Message à caractère personnel du porte-parole du GAM: de la vertu de transparence

Aujourd’hui s’est tenu le procès que m’a intenté Soukaïna Larabi dans l’affaire « Soulqaeda »

Lors des débats est apparu à ma grande surprise une « condamnation » dont j’ai fait l’objet en Belgique en 2017 alors que j’étais de retour en France depuis août 2014.

Il s’agit d’une affaire privée, résultat d’une séparation de mon fait qui s’est très, mais alors très mal passée. La preuve…

Vous  trouverez en téléchargement ici le jugement me concernant. Je ne piperai pas un mot de plus sur les aspects personnels et intimes parce qu’ils ne me concernent pas seul. Croyez ce que vous voulez, je m’en contrefiche.

Sachez juste que c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît.

Croyez-moi, beaucoup plus compliqué.

Mais vous remarquerez que ma « parole »  est totalement absente de ce jugement.

Les sérieux problèmes, c’est que dans cette affaire:

  1. on ne m’a jamais signifié précisément ce qu’on me reprochait
  2. On ne m’a jamais signifié mes droits
  3. Je n’ai jamais été entendu ni par un officier de police judiciaire ni par le juge d’instruction alors que je me suis déplacé pour une audition à laquelle j’ai été convoquée par téléphone, jamais recevoir de convocation écrite malgré mes demandes répetées. L’OPJ étant en charge du dossier était en congé maladie pour deux semaines (véridique, la vénérable police belge qui ne prend pas la peine de vous prévenir. Ça donne 3 mois et  une fusillade qui a failli mal tourner pour serrer Abdeslam alors qu’il était peinard chez lui à Forest puis à Mollenbeek). On ne m’a jamais recontacté pour une audition ultérieure malgré mes demandes répétées (et documentées, qui sont aujourd’hui des pièces de procédures, donc pas communicables)
  4. Je n’ai pas pu faire verser au dossier les pièces à décharge (nombreuses) ni même faire citer des témoins
  5. Je n’ai jamais pu bénéficier de l’assistance d’un avocat ni eu accès au dossier.

Bref, nous sommes là en présence d’une infraction totale à l’arrêt Salduz de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) et de la loi belge de 2011 portant le même nom.

J’ai pris connaissance de la procédure me concernant quand j’ai reçu en France en 2016 (soit deux ans après mon retour) ma convocation en audition à la « Chambre du conseil », c’est à dire en Belgique la chambre qui décide du renvoi devant un tribunal – ou pas – c’est à dire une fois l’instruction terminée et le réquisitoire définitif du parquet formalisé.

J’ai donc immédiatement saisi le Conseil Supérieur de la Justice, qui a décidé en commission plénière d’ouvrir une enquête (rien que ça) qui est à ma connaissance toujours en cours et est frappée du sceau du secret (manquerait plus que ça ne le soit pas). Je ne dévoilerai rien de ce que je sais d’icelle.
Le Conseil Supérieur de la Justice ouvre une enquête:  c’est que l’affaire est grave.

Malgré cela, mon affaire a continué son chemin dans la chaîne judiciaire sans que cela n’émeuve personne, malgré mes nombreux avertissement et ceux du Conseil Supérieur de la Justice qui est tenu d’informer non seulement la Chancellerie (c’est à dire le ministre de la Justice), mais également le Parlement. La chaîne judiciaire a dysfonctionné, du début à la fin.

Dans l’affaire « Soulqaeda » par exemple, la procédure fut tellement carrée que j’en ai plein de bosses sur mon front! Rien à redire. Vous n’imaginez même pas la chance que nous avons en France d’avoir une justice, imparfaite et perfectible parce que humaine, qui à l’os fait son boulot et le fait bien.

La procédure, c’est la forme: « adversaire résolue de l’arbitraire, la forme est sœur de la liberté ».

Sans respect de la procédure, la justice n’est pas juste.

Bref, voici donc où j’en suis dans cette affaire belge aujourd’hui, qui est très loin d’être finie.

  1. Mon cas relève désormais de la CEDH, où la Belgique sera condamnée à des mesures individuelles (c’est à dire la révision, pas une mince affaire), cela ne fait aucun doute. Mais quitte à faire saisine de la suprême juridiction supranationale, autant faire en sorte que tout le monde en profite: mes avocats et moi avons déposé tout un train de recours qui visent des mesures générales, c’est à dire à portée législative (en clair, des mesures qui sont susceptibles d’obliger le Royaume de Belgique à changer sa législation, voir à imposer les mêmes changement législatifs aux états du conseil de l’Europe qui ne seraient pas en conformité avec le putatif arrêt. Chaaargez! Une fois que c’est parti, c’est à la Gengis Khan, je ne prends pas de prisonnier). Sérieux, une jurisprudence « Clérotte », ce serait la classe intersidérale;
  2. Une instance pour faute lourde a été déposée contre l’État Belge;
  3. Il existe en Belgique un chose assez drôle qui n’existe pas sous cette forme en France: la prise à parti (ce n’est pas la notion française de déni de justice). La prise à parti prévoit que sous certaines conditions très strictes (car la protection des magistrats et juges dans l’exercice de leurs fonctions est fondamentale pour rendre la justice), le justiciable peut se retourner contre les magistrats et juges . Ces conditions spécifiques sont réunies dans mon cas. Par ailleurs, la prise à parti s’étend aussi aux décideurs politiques s’il ont été mis au fait formellement et n’ont pas agi. Bref, BOUM! (note sadique:  tout cela se dénouera peut-être au moment des prochaines législatives belges, et donc certains auront du mal à rester ministres); et
  4. Saisine de la CJUE car ma condamnation, en l’état du dossier et selon les règles du pilier Justice et Affaires Intérieures (JAI) de l’Union Européenne ne pouvait pas être communiquée en dehors de Belgique. Là aussi la condamnation de la Belgique est inévitable. Rien ne saurait donc, pour le moment être inscrit au bulletin n°1 de mon casier judiciaire. (Pour comprendre les casiers judiciaires en France: mon casier judiciaire est vierge) .

Bref, j’ai quelques années franchement passionnantes en face de moi, d’autant que j’adore ce genre de castagne. Bring it on Baby!

Toutes ces procédures relevant du secret professionnel, et n’impliquant pas que ma petite personne, je ne dirai jamais mot de leur contenu. Que les choses soient claires.

A tous ceux qui n’ayant d’arguments que ceux décrits par Schopenhauer, qui ne manqueront pas d’essayer de me clouer au pilori (trop tard, les belges, les talibans, AQMI, Al Quaïda, Boko Haram etc. ont déjà essayé de le faire, sans succès), je dirais juste cela:

  1. Ce proverbe anglais « It takes a thief to catch a thief » – il faut un voleur pour attraper un voleur – est vrai. Les plaintes déposées près le doyen des juges d’instruction et toutes les analyses du GAM qui sont factuelles, sourcées, étayées juridiquement, restent valables.
    On me connaîtra désormais comme Pascal Vidocq Clérotte
  2. Ceux qui oserons dire que mon casier judiciaire n’est pas vierge s’exposeront à de sérieux ennuis. Je l’ai dit plus haut, j’adore la castagne!

Mon dossier belge est un champ de mines. Je mets donc en  garde, je préviens: ceux qui s’y aventureront, si on les retrouve éparpillés façon puzzle, ce ne sera pas de mon fait mais de leur seule responsabilité (et celle de Thémis).

Vous comprenez donc pourquoi je suis le seul qui apparaît des 27 membres du GAM: je sais prendre les coups, j’ai peur de pas grand chose et j’ai pas grand chose à perdre.

Votre toujours mal embouché,

Pascal Vidoq  CLEROTTE

Et puisqu’on finit toujours en musique avec un grosse touche d’ironie.

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