Une fois encore, ce n’est pas à l’Etat de structurer les cultes

En Janvier lors de cérémonie de voeux aux représentants des cultes, Emmanuel Macron nous annonçait la même chose.

On a rien vu. Rien ne s’est passé.

On reproduit notre article d’alors.
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Allons bon, c’est reparti! On veut structurer une religion alors que l’État n’a aucun droit de le faire depuis 1905 (rappelons que le Consistoire fut établi par Napoléon un siècle avant, en 1806).

La loi de 1905 dit que l’État ne donne statut aucun à quelque culte que ce soit. L’État ne reconnait aucun culte. Parce voie de conséquence, l’État ne peut ni en fait et ni en droit organiser ou structurer un culte, parce que cela relève de l’exercice concomitant de deux libertés individuelles et fondamentales, la liberté de culte et la liberté d’association.

L’État n’a donc aucun travail travail moral et philosophique, aucun travail d’organisation de l’Islam de France à fournir, parce que ce travail est la responsabilité de nos concitoyens musulmans croyants et pratiquants qui sont assez grands pour le faire, parce qu’il est le pendant – le devoir –  généré par la liberté de culte.

Nous avons abondamment écrit là dessus: il n’existe pas d’Islam de France, mais un Islam par « pays de provenance » et/ ou pays qui finance.

D’ailleurs Emmanuel Macron utilise  l’expression « Islam en France », ce qui donne une indication quant à sa conception en la matière: il n’a aucunement l’intention de favoriser l’émergence d’un Islam de France qui soit autonome, et non plus tributaire « d’obédiences » algérienne, marocaine, tunisienne, turque etc.

Or, c’est justement parce que certains États étrangers utilisent la religion comme levier pour conserver une influence politique en France sur leur « diaspora » (qui n’a plus grand chose à voir avec le pays d’origine parce qu’acculturée, parce que française, n’ayons pas peur des mots) que « l’Islam en France » est la plus mauvaise des solutions possibles, comme l’a par exemple illustré le retrait de la Grande Mosquée de Paris du Conseil National du Culte Musulman parce que son recteur, Dalil Bourbakeur, d’obédience « algérienne », n’a pas été invité aux vœux d’Emmanuel Macron aux autorités religieuses.

Ce qu’Emmanuel Macron n’a apparemment pas l’intention de faire c’est bien de  favoriser l’émergence d’un Islam de France qui en ce qui concerne l’État français est une stricte affaire de politique étrangère. Veut-on que nos concitoyens musulmans puissent s’organiser comme ils l’entendent en un Islam de France autonome, doit-on alors se montrer intraitable avec tous les pays qui utilisent la religion pour conserver le contrôle de leur « diaspora » sur le territoire national et leur faire comprendre que cela ne sera plus toléré.

Les dérives communautaires que nous voyons ne concernent en réalité pas les musulmans qui sont un groupe par ailleurs très mal défini, mais les musulmans algériens, les musulmans marocains, les musulmans turcs etc., provoquant ainsi des irrationalités identitaires graves, du genre de celle qui pousse certains de nos concitoyens à faire la différence entre les musulmans d’un côté et les français de l’autre alors qu’ils sont eux-même français et que les musulmans en France ne présentent aucune forme d’unité, bien au contraire. Le rapport de force politique au sein de CFCM se décrit par exemple en terme de m² de mosquée, donc de financement, financement qui est très souvent d’origine étatique, en provenance du « pays d’origine » ou des monarchies du golf.

Sur ce sujet, Emmanuel Macron a déjà échoué, pour une raison fort simple: il doit trop à certains pays qui ont contribué à le faire élire. Un exemple est là. Nous pourrions en citer d’autres.

Nous allons encore voir derrière les grands discours les sempiternels arrangements en coulisse avec tout le monde, arrangements mis en œuvre à la fois dans les instances censées chapeauter l’Islam de France et sur le terrain avec la « complicité » élus locaux par certains réseaux consulaires dans la politique locale, et qui contribuent à faire perdurer le sentiment de non-inclusion de nos concitoyens musulmans, puisqu’il continueront à être tiraillés bien malgré eux entre deux loyautés, celle au « pays d’origine  » et celle à leur pays, la France.

C’est bien l’utilisation à des fins politiques de la religion qui transforme ce qui devrait être deux attachements en aucun cas contradictoires et source de richesse en deux loyautés difficilement réconciliables.

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