[Alerte sociologie] « La violence est le contraire d’un mouvement social », nous enseigne doctement Michel Wieviorka

Michel Wieviorka que nous avons connu en meilleure forme.

Et qui a le culot de nous venir nous dire ce que sont les gilets jaunes…

Bon, s’il se revendique de l’école Touraine (oui, le père de Marisol), cela n’a rien ni d’étonnant ni de détonnant.

Un mouvement social est plus prosaïquement un mouvement dont ceux qui y participent portent les mêmes revendications sociales et le font savoir par des actions de contestations communes, quelle qu’elles soient. La violence, aussi regrettable soit-elle, reste un mode communication, certes paroxystique. Mais un mode de communication quand même. Celui du dernier ressort. Celui par lequel on fait comprendre par l’usage de la force un message qu’un récipiendaire aussi sourd qu’aveugle refuse de recevoir.

Air France et la chemise arrachée. Conti et la séquestration, Renault Vilvoorde etc. Cela reste des mouvements sociaux malgré la violence.
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C’est exactement comme la guerre: la dialectique des volontés poussée à son paroxysme, sans pour autant que la violence lors de mouvements sociaux soit une guerre.

La violence n’est qu’une forme de manifestation d’un mouvement social, et on rappelle à M. Wievorka que parfois – rarement certes –  la violence est légitime, mais certains ne la trouvent légitime qu’en dehors d’Europe: Amérique du Sud, Moyen-Orient etc.

La « violence » des GJ est d’ailleurs de très basse intensité, et il n’y a pas plus de casse que dans n’importe quel autre mouvement social de ces 10 dernières années (Nuit debout, les manifs loi travail ont fait tout autant de dégâts). Il va falloir arrêter deux minutes avec ça. L’écrasante majorité des casseurs ne porte le gilet jaune que par pur opportunisme et ne partage pas les revendications de ce mouvement.

D’autant que les GJ sont bien plus un mouvement politique au sens large et non partisan que social, même si généré par des revendications  qualifiées sociales par les médias et le pouvoir qui n’ont toujours pas compris la nature viscéralement politique des GJ – ou bien qui ont les miquettes de le reconnaître, c’est plus rassurant, plus confortable de ne pas le qualifier de politique.


C’est marrant comme les sociologues réduisent tous et tout à leurs étroits préjugés. Ils ne réfléchissent somme toute que selon ce qu’ils ont décidé de comprendre ex ante, a priori.


Et c’est surtout marrant comme ce mouvement suscite non pas interrogations mais panique absolue chez les sociologues, qui se multipliant en articles (The conversation est édifiant à ce sujet) ne savent décidément pas non plus écouter et encore moins observer.

Malheur et misère de cette science, la sociologie, qui en France est devenue n’importe quoi au fil des ans, au prétexte du post-modernisme, et qui se targue tout comme l’économie des néolibéraux qui n’est pas plus exacte, de proposer des explications holistiques alors qu’elles ne sont que dogmatiques et partielles.

Il va falloir, amis sociologues, tout comme vos confrères économistes, apprendre à vous taire dans l’instant. Car l’instant n’est pas votre théâtre d’opération.

« Céder à leurs demandes est à la fois nécessaire, voire incontournable, et périlleux. » Êtes-vous sérieux M. Wiervorka? Cette phrase de conclusion est de la formule absconse…





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