[Caillera Inc] Pas Glock! Pas Glock!

Décidément, M. Benalla est plein de surprises

Dernière minute entendu sur FranceInfo: Benalla n’était pas le seul à avoir des passeports diplo, ça famille aussi! WTF???

Lors de son audition au Sénat, interrogé quant à une photo parue dans l’Obs où on le voyait un Glock 17 à la ceinture, alors employé de la société Sigma 3D Security Services sise au Luxembourg en qualité de « conseiller sécurité » mais en fait comme garde du corps de M. Bastitelli, alors Directeur de l’Office Européen des Brevets où il a réussi a semer un schisme monstre (encore un énarque), M. Benalla a potentiellement menti par deux fois:

1 – Il ne protégeait pas une personnalité européenne de nationalité allemande, mais bien un français

2 – Il a déclaré: « A l’étranger, en Allemagne, avec des autorisations particulières, quand vous travaillez pour une organisation internationale, oui. » Sauf que M. Benalla ne travaillait pas pour l’Office Européen des Brevets mais pour une société privée, en 2016. La loi allemande sur la détention et le port d’arme de 2009 étant la plus restrictive d’Europe, il n’avait absolument pas d’autorisation de détention d’arme à titre personnel la société l’employant sur le territoire allemand devait elle-même bénéficier d’une licence. Cela mérite éclaircissement.

Ce qui est également curieux, c’est que dans les organisations internationales, il est extrêmement rare de trouver des officiers de sécurité rapprochée qui soient employés par des sociétés de sécurité privée.

La, c’est Pascal Clérotte (en personne) qui parle de sa propre expérience en la matière.

Ayant un peu travaillé comme expert sécurité pour des missions de l’Union Européenne, je n’ai jamais vu un cas pareil.

Je précise: expert sécurité, cela ne veut pas dire garde du corps. Je n’ai jamais été armé et je ne saurais par ailleurs pas quoi faire d’une arme (enfin presque) – je serais donc un danger pour tout le monde si on m’en collait une dans les pattes. Mon travail consistait à concevoir et à gérer sur le terrain un système de sécurité et surtout à faire la liaison et la coordination avec les autorités locales (intérieur, défense, renseignement, police, armée etc.) à qui il incombait en premier chef de veiller à la sécurité de la mission, comme le pose la convention de Vienne.

Et toute franchise, je ne possède ni les qualités physiques ni les qualités psychologiques pour faire un bon officier de sécurité. Donc je laisse cela à ceux qui les ont. Je possède d’autres qualités qui m’ont permis d’être utile et efficace autrement.

J’ai en revanche eu la chance de travailler quand besoin fut avec des opérateurs de protection rapprochée employés par de « vraies » sociétés de sécurité privée: ces femmes et ces hommes avaient tous au bas mot 10 ans d’expérience militaire ou policière dans des unités d’élite, sans compter les bonnes certifications professionnelles internationales. En ce qui concerne les français avec qui j’ai travaillé, ils s’agissait de « retraités » du premier cercle du COS (forces spéciales), de la Légion, du GIGN, du SPHP, du RAID etc. Bref, de grands professionnels aguerris à qui on pouvait pleinement faire confiance pour prendre en toute autonomie les bonnes décisions sur le terrain en cas de coup de grisou.
Je n’ai jamais vu un officier de sécurité avec le background de M. Benalla, c’est à dire aucun background à proprement parler.

En ce qui concerne par exemple la protection rapprochée des commissaires européens, je n’ai jamais vu de société de sécurité privée le faire (ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas le cas. Cela veut juste dire que je ne l’ai jamais vu). Ces officiers de sécurité sont ce qu’on appelle des « experts nationaux détachés », c’est à dire des spécialistes, fonctionnaires de police ou militaires, détachés à la Commission Européenne par les états membres, ou bien des fonctionnaires européens ayant au bas mot 15 ans d’expérience militaire ou policière en la matière. Confidentialité voir secret oblige, le lien de subordination entre l’officier de sécurité et l’institution pour laquelle il travaille est fondamental.

A Bruxelles, les sociétés de sécurité privée sont cantonnées au gardiennage, au contrôle d’accès, à la sécurité incendie etc.

Le cas de M. Benalla est hallucinant et illustre une dérive inquiétante. Jamais il ne pourrait avec son CV décrocher un emploi ou un contrat dans des sociétés sérieuses, comme GEOS, Control Risks, Garda etc. comme officier de sécurité armé. Jamais.

Comment M. Benalla, sans expérience aucune à proprement parler, a t-il pu être recruté aux postes qu’il a occupé ?

Le milieu des « gardes du corps » est un milieu de mythomanes. Ça peut le faire question image dans le rap, mais pour des décideurs politiques ou en « environnement hostile », pas un seul instant.

t

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