C’est selon ces principes que nous traitons ceux que nous sommes amenés à croiser dans l’accomplissement de nos missions: témoins, victimes, suspects et prévenus. C’est ce qui définit qui nous sommes.

Je vous suis profondément reconnaissant des efforts que vous déployez au quotidien pour agir selon ces principes. C’est parfois difficile, mais c’est toujours fondamental.

Nous devons gagner et conserver la confiance du public et continuer de répondre aux exigences déontologiques les plus élevées. Notre profession est honorable, nous devons donc toujours nous comporter de manière honorable.

Merci de tout ce que vous faites. Je suis fier d’être votre collègue.« 

A méditer. Longuement et sérieusement.

Notre police n’est pas malade de ses policiers. Elle est malade d’un pouvoir politique qui la croit à son service et l’instrumentalise ainsi, pouvoir relayé par une haute hiérarchie trop servile.

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