Hier soir, ce fut le Premier Ministre qu’on interviewa, pas le Président de la République.

Crédit Photo: l’Obs

Ce qui est ahurissant dans l’interview de Macron hier soir, ce qui est sans précédent, c’est de voir un PR aussi dépassé par la situation et qui, en fait, se prend pour et à été interviewé comme un premier ministre… C’est le gouvernement qui gouverne, pas le Président de la République.

Encore une dévalorisation supplémentaire de la fonction présidentielle qui ne montre qu’une chose: à quel point Emmanuel Macron est aux abois.

Sur la scène internationale, c’est la cata. Il vient de prendre une fessée déculottée en public en direct de la maison blanche.

Sur la scène européenne, c’est encore pire. Personne ne veut de sa « refondation » et les braillements continus de LREM énervent tout le monde.

Quant on ne respecte pas l’ordre institutionnel qui a été conçu pour survivre aux hommes, cela immanquablement un seul résultat:  les institutions fonctionnent mal. Nous sommes en plein dedans depuis 2007 et Macron pousse le bouchon là où aucun de ses prédécesseurs n’a jamais osé le faire.

Bref, encore une pirouette communicationnelle « et de droite, et de gauche » conçue pour faire de l’audimat grâce aux deux interviewers, et rien d’autre. Audimat que les marcheurs croient être un résultat en soi alors que ce n’est pas le cas.

Nous ressortons ce qui nous avions écrit durant la campagne à propos de la tribune de François Ruffin qui avait fait tellement couiner.

 

« Ne pas observer la colère et l’incompréhension de trop nombreux  français qui ont l’impression, à tort ou à raison, que leur vie leur échappe et que ce sont les dominants – les marcheurs sont perçus comme tels – qui ont toutes les cartes en main, c’est de l’autisme.

Ne pas comprendre que l’aventure personnelle et le discours d’Emmanuel Macron cristallisent cette colère en haine sur sa seule personne car se disant ni de droite ni de gauche,  est pure folie. Quand ce fut Sarkozy, on avait la droite à détester. Quand ce fut Hollande, on avait la gauche à détester. Là, on n’a uniquement Emmanuel Macron à détester.

Quand Emmanuel Macron parle de liberté sans jamais parler d’égalité, il ne propose qu’une seule forme de liberté, qui ne bénéficiera quoiqu’il en dise qu’aux 16% de français titulaires d’un diplôme Bac +5 – et encore pas tous, car il faut le filet de sécurité qui fait à la fois qu’on vous autorise à prendre des risques et que vous ayez les moyens de les prendre. La « Liberté »  n’est pas uniforme. Ce qu’entend Emmanuel Macron par liberté c’est  renoncer à encadrer certains aspect de la vie en société, de laisser libre cours aux  instincts de ceux qui en ont les moyens parce que réputés comme étant capables d’être socialement plus performants que les autres.

Entre faire sauter les fourches caudines et autres barrières à l’entrée verrouillant la société française et laisser faire ceux qui disposent déjà d’un capital – social, éducatif, culturel, familial, financier – parce qu’on croit qu’ils seraient en quelque sorte prédestinés à diriger ou à mener – il y a un univers. Ce saut quantique présente des risques considérables de finir en big bang, en trou noir.

 (…)
L’ensilage de la société française est tel qu’on ne prend pas la mesure de la détestation d’une bonne partie de la population pour les 24% de « nouveaux » ou « wanabee » bourgeois start-upers chefs d’entreprise innovants, durables et « connectés » qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour. Et cette détestation se concentre sur un seul homme. Elle s’incarne.
Emmanuel Macron se comporte déjà comme s’il avait été plébiscité. Son ton d’instituteur, curieux écho à celui de curé de François Hollande ou de copain de comptoir de Nicolas Sarkozy, n’augure pas bien.
Il nous faut faire très attention:  si le Parlement ne prend pas l’ascendant dès le 18 juin et fait séance tenante en sorte que Emmanuel Macron soit cadré et confiné à son simple rôle de chef de l’exécutif comme le prévoit notre constitution, qu’il ne se mêle pas directement du travail législatif et du gouvernement du pays, ce sera le chaos. Ça ne durera pas 100 jours et dès septembre un partie de la France sera dans la rue. Et on connait ceux à qui cela profitera.
Le Front National le sait. Que sa candidate passe pour une fumiste poissonnière déchaînée lui importe peu puisque le chaos n’a pas encore aujourd’hui atteint la masse critique susceptible de le porter au pouvoir, et dans 3 mois nombreux seront ceux qui ne lui en tiendront malheureusement plus rigueur. Alors dans cinq ans… »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.