[Exclusif – Affaire « Soulqaeda »] Mais qui est donc ce journaliste qui signe S. B. ou S. Bl. homme, très brun, 170 -175 cm, replet, moustache, bouc ou barbe à l’italienne, la trentaine, qui continue à produire des fausses nouvelles ?

Non mais il continue le bougre?

Vous nous direz, nous avons clairement vu ce journaliste dont la description est en titre et dont nous ne connaissons pas le nom, au sortir de l’audience du 25 octobre converser avec Soukaïna LARABI dans la salle des pas-perdus ( voulez-vous des photos? 😀 ) puis la raccompagner jusqu’à la sortie du palais de justice. Il appert donc qu’ils se connaissent (c’est leur liberté).

La déontologie de base pourtant exige qu’on s’adresse au deux parties, non? Il ne l’a pas fait lors de l’audience du 25 novembre. Il ne l’a pas non plus fait le jour du délibéré, pas plus qu’il n’a pris attache avec l’avocat de Pascal CLEROTTE afin de s’enquérir de leurs intentions, notamment en matière d’appel.

Citons donc ce monument d’exactitude journalistique publié aujourd’hui:
« Pascal Clérotte, patron d’un cabinet conseil en intelligence concurrentielle, militant PS et fervent soutien de l’ancien maire de Grenoble Michel Destot, » (…) En juin 2017, pendant la campagne des législatives, il avait rédigé un post nauséabond sur la page Facebook d’un site d’information locale.  (…) Dans ce post, au demeurant incompréhensible, Pascal Clérotte avait transformé le prénom de la candidate en “Soulqaeda”, le rapprochant ainsi du groupe terroriste Al Qaeda. »

Cher « S. Bl. », l’homme à qui l’éthique journalistique et la convention de Munich semblent décidément être étrangers:

Pascal CLEROTTE n’est pas « MILITANT PS », pas plus qu’il est « UN FERVENT SOUTIEN » de l’ancien Maire de Grenoble Michel Destot.
Produisez les faits documentés, irréfutables qui vous permettent d’avancer ce que vous avez écrit.
Comment?
Vous ne pouvez pas? Parce que ce vous avez écrit est faux?
Comme c’est dommage!

Il est INADMISSIBLE que vous faisiez ainsi partager des propos dont seul Pascal CLEROTTE est responsable à un parti politique et à une personnalité politique qui sont parfaitement étrangers à cette affaire!
C’est tout aussi faux que malhonnête et pervers.

 

Votre article tombe donc sous le coup de la loi. Allez hop! nous allons donc laisser l’avocat de Pascal CLEROTTE porter cette affaire devant les tribunaux, ce qui vaudra à M. Tostain, le PDG du Dauphiné Libéré des ennuis judiciaires supplémentaires, ainsi qu’au Directeur de la publication du DL s’il s’agit de quelqu’un d’autre que M. Tostain.

Votre rédacteur-en-chef recevra également par LRAR un droit de réponse, qui bien naturellement ne portera pas sur le contenu fallacieux de votre article, histoire de ne pas obérer les poursuites mais viendra le compléter, viendra faire le travail que vous auriez du faire.

لقاعدة se transcrit Al Qaïda en français. Soyez précis.

Votre incohérence est au surplus patente et très inquiétante pour un journaliste. Enfin!, comment pouvez-vous dans le même article écrire « post nauséabond » et au paragraphe suivant « Dans ce post, au demeurant incompréhensible »? Si vous ne comprenez pas le post, alors comment pouvez-vous donc juger de son caractère nauséabond et comment donc pourrait-il être injurieux puisqu’il est incompréhensible?

Pascal CLEROTTE sera relaxé en appel, appel que l’avocat de Pascal CLEROTTE a interjeté.

Nous allons même avoir la bonté de vous expliquer pourquoi les juges se sont plantés en vous citant un exemple (il y a bien d’autre motifs de relaxe, jurisprudence de cassation et de la juridiction supranationale compétente, la CEDH). Vous allez voir, cela tient à peu de mots, à un arrêt de la cour de cassation criminelle du 20 février 1990:

« Attendu que, pour apprécier la qualification légale qu’il convient de donner à un propos retenu comme injurieux, les juges doivent prendre en considération non seulement les termes mêmes relevés dans la citation mais aussi les éléments extrinsèques de nature à donner à l’expression son véritable sens et à caractériser l’infraction (…)
Mais attendu qu’en refusant d’examiner le contenu de l’article dont les propos incriminés ne constituent que la présentation, les juges ont méconnu le principe ci-dessus rappelé;
D’où il suit que la cassation est encourue. »

Vous étiez à l’audience? Vous avez donc vous-même constaté que la Présidente a exprimé son refus dès le début de l’audience de considérer l’ensemble du contenu du post et son contexte, ce qui est son choix souverain et indiscutable car c’est bien la présidence du tribunal qui mène les débats – personne d’autre.

Quod est demonstradum (CQFD en français)

La PQR, les faits et l’éthique, il y a tellement de travail à faire…

Pour conclure, nous allons vous édifier en matière de droit de la presse et quant au fonctionnement de notre institution judiciaire:

  • Le droit de la presse qui est celui qui encadre la liberté d’expression en France (loi de 1881) est le seul dans lequel il n’existe pas de présomption d’innocence, mais une présomption de culpabilité. Rien de plus normal puisque les juges ont à statuer sur des propos dont la réalité ne fait aucun doute puisque sinon aucun procès ne saurait se tenir (on va pas juger quelqu’un pour des propos qu’il n’a pas tenu). Dans le cas d’une plainte avec constitution de partie civile, la mise en examen de la partie défenderesse est automatique. Le contraire serait absurde.
  • En matière de droit de la presse, il y a environ 96,3% de condamnation en première instance parce que les tribunaux correctionnels n’ont tout simplement pas le temps et les moyens de traiter ces dossiers (qui en plus sont loin d’être passionnants, constituent souvent des « patates chaudes » très médiatisées et concernent des délits dont l’auteur ne présente pas de dangerosité immédiate pour la société). Présomption de culpabilité oblige, on condamne en première instance en laissant le soin à la juridiction d’appel de trancher au fond, parce qu’elle a plus le temps et maîtrise son calendrier, ne devant pas par exemple traiter de comparutions immédiates ou de convocations ordonnées par le Parquet etc. En appel, plus de 70% de relaxes sont prononcées dans les affaires de droit de la presse.

 

 

 

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