[Macronistan] Mea Culpa à Zenève ou Mort à Venise?

Liminaire facile, plein de lieux communs, comme le discours d’Emmanuel Macron à l’OIT:

Citons Audiard: « les cons, ça ose tout. c’est à ça qu’on les reconnait ».

Et paraphrasant ce même Audiard dans le même film: c’est curieux ce besoin qu’on les marcheurs de faire des phrases.

Vous aurez donc compris que ce liminaire s’applique à tout le Macronistan, et pas qu’à son seul Zef.

Mea culpa de notre président? Pas un seul instant.

« Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens, en considérant qu’il y avait des sachants et des subissants « 

Emmanuel Macron, OIT, Genève, le 11 juin 2019.

Traduction pour le vulgus populus: j’ai raison de toute manière (« peut-être parfois » = que nenni! , jamais de la vie + « les bonnes solutions ») et les français sont des bœufs atteints de surdité aiguë (« trop loin de nos concitoyens » – on a pas gueulé assez fort assez près dans leurs oreilles – mais on a bien tapé dans l’œil de certains).

Quant aux « sachants et aux subissants », on vous remet ce que nous affirmions (nous ne fûmes pas les seuls) juste après son élection:

« Quand Emmanuel Macron parle de liberté sans jamais parler d’égalité, il ne propose qu’une seule forme de liberté, qui ne bénéficiera quoiqu’il en dise qu’aux 16% de français titulaires d’un diplôme Bac +5 – et encore pas tous, car il faut le filet de sécurité financier qui fait à la fois qu’on vous autorise à prendre des risques et que vous ayez les moyens de les prendre. La « Liberté »  n’est pas uniforme. Ce qu’entend Emmanuel Macron par liberté c’est  renoncer à encadrer certains aspect de la vie en société, de laisser libre cours aux  instincts de ceux qui en « ont les moyens » parce que réputés comme étant capables d’être socialement plus performants que les autres. »

(NDR: nous nous jetons des roses à nous-mêmes tellement notre analyse s’est avérée juste à l’usage. Si nous le faisons pas, personne ne le fera – on est jamais mieux servi que par soi-même)

Jupiter à la pensée si complexe a mis deux ans à se rendre compte qu’il fallait qu’il dise ce qu’il ne pense pas un seul instant et agisse selon. Il feint de s’être rendu compte qu’on ne gouverne pas pour soi mais à la fois pour et par les autres (faut-il encore que les autres acceptent qu’on le fasse, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui).

Pour ceux que l’exercice amuserait, penchez-vous sur le quinquennat de Sarkozy: nous avons là non seulement la même séquence (à partir de 2010 pour Sarko, mais de manière nettement plus fine même si au moins aussi bruyante – quoi que) dans le story-telling, mais c’est également parfaitement synchrone (preuve s’il en est de l’aliénation de nos chers politiques, qui refont les mêmes erreurs que les autres avant eux. Faut pas oublier non plus que c’est bien Macron qui d’un point de vue économique a flingué les deux premières années d’un Hollande certes peut intéressé par la chose – économique, hein!). Comme quoi le calendrier électoral dicte tout mais n’explique rien et excuse encore moins. Dramatique.

Notez également que Emmanuel Macron parle de « refonte du système néolibéral » mais en aucun cas de changer un système qui ne peut être refondu. C’est là qu’il faudrait la vraie destruction créative de l’auteur de Capitalisme, socialisme et démocratie. C’est maintenant qu’on a besoin de vraie disruption, celle qui seule aujourd’hui vaut, mais ce serait mal, ça embêterait les banquiers et surtout les oligarques qui l’ont fait élire.

Le pompon, ce sont les deux phrases suivantes

1 – « A l’orée d’un temps de guerre »

Hein? De quoi? Quelle guerre?

Celle du Sahel? On y est déjà!

Quelle guerre, contre qui?

La guerre économique? Elle a toujours existé.

La ficelle est une fois de plus grosse comme la ligne d’amarrage d’un super porte-container (ou d’un char Leclerc au Yémen, alternativement d’un caesar tirant à 16 km sur le Yémen dans les frontières saoudiennes) : attention, il y va y avoir la guerre. Rangez-vous tous derrière moi car JE suis la Nation.

C’est qu’il se prendrait pour ce tigre de Georges Clemenceau, le chaton aux yeux bleus pas encore sevré . Bon, faut dire que jouer à De Gaulle ne fonctionne décidément pas.

Lamentable. Pathétique.

Un chef dans des situations graves (ce qui n’est ni le cas de la France, ni de l’Europe), en appelle à la raison, pas à l’émotion.

2 – La seconde phrase

 » Quelque chose ne fonctionne plus dans ce capitalisme qui profite de plus en plus à quelques-uns. Je ne veux plus que nous considérions que le sujet d’ajustement économique et de la dette prévaut sur les droits sociaux. »

Là, nous hurlons: Pharisien!Telévangéliste! Faqih! Escroc!

Vu le dérapage budgétaire amorcé depuis décembre 2018 par ce qui est une relance en panique – certainement pas keynésienne tellement c’est brouillon, gribouille et sans intention stratégique si ce n’est de sauver sa peau en se jetant à l’eau par peur d’être mouillé par la pluie– vu les fessées déculottées que Angela « Droopy » Merkel lui met depuis le début, nous voyons mal comment Emmanuel Macron pourrait aujourd’hui tenir un autre discours, énième expédient de politique intérieure.

En vérité, nous vous le disons, que peut attendre d’un homme qui est lui-même qu’un expédient? Faut être sérieux et réalistes. Et qu’on arrête de nous faire prendre le messie pour une lanterne, comme l’a écrit Prévert.

Deux ans durant Emmanuel Macron, en vrac:

  • a passé son temps à injurier les français, de l’étranger la plupart du temps
  • n’a eu pour seul logique et seul argument que l’absurde orthodoxie budgétaire telle qu’imposée arbitrairement dans des traités européens, avec une réelle obsession pour la dette
  • A été aussi ringard, que naïf et incompétent en voulant germaniser la France dans l’espoir de franciser l’Europe.
  • a vainement tenté de détruire le code du travail – heureusement que la justice prud’homale – paritaire, rendez-vous compte! – veille
  • a provoqué un très grave conflit social alors qu’il n’avait aucune raison d’être et l’a fait réprimé avec une violence qu’on n’avait pas connue depuis la guerre d’Algérie, avec plus de 2 500 blessés, des mutilés, en causant une fracture entre la police et les citoyens pas prête à se réduire, le tout en dévoyant la justice pour rétablir l’ordre par la répression judiciaire. 8 mois que ça dure, c’est pas prêt de s’arrêter
  • a supprimé l’ISF et imposé une flat-tax sur les revenus du capital au seul bénéfice des « premiers de cordée » ce qui coûte au bas mot plusieurs dizaines de milliards par an à la Nation – comprendre il a organisé un transfert de ressources financières de l’état vers l’infime minorité des plus riches
  • s’est évertué pour de basses raison électoralistes dès sa campagne présidentielle à mettre à mal la laïcité, l’un des fondements de notre société, fondement qu’on devrait rajouter à la devise de la République (Liberté, égalité, fraternité, laïcité)
  • s’est attaqué à près de deux siècles de construction de l’éducation nationale dans le but express de produire des productifs, et que des productifs
  • a réussi en moins d’un an à se mettre à dos à peu près tous nos partenaires européens
  • a mené une politique économique, budgétaire et fiscale court-termiste , incohérente, inefficace et nocive pour le tissu industriel et territorial
  • n’a obtenu aucun résultat en matière d’emploi
  • s’est avéré une catastrophe en matière de politique étrangère
  • S’acharne à privatiser ce qui n’a aucune raison de l’être
  • Persiste a croire qu’il a raison alors que les faits depuis 2 ans lui donnent tort l, et « en même temps » continue à jouer cyniquement de la com’, et pire, de l’atomisation de tout
  • N’appréhende pas qu’une opposition politique robuste est saine car (a) ça évite de faire des conneries, (b) l’opposition représente tous ceux qui n’ont pas voté pour lui et (c) l’opposition canalise dans un processus politique non-violent les mécontentement et pire
  • n’a pas compris qu’une équipe de campagne n’est pas une équipe de gouvernement, et n’a pas été fichu de bien s’entourer (l’épitomé étant Benalla et sa rime pauvre Schiappa)
  • s’est arrangé pour faire de LA CHAMBRE, la seule qui représente l’ensemble de la Nation une chambre d’enregistrement
  • Etc.

Ce réquisitoire est aussi incomplet que sévère, mais nous le pensons juste.

Emmanuel Macron va donc nous faire le plaisir d’apprendre par cœur ce grand et très efficace chant motivationnel et le chanter tous les jours devant sa glace en se rasant. Il l’imposera également à son gouvernement et à sa majorité à l’assemblée nationale.

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