[« Islam judiciaire »] Merci à l’école Philippe Grenier: peut-être aurons-nous enfin une définition du salafisme dans la jurisprudence française!

C’est pas malin ça, de porter plainte en diffamation contre un ministre alors que (a) le ministère public a bien mentionné « salafisme » dans son réquisitoire lors d’un procès public et (b) que le TGI de Grenoble a bien prononcé en première instance la fermeture de cette école sur la base du niveau insuffisant de l’enseignement dispensé.

Il est fort peu probable que cette décision soit cassée en appel puisque prise sur la base factuelle d’un rapport du rectorat qui a conduit à l’engagement de l’action publique – ce qui a en toute vraisemblance été ordonné par le Ministre (nous voyons mal un recteur d’académie agir sans instruction en la matière, tout comme nous voyons mal comment le Procureur de la République aurait pu le décider seul).

Salafisme, définition commune: «  Le salafisme (en arabe السلفية) est un mouvement religieux de l’islam sunnite, prônant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l’époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples — connus comme les « pieux ancêtres » (al-Salaf al-Ṣāliḥ ) — et la « rééducation morale » de la communauté musulmane. « 

On ne parle donc donc ni d’extrémisme ni d’obscurantisme quand on dit « d’inspiration salafiste ».

Il est vrai en revanche que dire « j’ai fait fermer cette école » est présomptueux, voir téméraire – c’est la justice qui l’a faite fermer. Mais cela n’a rien de diffamatoire. C’est une juste un gros abus de langage.

Ça va être drôle, ce procès on ne vous dit pas!

Question: la plainte de l’école Philippe Grenier a t-elle été déposée avec constitution de partie civile? Non parce que si c’est une simple plainte auprès du procureur de la république, il est fort probable qu’elle soit classée sans suite, nous voyons mal le Parquet poursuivre et ainsi se contredire.

Le Ministre, qui dispose de moyens certains pourra faire convoquer en exigeant des actes d’instruction supplémentaires, une flopée d’experts ayant pignon sur rue qui pourront:

(a) analyser la réalité des programmes, y compris la part et la nature de l’enseignement religieux dispensé
(b) s’entretenir avec les élèves pour évaluer en fonction de leur âge leur perception du monde, de la société française, et ce qui régit et cette société et ce monde.

Sans compter tous les autres rapports, notamment ceux du renseignement intérieur, qui pourront éventuellement être produits (imaginez si des parents ou pis! des enseignants sont fichés S et/ou au FSPRT)

Bref, à l’issue de ce procès, on aura peut-être une définition jurisprudentielle républicaine du salafisme, ce qui sera loin, mais alors très loin d’être une mauvaise chose.

L’énorme erreur fut d’être passé par la voix judiciaire. La prochaine fois M. Blanquer, faîtes prononcer en conseil des ministres la dissolution de l’association gérant l’école. Libre alors à cette association de contester cette dissolution au Conseil d’État.

En tout cas, ceux qui gèrent cette école, au lieu de jouer aux victimes, auraient du d’abord s’attacher à fournir un niveau d’éducation suffisant – car figurez-vous que la définition de ce qu’est l’école, un programme scolaire, la compétence des enseignants, un niveau scolaire, cela a bien une définition légale et réglementaire précise, parfaitement évaluable de manière objective.

Quant aux islamistes, il va falloir qu’il comprennent que les institutions de la République, en particulier l’institution judiciaire, si elles en France suivent l’état de droit et la loi des hommes (pas celle d’un dieu et/ou d’un prophète), elles ne se laisseront pas intimider: le tribunal jugera de faits selon le droit de la République.

Par conséquent, il n’est pas judicieux de jouer et la com’ victimaire dans les médias et la pression en période électorale, car elle a peur de pas grand chose, notre justice. Elle a déjà fait fermer des écoles catholiques hors-contrat pour cause d’intégrisme, sur la base que l’enseignement religieux (a) ne saurait être le corpus principal d’enseignement et (b) parce que les principes dispensés par cet enseignement religieux tout comme par l’enseignement général étaient contraires aux principes qui régissent notre société.






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