Zone à Circulation Restreinte, Zone à Basse Émission: le grand enfumage

Lire cet article de Place Gre’net

Lire également cet article du la Lettre du Cadre Territorial  pour des informations plus techniques (article dans lequel nous sommes par ailleurs cités).

L’imposition de la ZCR et des ZBE est une mesure d’affichage et de clientélisme électoral qui n’aura strictement aucun impact sur le niveau de pollution atmosphérique. Voilà pourquoi:

  1. C’est la géographie stupide! Enclavée entre 3 massifs montagneux et traversée par deux fleuves, les déplacements ne sont pas chose facile dans notre bonne métropole. C’est compliqué. Si Grenoble a toujours été une ville de garnison, c’est parce que c’est un verrou facile à défendre, pour ces mêmes raisons.
  2. On vit et on travaille en centre-ville, contrairement à ce qu’on voit en Europe du Nord
  3. Depuis l’imposition de CVCM sans étude sérieuse à l’échelle métropolitaine, la pollution atmosphérique causée par le trafic automobile a augmenté en moyenne de 15%! On vient nous parler de zones basses émission?
  4. Nous ne pouvons qu’être d’accord avec les oppositions (sauf avec M. Safar qui visiblement tente un « retour » en se rangeant du côte de la municipalité grenobloise alors qu’il n’habite plus Grenoble mais Villeurbanne depuis près de 3 ans) quand elles avancent que ces mesures vont d’abord toucher les plus pauvres. Il existe pourtant des systèmes de « retrofit » qui permettent de mettre aux normes les vieux véhicules en changeant leur système d’échappement, mais cela ne plaît bien sûr pas aux constructeurs automobiles…
  5. L’obsession du diesel est imbécile, puisque dans les faits les moteurs à essence polluent autant. Par ailleurs les normes d’émission des diesels sont les mêmes que celle des moteurs à essence (qui eux émettent beaucoup plus de particules ultrafines plus dangereuses que les particules fines émises par les moteurs diesels). Là n’est donc pas le problème.
  6. Un PDU parfaitement inopérant, conçu en catimini avec pour seul but de justifier CVCM a posteriori
  7. La non-inclusion des communes de la rive gauche va effectivement en faire des zones de délestage, alors que ce sont ces quartiers et communes qui constituent la zone de contentieux avec la Commission Européenne
  8. Quoiqu’on fasse, la condamnation de la France par la CJUE et les sanctions financières sont inévitables, puisque ce sont des faits passés qui seront jugés, et non pas les putatifs résultats de mesures prises à l’arraché dans un  contexte pré-électoral
  9. Une partie non-négligeable de la pollution atmosphérique n’est pas causée par la circulation (c’est le cas des particules fines qui sont principalement dues au chauffage urbain, plus particulièrement au chauffage au bois)
  10. La vignette Cirt’air est inopérante, comme l’avons maintes fois expliqué.

Pour qu’une ZCR et/ou une ZBE fonctionne, il faut trois conditions:

  1. L’existence d’un contournement de la ville qui capte le trafic de transit et qui a également pour effet une fluidification générale de la circulation y compris intra-agglomération, ce qui conduit à moins de pollution (en moyenne -30% à Francfort par exemple pour la seule pollution causée par le trafic routier). A Grenoble, il faudrait donc repousser les montagnes ou bien… percer des tunnels (tenez donc!)
  2. Peu de résidents en centre ville. A Oslo, ville de 600 000 habitants, moins de 1 000 personnes vivent en centre-ville, dans les appartements de luxe d’Aker Brygge qui disposent d’un accès voiture par l’Est du front de fjord. Pas le cas à Grenoble, pas le cas dans toutes les villes de France et de Navarre où les centres-villes sont densément peuplés.
  3. Les infrastructures nécessaires  – transports en communs, parking relais etc. – qui permettent de ne pas prendre la voiture. Si on prends le cas de Bruxelles où seulement 25 000 personnes vivent en centre-ville dans une agglomération de près de 2 millions d’habitants, c’est l’absence de telles infrastructures qui est la première cause du haut niveau de pollution, puisque plus de 250 000 personnes résidant en dehors de Bruxelles capitale viennent y travailler quotidiennement, la plupart en voiture.

Ces trois conditions ne sont pas réunies dans notre métropole.

On nous paie encore de mots, on cherche encore à nous imposer des mesures dogmatiques qui n’ont pas été mûrement pensées dans un objectif strictement électoral.
Par conséquent, on ne cherche pas à faire baisser la pollution. On cherche juste à nous faire croire qu’on le fait pour se faire élire ou réélire.

Tout ce que nos chers élus incapables ou n’ayant aucun intérêt à réfléchir ont à proposer; ce sont des mesures punitives (vidéo-verbalisation, lecture automatique des plaques etc.), qui ne sont efficaces que si des alternatives suffisamment crédibles à l’usage de la voiture existent, ce qui n’est pas le cas pour la majorité des métropolitains. A Londres, les transports en commun et les liaisons ferroviaires pour les naveteurs sont bien là!

Il est d’ailleurs drôle de constater que la vidéosurveillance pour verbaliser les automobilistes ne les dérange absolument pas, alors que la vidéosurveillance pour contrôler l’espace public et améliorer la sécurité des habitants dans une métropole qui devient de plus en plus violente, ils ne veulent pas en entendre parler.

 

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