Accord sur nucléaire iranien: la lourde responsabilité d’Emmanuel Macron

Trump a décidé depuis son investiture de se la jouer « rogue », de ne prendre nul en compte et d’isoler les USA.

Très bien. Prenons-en acte.

Aidons le!

Si on voulait sauver l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, la seule attitude qui fallait adopter était de refuser de discuter de l’Iran officiellement avec Trump en dehors du groupe P5+1 (les 5 membres permaments du Conseil de Sécurité + l’Allemagne) comme l’ont fait l’Allemagne et le Royaume Uni dans la sphère occidentale.

Si on considère que la question iranienne est une question multilatérale, on ne sort alors pas de ce cadre. Sous aucun prétexte. Pour les discussions bilatérales, il y a le Ministre des affaires étrangères.

Notre Président de la République, un grand multilatéraliste? Laissez-nous nous esclaffer.

Emmanuel Macron en allant faire des mamours à Trump non seulement n’a rien obtenu mais a délivré un très mauvais signal, qui fut interprété par Trump, comme on pouvait s’y attendre, à la fois comme un gage de soutien et un acte de soumission. Sans compter la perte de crédibilité pour nos partenaires du groupe P5+1.

On ne raisonne pas un fou. Essayer de le faire est être plus fou que le fou, puisqu’il faut savoir parler le langage du fou sans être fou – ce qui est de la folie.

Pour influencer un fou, il faut s’attacher à agir sur son environnement pour y provoquer les changements qui éventuellement feront que le fou, qui n’est pas non plus dénué de facultés d’adaptation, adoptera « naturellement » le comportement souhaité.

Comme le répercute Guillaume Duval, le rédac’ chef d’Alternatives Economiques,:
« La scène a inspiré à Adam Gopnik, dans The New Yorker, un article hilarant, « Le sommet Macron-Trump et le facteur “pellicule”.
Ce qu’on y voit, écrit Adam Gopnik, c’est un homme qui surestime tellement son intelligence qu’il sous-estime l’autoritarisme têtu de l’homme qu’il cherche à conseiller. »

L’hubris délirant et les expédients de politique intérieure sont toujours nocifs en matière de politique extérieure, puisque c’est l’autre qui est à la fois l’objet et le sujet. Emmanuel Macron est une calamité en la matière, puisque tout ce qui ne se rattache pas directement à lui est nul et non avenu.

Il ne s’agit pas d’une bourde, mais bien d’une erreur fondamentale de conception et d’évaluation d’Emmanuel Macron, qui était déjà en roue libre en septembre dernier en face de Christiane Amanpour.

Addendum:

Frédérica Mogherini administre là une magistrale leçon de diplomatie à Jupiter. Voilà le discours qu’il fallait tenir à Trump sans jamais sans départir, ce que Macron n’a pas fait depuis an.

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