De la rhétorique. Et du devoir. Donc du devoir de rhétorique.

Nous republions mesquinement notre correction mesquine d’un bazar aussi mesquin à propos de la « Ville de Demain » de 2016…
Cela nous semble utile à l’heure où on en enfile les mots plus pour leur sonorité que pour leur sens. Même Antonin Arthaud n’aurait pas osé!
Bref, du grand Eric Piolle, qui par ailleurs pourrait tout aussi être du grand Macron.

Correction, Devoir de Rethorique.
Elève Eric Piolle.

Appréciation générale : Comme l’a dit (méchamment) Clemenceau à Jaurès lors d’une de leurs nombreuses joutes oratoires à la Chambre : « On reconnait un discours de M. Jaurès à ce qu’il ne se conjugue qu’au futur ». C’est aussi votre cas. Parler du et au futur n’est pas synonyme d’être visionnaire. Votre auditoire le sait. Écrivez-vous des discours pour vous convaincre vous-même, pour le plaisir de vous entendre les prononcer ou pour convaincre votre public ?

Vous faites montre de lacunes en matière de raisonnement logique et de maîtrise des concepts. Vous peinez à décrire des liens de causalité. Vous donnez l’impression de juxtaposer des idées, d’empiler les redondances d’expressions toutes faites, de multiplier les tournures inappropriées sans aucune intention, ni ligne de force, ni conviction – manière d’écriture automatique faite par un ordinateur. Vous n’exposez rien, vous n’argumentez rien, vous de démontrez rien, vous ne concluez rien.

Comment donc voulez vous convaincre ?

 

Mesdames, Messieurs,

Des défis globaux jusqu’à l’école du coin de la rue, translation inadéquate car les défis globaux ne sont pas un lieu, l’école au coin de la rue, si. les villes du 21e siècle sont des actrices essentielles de la transition vers un modèle de société vivable et durable. Une ville, c’est bien sûr une histoire, écrite à des milliers de mains à travers les générations La population de la ville de Grenoble étant de 165 000 habitants et se renouvelant à peu près au rythme de deux générations, vous pouvez dans risque dire millions. Une bonne appréhension des ordres de grandeur prouve le sens de la mesure., ce sont également des paysages et puis des lieux Tautologie absconse : tout dans la géographie est un lieu et tout lieu est un paysage. Il n’y a aucune valeur morale ou esthétique consubstantielle à ces concepts, c’est pour cela qu’on parle d’un joli paysage ou d’un beau lieu car ils demandent à être qualifiés. Une ville, ce sont aussi des énergies, individuelles et collectives, qui se rassemblent autour de projets communs. Renversement logique et biais cognitif : une ville, c’est l’organisation rationnelle de l’espace par l’homme pour favoriser ses activités sociales, économiques, politiques et culturelles. C’est une vie de quartier qui s’organise au quotidien La ville n’est pas une vie quartier, c’est là que les personnes habitent, travaillent, créent, portent des initiatives. Lieu commun, redondance et mauvaise locution : on prend une initiative, on ne la porte pas. Seriez vous en train de dire qu’une initiative est un croix?.  C’est ici, dans les villes, et en lien étroit avec les territoires ruraux et de montagne, que s’inventent les nouvelles façons d’échanger, de travailler et de vivre ensemble. Non, la campagne ne s’invente pas à la ville et votre argument est à la fois productiviste et essentialiste puisque vous avancez que la campagne n’existe que parce qu’elle échange, travaille et vit avec la ville. Ceux qui habitent à la campagne n’habitent par définition par en Ville et donc ne vivent pas avec les citadins, ni géographiquement ni administrativement – même si les citadins peuvent bénéficier des avantages de la campagne et les campagnards de ceux de la ville. Pour relever les défis de l’avenir Il serait dur de relever ceux du passé et vous oubliez ceux du présent, les villes doivent s’organiser et réinventer leur capacités à résoudre les problèmes et les conflits, à tracer collectivement les perspectives qui donnent du sens à la ville vivable et durable. Encore un poncif plat et la redondance de «inventer » ! Vous êtes désespérant à nous répéter l’évidence, nous risquerions de croire que vous nous prenez pour des imbéciles et mal le prendre

Trois défis émergent tout particulièrement.

Délimitée par les montagnes, Grenoble est l’une des villes les plus denses de France. Là où les énergies énergie est un concept diffus, un mot fourre-tout qui ne veut rien dire. De quoi parlez- vous ? Des habitants, des activités des habitants, des activités des pouvoirs publics, des activités des entreprises ? Cela ne peut être résumé par le seul mot d’énergie d’hier étaient tendues vers l’expansion à part les villes nouvelles et celles issue de la récente fusion de communes, les limites de communes françaises – ce qui inclut les villes – sont fixées peu ou prou depuis la Révolution. Vous divaguez. et la sur-densification de la ville, demain elles devront porter une nouvelle approche de la densité, et relever une série de défis : Charabia ! Définissez « densité « ? Il n’y a pas d’autre définition que « nombre d’unité par unité de mesure (surface ou volume) ». Soit on augmente la densité, soit on la baisse. Il n’existe pas d’autre approche possible. Utilisez le bon mot et le bon concept à la bonne place, soyez précis.

valoriser l’espace et la nature en ville dans un contexte de crise du logement Que voulez vous dire ? L’unique objet de la ville est de valoriser l’espace en l’organisant rationnellement ; rien n’est plus artificiel, y compris la « nature » qu’on trouve en ville. Parlez-vous des espaces verts?  de permettre à chacun d’utiliser le juste mode de déplacement à l’heure où la qualité de l’air ne cesse de se dégrader Quel est donc « le juste mode de déplacement » ? Puisqu’il y existe des multitudes de modes de déplacement, comptez vous définir et imposer vous-même LE juste mode ? Si oui, dite le et précisez lequel, réinventer Votre vocabulaire est-il limité à « réinventer » ? les relations entre la ville et la montagne autour du tourisme 4 saisons (et la Pizza du même métal, non?)et de la mixité sociale, Vous juxtaposez deux termes, tourisme 4 saisons et mixité sociale dont le rapport n’a rien d’évident. Expliquez. etc. Quand on commence une énumération de termes non semblables, on finit toujours l’inventaire et jamais par etc. Autant d’actions qui confirment l’ambition de Grenoble à réduire les inégalités et à promouvoir le bien vivre en ville. Vous ne démontrez ni confirmez rien car vous n’avez établi aucun lien de causalité directe entre ce que vous avancez plus haut – c’est-à-dire rien puisqu’il s’agit d’une énumération inachevée – et « réduire les inégalités et à promouvoir le bien vivre en ville ». Votre pratique de la logique me pousse à me demander si vous avez bien le niveau de suivre mon cours et si un retour en propédeutique ne s’impose pas.

Le deuxième défi pour la Ville de Grenoble, c’est de continuer à redonner du sens à la production des biens communs et des services publics dans un contexte de raréfaction avancée des ressources, qu’elles soient naturelles, énergétiques ou bien financières. Non, on ne donne pas du sens à la production de bien commun et de services publics. On les mets en adéquation avec les besoins des usagers et les objectifs des politiques publiques Refonder progressivement, sur la base de la co-construction, le contrat qui relie la puissance publique locale à la société, refonder la confiance, renouveler l’usage de la démocratie locale, accompagner les initiatives citoyennes émergentes  : toutes les pistes qui proposent des issues collectives et positives  certaines issues ne trouvent que des réponses individuelles, pour en faîtes-vous l’omission ? aux décennies de crise devront être explorées. Le seul contrat qui lie la puissance publique à la société, c’est la constitution et la déclaration universelle des droits de l’Homme et toutes les lois et règlements qui en découlent. Parlez-vous de faire une réforme constitutionnelle alors que vous n’en avez pas le pouvoir ? N’êtes vous pas soumis à des lois zé règlements, comme le Code Général des Collectivités Territoriales, que vous n’élaborez pas ni ne votez ? Votre promesse est là dangereuse car vous créez de faux espoirs et vous vous détournez de votre mission qui est de gérer une ville, pas de transformer la société. C’est au surplus d’un égotisme stendhalien et d’une prétention sans nom que de vouloir le faire. Evitez le messianisme, vous n’êtes pas un prophète.

Enfin, le développement massif du numérique, dans l’économie comme dans l’information, le numérique n’est par définition que de l’information, binaire qui plus est, c’est pour cela qu’on parle de technologies de l’information… Vos confusions me laissent sans voix les transports ou la démocratie locale, transforme notre rapport à l’espace et au temps. Comment, expliquez ! Pour le numérique, je vous le concède, mais les transports, à l’échelle d’une ville, non. En quoi  la démocratie locale change t-elle notre rapport à l’espace et au temps ? L’émergence de l’économie du partage et de la collaboration transforme également notre environnement urbain. Lieu commun : toute économie est basée sur le partage, la collaboration et la mutualisation de ressources avant d’être concurrentielle : il n’y a pas de meilleur exemple que la ville où tous peuvent utiliser, par exemple, les infrastructures routières, les transports en commun ou les toilettes publiques – et tous les services publics qui ne sont que production commune  Au final, l’accès à l’information et à la donnée devient un nouveau facteur de construction et de répartition de la richesse, de l’information et de la participation citoyenne. Cette phrase n’a aucun sens. Reformulez et précisez Intégrer le numérique dans les champs d’action de la Ville est un outil pour bâtir un Grenoble plus solidaire, où chacun renforce son pouvoir d’agir. Expliquez comment le numérique renforce la solidarité et le pouvoir d’agir de chacun.

Pour répondre à ces mutations profondes, la Ville de Grenoble anticipe et mobilise l’ensemble des ressources d’innovation du territoire, qu’elles soient sociales ou économiques, technologiques, scientifiques, culturelles ou artistiques.

A cette fin, elle engage une démarche Grenoble, Ville de demain, fondée sur l’ambition de co-construire une ville vivable et durable à partir de la mobilisation de l’intelligence et de la capacité d’innovation des habitants ; une ville où le bien commun se co-construit et se partage. C’est déjà le cas, c’est une fois encore l’objet même de la ville, vous réinventez (vous voyez, vos redondances me tapent sur le cerveau) la roue avec une emphatique redondance (vous voyez ce que vous me faites faire !).

Grenoble, Ville de Demain, c’est la plateforme de la Ville de Grenoble pour rassembler les intelligences Redondance, on va finir par croire que l’intelligence n’existait pas avant vous puisque vous nous le répétez à l’envi autour des chantiers du 21e siècle. Quels sont-ils ? Cette démarche a pour objectif d’encourager toutes les formes d’innovations en favorisant les collaborations entre les différents acteurs qu’ils soient publics, académiques, économiques, issus de la société civile et cela grâce à plusieurs outils. Encourager n’est pas un objectif, c’est une intention.

Le premier outil, c’est La Fabrique : espace de dialogue et d’échanges entre élus, services, personnalités de la société civile, du monde économique, universitaires, la Fabrique doit permettre d’éclairer l’action collective. Vous renommez quelque chose qui existe depuis des lustres. Voulez vous faire de la politique ou du marketing ? Quelle forme prendra cette « Fabrique » : informelle autours des services de la Ville ? Association satellite financée par la Ville ? Ne sont-ce pas là des compétences de la Métropole ? Vous donnez l’impression de tout confondre.

Pour l’année à venir, ses travaux seront consacrés à l’élaboration d’une contribution à la Conférence Internationale « Habitat 3 » qui aura lieu à Quito au mois d’octobre 2016 et qui aura pour feuille de route l’édition du nouvel agenda mondial dans le domaine de la ville durable. Etes vous en train de nous dire que vous mobilisez le monde économique, la société civile, des universitaires les élus et les services municipaux pour rédiger une notice sur la ville de Grenoble dans un annuaire qui justifiera l’envoi d’une délégation à une conférence des Nations Unies qui aura lieu dans la capitale de l’Equateur et qui aura les mêmes résultats fracassants, source de changements coperniciens, que la COP21? C’est ce qui ressort de ce paragraphe.

Ce programme de travail sera élaboré cette année en partenariat avec l’université Joseph Fourier, l’Institut de Géographie Alpine et Grenoble Ecole de Management.

Au-delà de cet évènement, Grenoble, Ville de demain est la plateforme par laquelle la Ville de Grenoble va intensifier sa participation à des projets européens tournés vers la transition : appels à projet, partage de bonnes pratiques, fédération des réseaux de villes engagées dans la transition énergétique. Lequels ? Cela existe déjà sous l’égide du Comité des Régions crée en 1994, les financements du Fonds Européen de Développement des Régions ou le réseau CASH (Cities’ Action for Sustainable Housing), les programmes cardres de la DG Environnement, tous les fonds structurels, par exemple…

Deuxième outil : Les Ateliers. Ils visent à refonder les modalités de l’action publique en tenant compte à la fois de contraintes budgétaires inouïes et des nouvelles aspirations des habitants, parmi lesquelles la co-construction trouve toute sa place. Quelles sont ces nouvelles aspirations ? Énumérez-les et corroborez votre énumération avec les résultats d’une étude sérieuse et indépendante. Ils sont fondés sur l’innovation ouverte en associant au-delà des services publics de la ville, des partenaires universitaires, économiques ou de la société civile. Redondance. C’est pénible. A titre d’illustration, un atelier a d’ores et déjà été initié avec notamment le concours de l’Institut de Géographie Alpine sur la question de la place de l’information sur l’espace public.

Héritière d’une belle histoire avant-gardiste, installée au cœur des Alpes, Grenoble se caractérise par une extraordinaire diversité de talents. La démarche Grenoble, Ville de demain, s’incarnera également à travers d’autres outils Une démarche ne s’incarne pas au travers d’outils car un outil n’est pas de chair: les Appels à Projets et les Labels. Il s’agit de mettre en valeur et de faire connaître les initiatives, citoyennes ou professionnelles, qui mettent en mouvement le territoire grenoblois. Ces actions émergentes peuvent être initiées par un habitant, un collectif, une start-up, un industriel et dans des registres très diversifiés : innovation technique, sociale, environnementale, socioéconomique, etc. Chacun, par son histoire, par son expertise, peut contribuer à construire la ville vivable et durable dont nous avons besoin. N’est-ce pas là une compétence exclusivement métropolitaine ? Quel intérêt y a-t-il à multiplier les dispositifs qui ont les mêmes objectifs et qui feront double emploi ?

La démarche Grenoble, Ville de demain aura également pour vocation de proposer des temps publics d’échanges à partir des différents travaux issus de La Fabrique, des Ateliers collaboratifs ou des Appels à Projets.

Pour ce faire, Le Kiosque, autre outil, constituera une programmation de rencontres « grand public » sur une saison. Ouvert dès la saison 2015-2016, il continuera de se développer au cours des saisons à venir. Est-ce un lieu ? Est-ce une organisation ?

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