Rénovations urbaines : le trou noir depuis 2014

On peut lire aujourd’hui deux articles dans la presse qui traitent de la rénovation urbaine.

https://www.ledauphine.com/isere-sud/2018/10/02/grenoble-ou-en-est-la-renovation-du-quartier-mistral

et

https://www.placegrenet.fr/2018/10/01/renovations-et-demolitions-a-mistral-lunion-de-quartier-dresse-un-bilan-mitige-actis-se-defend/208175

Nous le disions il y a deux ans dans notre article sur les incendies à répétition à Grenoble.

Outre une politique de sécurité inexistante, ANRU 1, par exemple, a pris 3 ans de retard.

Tout d’abord il s’agit de noter qu’avant chaque élection, on voit monter au créneau des acteurs politiques sous couvert de société civile. Rien de bien nouveau sous le soleil, et c’est l’un des ressorts traditionnel du clientélisme.

Ensuite, on a un exemple de rénovation qui a été menée de main de maître mais qui n’a strictement rien changé en matière de sécurité: Teisseire. Au contraire, ce quartier vit aujourd’hui plus refermé sur lui-même qu’auparavant.

Il va falloir comprendre que rénover n’a aucun impact sur la tranquillité publique dans des quartiers qui sont sous la coupe d’éléments criminels auquel il faut parfois rajouter des éléments religieux radicaux, certes minoritaires, où les forces de l’ordre et les secours (tout ce qui représente l’autorité publique) ne rentrent plus sans se faire caillasser (ou pire).

C’est par conséquent l’inverse qui doit être fait: imposer d’abord l’état de droit et ensuite rénover.

Pour cela, les bailleurs sociaux disposent d’un levier non-négligeable, l’expulsion de ceux condamnés à de multiples reprises pour trafic de stupéfiants, des faits de violence aux personnes, de port d’arme prohibé etc. , puisque cela constitue des infractions graves aux conditions locatives. C’est fait de manière quasi-systématique à Paris et dans d’autres villes.

Un « chouf », un guetteur, gagne de 50 à 70 par jour, donc de 1500 à 2000 euros par mois en liquide net de cotisations sociales et d’impôts.

Pour un charbonneur, un dealer, on arrive à un revenu de 100 à 500 euros par jour selon le point de deal et le stupéfiant vendu, soit un revenu mensuel net de 3 000 à 15 000 euros.

Pour une nourrice, c’est à dire le logement où est entreposé la came, on tourne au alentours de 2 000 à 3 000 euros par mois.

A ce niveau revenu, que fait-on encore dans un logement social? D’autant que le nombre de personne mal-logées en France reste trop important.

Le fisc lui ne se gêne pas pour redresser systématiquement ceux condamnés pour trafic de drogue.

Tant qu’on aura pas compris que sans état de droit, toute rénovation ne sert à rien, on n’y arrivera pas.

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