[Macronistan] Anti-sionisme, antisémitisme, complotisme …

Nous allons encore mettre les pieds dans le plats.

Hurler d’horreur avec le chœur des vierges hypocrites, c’est pas notre genre. Hors de question pour nous de réagir comme des chiens de Pavlov pour 3 tags clairement antisémites et une bordée d’injures subie par Alain Finkelkraut. Inacceptable, certes, mais nous sommes plus enclins à user de notre raison qu’à nous complaire dans les faciles, sempiternelles et victimaires indignations sur les réseaux sociaux où dans une énième marche.

C’est comme les bites sur le mur des toilettes: il se trouvera toujours un sinistre et dangereux crétin pour dessiner des croix gammées, même si dessiner des croix gammées sur un portrait de Simone Veil et taguer « Juif » sur la devanture d’un magasin est non seulement inique, mais également délictueux.

Bien sûr, l’antisémitisme doit être inlassablement combattu, mais on ne se bat n’importe comment, on n’amène pas un couteau à une fusillade et il s’agit de bien gérer le tempo stratégique.

Résumons la situation présente (vous nous direz, cela fait 40 ans qu’on nous fait le coup)

1 – Nous sommes en plein cœur d’un mouvement social de masse (pas forcément dans les manifs mais les gilets jaunes restent soutenus par plus de 60% des français) qui n’est pas près de s’arrêter;

2 – Ce mouvement social résulte directement des politiques imposées par un Président qui s’il a été élu légitimement, n’est pas légitime à appliquer son programme, parce qu’il n’a pas été élu pour son programme;

3 – Confronté à cette crise profonde et parfaitement désarçonné par elle (Macron & Co viennent de se rendre compte que plus de 60% des français ne pensaient pas eux et n’avaient pas l’intention de se laisser faire), le pouvoir exécutif et sa majorité parlementaire répondent d’abord en lâchant un peu de brioche (entre 8 à 10 milliards, personne n’en sait rien au juste), puis, la jacquerie ne cessant pas parce qu’aucune réponse politique n’a été apportée, en envoyant forces de l’ordre et magistrats la réprimer avec une violence qu’on avait pas connue depuis la guerre d’Algérie;

4 – Afin de faire croire qu’il écoute, le PR lance un grand débat que la Présidente de commission du débat public finit par refuser d’organiser tellement l’affaire était verrouillée et caviardée d’avance. Les « résultats de ce grand débat » qui ne passionne personne à part les chaînes d’info en continu (600 000 contributions sur internet sur 40 millions d’électeurs, certains sont assez fous pour appeler cela un succès) sont attendus fin mars, et la majorité des français pensent à juste raison qu’il est en train de faire campagne, ce qui risque de permettre de faire annuler le scrutin du 29 mai prochain; et

4 – Voilà plus de 3 mois que certains, amplement relayés par certains médias, incapables de décrire et de comprendre la société se vautrent dans l’émotionnel, essaient d’essentialiser le mouvement des gilets jaunes à l’extrême droite, à des racistes, des homophobes etc., alors que ce n’est pas le cas de l’écrasante majorité de ceux qui manifestent et de ceux qui les soutiennent.

Voilà que alors que les actes antisémites ont selon les statistiques progressé de manière inquiétante en France, l’autoproclamé camp du bien en pleine déconfiture politique et dans les sondages, qui n’a aucun résultat tangible à montrer, essaie une fois encore de polariser l’électorat pour éviter une déculottée aux européennes, où il n’est pas donné gagnant pour le moment, en croyant pouvoir se faire élire une nouvelle fois par défaut.

Voilà que des députés d’une majorité dont l’incompétence n’est plus à démontrer proposent que « l’anti-sionisme », c’est à dire l’opposition à une idéologie politique, soit réprimé comme l’antisémitisme, c’est à dire des paroles et/où des actes de haine envers nos concitoyens juifs au seul motif qu’ils sont juifs.

N’était-ce pas en Union Soviétique où était réprimé le fait d’être anti-communiste, et aux USA de McCarty où était réprimé de fait d’être communiste ou socialiste au motif que c’était « anti-américain » ?

Nous ne soulignerons jamais combien l’instrumentalisation de cette peste qu’est l’antisémitisme à des petites fins politiciennes et pour des expédients électoraux à très court terme est novice et pour la nécessaire lutte contre l’antisémitisme, et pour la société dans son ensemble.

M. Cohn-Bendit devrait avoir remembrance que c’est parce que des français ont accueilli, aidé et caché ses parents qu’il a pu naître à Montauban le 4 avril 1945.

Rappelons l’instrumentalisation de la marche des beurs, une saine chose où des gens dirent « hé ho! nous sommes vos concitoyens », instrumentalisation qui visait à faire monter le FN pour affaiblir la droite qui a certes permis de gagner une élection en 1988 et fit quelques petites carrières (Désir, Dray etc.), mais posa les bases de l’actuel et insupportable victimaire créant des inégalités de statut, réduisit nos concitoyens « issus de l’immigration » (comprendre l’immigration maghrébine et d’Afrique sub-saharienne – les autres, asiatiques, européens, sud-américains, etc. pas issus de l’immigration bien sûr) à un « lumpen proletariat » forcément opprimé (ce qui est faux, il y plus des français issus de l’immigration dans la classe moyenne que dans le « prolétariat »), instrumentalisation qui fit le lit des islamistes et du communautarisme qui aujourd’hui font des ravages – et qui fut en sus la source d’idéologies délirantes comme celle des indigénistes et des décoloniaux.

Exploiter nos concitoyens juifs comme éternelles victimes d’un pays qui pourrait à tout moment basculer « dans les heures plus sombres » est là l’argument de petits politiciens médiocres, qui n’ayant ni capacité d’agir, ni faculté à obtenir des résultats, ni aucun argument, ne savent que manœuvrer pour se faire élire contre. Ce n’est pas protéger nos concitoyens juifs, ni combattre l’antisémitisme.

Cela ne fait qu’apporter du grain à moudre aux vrais antisémites, eux pas assez bêtes pour taguer des croix gammées, ceux qui sont férus « d’interconfessionnel » et ainsi jeter dans leurs bras certains qui n’étant pas antisémites se retrouvent pourtant cloués au pilori sous ce verdict.

Condamner celui qui avec une argumentation construite et rationnelle critique l’état d’Israël et/ou l’idéologie politique qu’est le sionisme sur des bases factuelles: pas en notre nom.

Injurier nos concitoyens parce qu’ils sont attachés à l’état d’Israël, pas en notre nom.

Qualifier ceux qui protestent d’antisémites, de racistes etc. alors que là n’est pas la motivation de leur protestation et qu’ils ne le sont pas, pas en notre nom.

La polarisation entre prétendu « camp du bien » et déclaré « camp du mal » (progressistes vs. populistes), c’est peut-être intéressant comme procédé de narration dans un compte de fées ou dans Star Wars. Mais comme le dit le titre de la franchise initiée par George Lucas, dans une société, c’est la guerre.

La guerre civile, pas en notre nom.

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