Du manque de contexte des médias corporatistes (en général)

L’illustration est celle qui apparaît sur les réseaux sociaux dans cet article de France bleu. Nous voyons donc qu’en croyant faire de l’humour, France Bleu impute l’incendie criminel des locaux de France Bleu Isère aux gilets jaunes. Dans le contexte actuel ,ce n’est pas drôle du tout, d’autant qu’on ne sait pas pour l’instant, à moins d’être à la place des enquêteurs, qui est l’auteur.

L’incendie criminel (oui, c’est un crime passible de la cour d’assises) des locaux de France Bleu Isère, aussi scandaleux et inacceptable fut-il, n’est pas une atteinte à la liberté de la presse puisque c’est un seul média qui est touché. On n’a pas vu d’incendies coordonnés contre l’ensemble des radios locales à Grenoble, non?

C’est aussi scandaleux que les incendies criminels d’autres outils de travail comme les garages, les supermarchés, les bars etc.

Et ce n’est pas pire que l’incendie volontaire d’un collège, comme ce fut le cas à la Villeneuve.

Nous supputons, nous conjecturons: les « GJ » sont sociologiquement dans le cœur de l’auditoire de France Bleu Isère (les bobos des « métropoles connectées » écoutent France Inter, France Culture, FIP, Le Mouv’ etc.). Peu vraisemblable qu’ils soient responsables.

Soyons clairs: le métier de journaliste consiste (a) à rapporter des faits avérés, vérifiés et vérifiables, (b) à les analyser (non pas à les « décrypter » car la réalité n’est pas chiffrée. La réalité se vit, la véracité des faits s’établit) et (c) à les resituer de manière à ce que chacun puisse former sa propre opinion.

Le drame du journalisme français est bien trop souvent que les journalistes sont persuadés que leur rôle est de former l’opinion – ce qui n’est bien évidemment pas le cas. Cette dérive qu’on le veuille ou non reste très française, du moins à ce niveau de généralisation.

Le journalisme, ce n’est pas mettre un micro sous de nez de Pierre, Paul ou Jacqueline et d’appeler ça un reportage – parce que ce n’est pas un reportage.

Le journalisme ce n’est pas faire du commentaire à tire-larigot parce que ça laisse de la place aux formules qu’on croit bonnes et à des égos souvent débordants. Commentaire n’est pas journalisme et commentaire peut être fait par n’importe qui.

Le journalisme, ce n’est pas concevoir l’événement comme une information, parce qu’un événement n’est pas une information.

Il serait temps que cette Ô combien noble profession accepte les critiques – qui ne datent pas d’hier et sont toujours les mêmes depuis au bas mot 25 ans – et qu’elle se remette en question très sérieusement. Le journaliste n’est rien face à son sujet et encore mois face à ceux à qui il le destine – lecteurs, auditeurs, téléspectateurs.

Même chose pour la complaisance voir la collusion avec les élus, en particulier dans l’audiovisuel public.

Pas étonnant que la profession soit en crise quand les journalistes refusent d’entendre les critiques de ceux pour ils produisent, et sans lesquels ils ne sont rien.

La mauvaise santé de la presse est en France essentiellement due à deux facteurs: la nature et la structure de l’actionnariat de la presse privée et la manière dont on écrit des sujets pour plaire à l’objet, alors que c’est le public qu’il faut informer.

Quand à M. Faucon, le directeur de France3 alpes, qui en fait des tonnes, l’explication est simple: grosse lutte de pouvoir, comme l’illustre cet article.

Il serait bon qu’on arrête vraiment de nous prendre pour des bazuts.


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