Mme Pulvar dit que le vélo n’est pas une histoire de bobos. Démontrons lui le contraire

Invitée comme « grand témoin » (lire « à la fois caution, alibi et produit d’appel » – oui c’est méchant mais réaliste 😀 ) par le SMTC dans le cadre de la présentation du PDU (conçu sans la concertation réglementaire obligatoire et qui est donc fondamentalement illégal), la présidente de la Fondation Hulot déclare dans le DL « Le vélo, ce n’est pas une histoire de bobos ».

Tout d’abord définissons « bobo ». Par « bobo » nous entendons une sous-catégorie de la « bocu », « bourgeoisie culturelle » au sens que lui donne l’Observatoire des Inégalités.

La bourgeoisie culturelle, « Diplômée (…) occupe les centres de pouvoir au niveau national comme au niveau local, dans l’univers politique, médiatique, associatif ou professionnel. Cette bourgeoisie culturelle vote le plus souvent à gauche, parfois jusqu’à l’extrême. Mais tout en tenant un discours très virulent contre les inégalités, elle s’intéresse surtout à l’école de ses enfants (la reproduction des inégalités dans le temps), à ses loisirs (la maîtrise de son temps) ou à son environnement (bien manger, bien respirer, etc.). Le sort des ouvriers qui travaillent à la chaîne ou des caissières n’est pas vraiment son problème. Elle célèbre la « mixité » (sociale, ethnoculturelle, etc.) tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers. »

Autant vous dire, Mme Pulvar, que vous êtes une égérie de la bourgeoise culturelle (ce qui n’est pas une critique, mais un constat), bourgeoisie culturelle à laquelle nous appartenons nous aussi, nous n’allons pas nier ce que nous sommes.

L’INSEE a publié en janvier 2017 une étude édifiante sur la pratique du vélo

On y apprend que ceux qui utilisent le vélo comme moyen de déplacement quotidien sont plutôt des hommes (les femmes elles doivent encore et toujours s’occuper des gosses), plutôt CSP+ et pour des distances de moins de 5 km.

Dans la métropole grenobloise, cela signifie donc que le vélo concerne essentiellement ceux qui habitent en centre-ville et à une faible distance de leur lieu de travail.

Or les catégories populaires et l’écrasante majorité de la classe moyenne (a) n’ont pas les moyens d’habiter en centre-ville et (b) habitent à plus de 5 km de leur lieu de travail. Ceux-là utilisent donc la voiture ou bien les transports en commun quand ils existent.

Quant aux  23% de nos concitoyens grenoblois qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, ils ont d’autres préoccupations que de la lutte contre le réchauffement climatique et se retrouvent « parqués » pour la plupart dans les quartiers prioritaires, dont ils sortent peu parce qu’il n’en ont tout simplement pas les moyens.

Le vélo est bien une affaire de bobos. Les bobos sont cette sous-catégorie de la bourgeoisie culturelle qui impose aux autres son mode de vie et ses habitus sans avoir fait l’effort de réfléchir aux conditions de ceux qui n’ont pas le même mode de vie et les mêmes habitus qu’eux.

Avec la municipalité grenobloise, nous sommes en plein dedans.

Pour être écologique, il faut en avoir les moyens.

Pour manger bio, il faut en avoir les moyens.

Pour aller au boulot à vélo, il faut en avoir les moyens.

C’est ce qui explique la catastrophe environnementale qu’est Cœur de Ville Cœur de Métropole à Grenoble (15% d’augmentation de la pollution, 13,2% d’augmentation de la congestion routière etc.), parce que nos chers EGOLOGISTES ne sont pas posé la question de savoir comment vivaient la majeure partie de la population et pourquoi elle vivait comme cela. La preuve: les simulacres d’études ayant présidé à l’imposition de ce projet sans aucune concertation digne de ce nom n’ont concerné… que le centre-ville, sans y inclure la périphérie.

La « ville durable » (la ville de demain en novlangue piollesque), c’est aujourd’hui un fait scientifique, creuse les inégalités sociales, intergénérationnelles et de genre.

Il va donc falloir qu’on arrête les arguties « Hulotiennes » et qu’on commence à sérieusement se pencher sur le problème, à savoir que sont les thuriféraires de l’écologie qui sont le plus gros freins à l’écologie, le premier obstacle à l’amélioration de la situation en la matière, parce qu’ils se l’approprient dans un but peu louable, celui de domination sociale et en imposent les conditions qui ne valent que pour eux-mêmes et qui sont trop souvent inadaptées à la majorité.

Il en va comme pour l’alimentation: celui qui est rémunéré au SMIC ne peut pas être écologique de la même manière que celui qui gagne 10 000 euros pas mois. C’est l’évidence.

Quand on aura compris et intégré cela, ça ira mieux!

 

 

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