[Analyse puissante] Pour LREM, l’élection de Bolsonaro est une catastrophe électorale

Bon, alors nos global winners qui ne connaissent décidément rien du monde ou bien pour l’infime minorité qui le connait un peu, nous ment:

1- On va juste les renvoyer vers ce billet écrit tard hier ou tôt ce matin

2 – On va juste leur rappeler que la (longue, 126 pages) constitution brésilienne est d’une rare intelligence puisque ses rédacteurs – le Congrès réuni en assemblée constituante de 1986 à 1988 – ont prévu les choses suivantes:

(a) L’éventualité que soit élu au suffrage universel direct un Président d’extrême gauche ou droite à tendance autocratique (ou bien un chtarbé incompétent) et la nocivité pour la démocratie de nier un tel scrutin

(b) La nécessité de faire en sorte que la constitution garantisse l’existence de contrepouvoirs eux-mêmes issus du suffrage universel direct au moins aussi puissants que le Président

Si nous regardons la réalité de l’ensemble des élections nationales qui viennent de se dérouler au Brésil, c’est à dire la présidentielle, les législatives et le renouvellement de 2/3 du Sénat, constate que:

– Bolsonaro a été élu avec 55,13% des suffrages

Son parti, le Parti Social Libéral (PSL), ne dispose que de 52 sièges de députés sur 513

Son parti, le PSL, ne dispose que de 4 sénateurs sur 81

Laissez-nous affirmer une fois de plus que la démocratie brésilienne est bien plus moderne et bien plus saine que la notre, d’autant qu’un Président brésilien n’a pas 1/5 des pouvoirs du Président de la République Française.

Chapeau au congrès brésilien réuni en assemblée constituante de 1986  à 1998: mission accomplie!

Après un calcul savant (qui a consisté en une règle de trois), si en France nous avions un régime présidentiel et pas semi-présidentiel et que nous avions le même système électoral qu’au Brésil, LREM aurait disposé, sur la base des chiffres cités plus haut  rapportés au score d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle de:

– Maximum 82 députés sur 577

– Maximum 22 sénateurs sur 348

C’est un peu comme Mme la députée Chalas qui sur France Info déclarait ce matin que pour interdire la chasse le dimanche (ou un jour par semaine), il est nécessaire de réfléchir aux conflits d’usages et de passer par la voie législative alors que l’ouverture et la fermeture de la chasse est une décision réglementaire prise par les préfets par arrêté.
Il suffirait donc que M. le Ministre de l’intérieur Castaner envoie une circulaire aux préfets leur demandant d’arrêter une éventuelle interdiction un jour par semaine après consultation de tous les acteurs concernés dans leur département. Mais les décisions interviendraient alors avant les européennes, en pleine saison de chasse et donc hou-là! , prenons la voie législative, ça prendra au bas mot deux ans.

Bref, on joue encore sur la peur de l’extrême droite en arguant de l’exemple brésilien alors que l’extrême droite n’y est pas au pouvoir – c’est juste le président et ces 4 vice-présidents qui sont d’extrême droite – le tout dans la perspective des européennes…

De nombreux politologues ont mis en évidence l’inanité de la tactique visant à opposer « progressistes » et « populistes », parce qu’elle est parfaitement inopérante dans le cadre de l’élection des eurodéputés.

Au lieu de clouer au pilori le Brésil, on ferait donc mieux de s’en inspirer.

(et on vous conseille de jouer au jeu vidéo Max Payne 3, qui donne idée assez juste de la situation au Brésil)

Oooooh papaaaaaaaaï!

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