Des têtes de moutons sur des piques

Nous ne pensions même pas dans nos pires cauchemars qu’on puisse en arriver là!

Le président de la République a appelé le président du Sénat pour dénoncer un « déséquilibre institutionnel ».

WHAT THE FUCK ???

Il n’y a aucun achoppement entre le Sénat (que Macron ne contrôle pas) et la Justice (Macron contrôle le parquet – pauvres magistrats du parquet)!

« Calmer les esprits »? Oh Manu, celui qu’il faut calmer à coup de tonfa c’est Benalla (dont les déclarations constituent un outrage), pas les sénateurs qui font leur boulot.

Et Macron qui désapprouve les propos du sieur Benalla au sujet de la commission d’enquête sénatoriale, mais qui ne les condamne pas avec la plus grande fermeté.

Mais qui est donc ce Président de la République qui se permet de protester auprès du Président du Sénat, Sénat chambre souveraine et indépendante, des travaux d’une commission d’enquête constituée régulièrement et qui fait son travail, c’est à dire contrôler l’exécutif et tout service public, y compris l’Élysée (la fameuse ordonnance de 1958), et dont les audiences sont diffusées ?

L’affaire Benalla est donc bien une affaire d’État, non pas une affaire d’été. La preuve : c’est la panique à tous les étages, y compris le plus haut.

Déjà que le refus du réquisitoire supplétif visant l’introduction d’individus dans un appartement sous scellés pour récupérer un coffre-fort avant perquisition est dur à avaler, mais alors là, c’est du Trump !

Et ça vient nous parler de « séparation des pouvoirs », comme la plus lamentable garde des sceaux de la cinquième République, Mme Belloubet (tellement nulle qu’elle a foulé aux pieds la présomption d’innocence dont bénéficie Benalla en parlant sur France Inter hier matin de « dérive personnelle ») ?

Que craignent donc tous ces petits et sinistres amateurs se croyant au dessus des lois pour avoir tant peur d’une commission d’enquête sénatoriale, certes présidée par un ancien ministre et ancien secrétaire général de l’Élysée, donc quelqu’un à qui on ne la fait pas de travers ? (Bas, c’est effectivement pas Braun-Pivet)

Il va falloir sérieusement arrêter !

Et après on va nous faire croire que Benalla n’a jamais bénéficié de soutien en haut lieu ?

Non mais sérieux, on va où?

Vers des têtes de moutons sur des piques ?

(attention, blague et vidéo de très mauvais goût)

7 commentaires

  1. J’apprécie beaucoup que, dans un contexte de désinvolture coupable des pouvoirs publics (notamment locaux), à l’égard de la chose juridique, vous remettiez souvent les pendules à l’heure.
    Mais s’agissant de la commission sénatoriale sur l’affaire Benalla, que faites-vous de l’article 6 de l’ordonnance de 1958 qui dispose que « Il ne peut être créé de commission d’enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter.  »
    Il n’y va pas seulement du respect de la séparation des pouvoirs, mais de la garantie pour le justiciable de ne pas voir son affaire administrée par plus d’instances que celles qui sont démocratiquement autorisées à le faire.
    Il va de soi que mon commentaire ne constitue en rien un plaidoyer pour A.Benalla. Juste un sursaut devant un certain manque de rigueur de votre part, dans une axiomatique républicaine que, par ailleurs, vous maitrisez plutôt bien.
    Bernard

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    1. Mais la commission d’enquête ne concerne pas les faits dont est saisie la justice, mais le fonctionnement de l’Elysée (un service public), du ministère de l’intérieur (une service public) et de la préfecture de police de Paris (un service public). Les sénateurs sont dans leur bon droit, et des auditions de personnes mises en examen ont déjà eue lieu dans le passe: le préfet Bonnet, Cahuzac etc.
      Ils n’ont en revanche pas le droit d’interroger Benalla sur les faits du 1er mai 2018, et Benalla a le droit de garder le silence le plus total. Mais il doit déférer à la convocation.

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    2. Et je rajoute qu’un commissaire divisionnaire, mis en examen dans cette affaire a comparu devant les deux commissions.
      C’est un faux débat lancé par Macron pour faire écran de fumée et tenter de « tuer » la commission sénatoriale avec des arguments juridiques spécieux.

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  2. « Mais la commission d’enquête ne concerne pas les faits dont est saisie la justice, mais le fonctionnement de l’Elysée », dites-vous.
    Dont acte.
    Effectivement, quand une commission parlementaire cherche à savoir si une institution fonctionne de manière normale ou pas, elle est dans son rôle.
    Comme ce fut le cas dans l’affaire d’Outreau.
    Où c’est le fonctionnement de la justice qui était sur la sellette, et pas les conclusions du procès.
    Je comprends ce que vous dites, mais ne serait-il pas préférable que, comme dans l’affaire Outreau, la justice se soit prononcée avant que la représentation nationale ne juge du bon fonctionnement des institutions.
    Cela permettrait au moins au justiciable Benalla de savoir à quel saint se vouer.
    Question…pas plus, ni moins.
    Bernard.

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