[Macronistan] Chère Mme Chalas, êtes-vous bien sûre de vouloir être au centre de ce jeu là ?

« Les violences sont inadmissibles et ne résoudront pas la situation ».

Oui maîtresse.

« des assises locales sur les quartiers politiques de la ville de Grenoble pour faire le point et mettre en œuvre tout ce qu’il faut pour que cesse la réitération des actes de violence. « 

Qu’est-ce qu’un « quartier politique de la ville de Grenoble » ? On ne connait pas ça nous. Ce n’est inscrit dans aucun texte de loi. Il y a une politique de la ville menée à l’échelle de la Métropole qui concerne l’ensemble de la Métropole où on a choisi des quartiers prioritaires pour tout un tas de raisons différentes.

Mme Chalas continue à être dans le déni le plus total. La mort des deux « jeunes » dans un accident de scooter alors qu’ils étaient suivis par la police (qui n’a d’après ce qu’on sait de l’enquête pour le moment pas agit de manière téméraire ni disproportionnée) n’est qu’un prétexte aux violences. Ces violences sont « organisées » par certains dans un but précis: dénier à l’état toute forme d’autorité sur ces quartiers, conditions nécessaires pour pouvoir trafiquer en paix. Cela sert également les islamistes – et on connait la porosité qui existe entre les islamistes et certains milieux criminels (et parfois malheureusement terroristes).

On devraient plus se pencher sur la réalité tant historique que culturelle du « caïd », qui loin d’être le malek comme l’autorité morale locale de l’empire ottoman (qui l’avait lui-même pompé aux perses) est par nature dominateur et violent. Considérer des atavismes rémanents (belle tautologie) n’est en aucun cas faire montre de racisme, c’est diagnostiquer une réalité socio-culturelle afin de déterminer sa compatibilité avec les principes de la République et comprendre comment agir pour que tous aient la garantie des principes républicains, quelle que soit leur « culture ».

Dans les « quartiers », le but du jeu est le contrôle du territoire, par la coercition sociale (c’est là que la « communauté » et/ou la religion jouent un grand rôle), la menace et le cas échéant la violence. Ce n’est pas avec la Police de la Sécurité du quotidien qu’on obtiendra des résultats.

La simple arrestation d’un dealer à Mistral il y a un peu plus d’une semaine a donné lieu à une émeute.

On rappelle juste à Mme Chalas que l’incendie volontaire en bande organisée est un crime passible de la cour d’Assises et puni de 20 ans de réclusion criminelle. Pourquoi donc les incendiaires de près d’une centaine de véhicules dont certains de la propreté urbaine de la ville de Grenoble n’ont pas été arrêtés ? Non parce que là, on les avait sous la main. Il suffisait de boucler de le quartier, de le ratisser et de les attraper un par un. Et d’imposer un couvre-feu pendant un ou deux mois avec patrouilles jour et nuit (les gardes mobiles sont aussi là pour ça et surtout ils savent très bien faire cela).

Nous mettons notre main au feu (Hin! hin!) que l’immense majorité des habitants de Mistral aurait été d’accord si correctement informée des règles du jeu et des contraintes temporaires induites.

Comme le dit bien Alain Bauer, la solution du problème est connue. Manque la seule volonté politique, pour des raisons de clientélisme électoral.

Ce que Madame Chalas ne veut pas comprendre c’est que réimposer l’état de droit dans ces quartiers ne se fera pas dans le calme et pas sans violence – la violence légitime résidant du côté de l’état. Cela ne se fera même peut-être pas sans morts (un cocktail Molotov est une arme, et pas par destination) – à la guerre comme à la guerre. Malheureusement. Nous n’y couperons pas.

Les milliards de l’ANRU ne serviront à rien tant qu’on aura pas rétabli l’ordre républicain à Mistral, à la Villeneuve, à Teisseire, au Lys Rouge, à l’Alma etc, si ce n’est à rénover l’outil de travail de bandits qui tiennent sous leur joug la population de ces quartiers.

On va dépenser près d’un demi-milliard d’euros pour la seule Villeneuve (Grenoble + Echirolles) et ce sera vraisemblablement en pure perte, comme la rénovation urbaine de Teisseire l’a déjà illustré. Ce n’est pas avec une couche de peinture qu’on empêche un mur de s’écrouler. La couche de peinture donne certes bonne conscience. Et c’est tout.

Quand Mme Chalas parle de s’occuper des gens, nous nous esclaffons en lui rappelant que c’est bien la majorité dont elle fait partie qui a voté la fin des contrats aidés. Par ailleurs, pourquoi devrait-on s’occuper des gens des banlieues en priorité alors qu’ils sont qu’une minorité (les quartiers prioritaires, c’est 3 millions d’habitants en France) alors que les mêmes problèmes touchent plus de 20% de la population française (soit 20 millions de personnes). Les Gilets Jaunes, elle a déjà oublié Mme Chalas ?

Il ne faut pas confondre l’arbre et la forêt. Les « quartiers » ne sont pas plus pauvres que les zones rurales. Ce n’est pas l’environnement qui cause la paupérisation, mais la présence en son sein d’éléments criminels organisés.

Et ce que Mme Chalas ne veut pas comprendre, c’est que ceux qui posent problème, ceux qui tirent les ficelles sont des individus et des groupes d’individus qui ont fait un choix de carrière, celui de truand. Ce sont des « professionnels ».

Plus difficile que de faire taper sur les Gilets Jaunes, n’est-ce pas?

Quand on voit comment Mme Chalas, alors DGS de la ville de Moirans avait géré le gros incident survenu dans sa commune, incident qui n’a pas dégénéré que parce que les gendarmes et M. le Procureur de la République ont renvoyé dans les cordes le maire de Moirans et ces séides en prenant le temps de faire enquête, nous sommes inquiets.

Quand on voit ce que Mme Chalas disait à propos de la venue de Gérard Collomb, nous sommes inquiets.

Quand on voit que tout ce qu’on propose c’est une fois de plus des « assises » alors qu’il y a urgence à agir avant que cela ne parte vraiment en vrille, nous sommes inquiets.

Car il ne faut pas se leurrer: régler le problème des quartiers signifie aller à la confrontation avec ceux qui les contrôlent, tout en protégeant ceux qui n’en peuvent pas mais.


2 commentaires

  1. Bonjour,
    je ne vais pas parler du fond de l’article qui est un point de vue mais juste une petite précision pour le début.
    Le quartier Mistral est bien un quartier politique de la ville (abrégé QPV) de Grenoble ou plus précisément de la commune de Grenoble comme les quartiers Teisseire, Villeneuve et Alma.

    Décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains

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    1. La politique de la ville est métropolitaine, et ces quartiers s’appellent quartier prioritaires, la politique de la ville concernant par définition l’ensemble de la ville.
      D’où notre remarque: « les quartiers politique de la ville n’existent pas ».
      C’est au surplus mettre ces quartiers en dehors de la ville que de le dire, alors qu’ils en font partie intégrante…

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