Complément d’info fausse nouvelle: 0% d’électricité nucléaire à Grenoble en 2022. Et nous interpellons M. le député Colas-Roy, membre du conseil d’administration de l’ADEME à ce sujet

Voir notre précédent billet sur la énième fausse nouvelle concue par ce qu’on doit maintenant appeler l’équipe de campagne d’Eric Piolle.

Nous n’avions pas l’intention de rentrer dans des détails techniques mais une internaute nous a envoyé ceci, qui démontre pourquoi ce que dit Eric Piolle est une fausse nouvelle. Cette internaute a le talent d’expliquer simplement un truc très compliqué. Lisons là!

« Plus sérieusement : le terme électricité « verte » désigne l’électricité produite uniquement à partir de sources d’énergies renouvelables telles que l’énergie hydraulique, éolienne, solaire, géothermique, houlomotrice et marémotrice ou encore l’énergie issue de la biomasse (bois, gaz de décharge, gaz de stations d’épuration d’eaux usées, biogaz…).
Une offre de fourniture d’électricité est dite « verte » si le fournisseur peut prouver qu’il a produit ou acheté de l’électricité d’origine renouvelable en quantité équivalente à la consommation des clients ayant souscrit à cette offre.

Pour prouver l’origine de l’électricité produite à partir de sources renouvelables, seules les garanties d’origine ont valeur de certification. La société Powernext assure la délivrance, le transfert et l’utilisation des Garanties d’Origine au Registre National des Garanties.
Il est physiquement impossible de déterminer la provenance de l’électricité livrée à un client donné. En effet, c’est la même électricité qui est livrée à tous les clients raccordés au réseau électrique français, quels que soient le fournisseur et le type d’offre.
L’électricité consommée en tout point du réseau français contient donc le même pourcentage d’électricité « verte ». En 2014, la part d’électricité « verte » dans la consommation totale d’électricité en France a été de 16%. »

Cette internaute (a) connaît bien son histoire et (b) a une fois encore le talent d’expliquer un truc très compliqué de manière simple.

Nous rajoutons:

  • C’est pour cela que dire « électricité verte » ou « 0% nucléaire » est mentir et/ou une fausse nouvelle. C’est bien le mix énergétique au niveau de l’ensemble du réseau qui importe, et le réseau étant depuis longtemps européen voir mondial, ben le mensonge n’est que plus flagrant;
  • Certains d’entre nous au GAM ont travaillé sur la problématique de la libéralisation dans les années 90, et notamment ont marqué à la culotte ce qui ce faisait lors de la création de la première « bourse » à l’énergie électrique en Scandinavie. Nous connaissons parfaitement les processus de compensation qui valent;
  • Dire qu’on a la capacité théorique de produire tant de GWh en matière « d’énergie verte » est une absurdité totale, car (a) la capacité théorique est très supérieure à la puissance livrée (et oui, un barrage ou un centrale nucléaire sont conçus pour livrer par « paliers constants » parfaitement calculés avec peu de contingences et jamais à 100% car c’est là que le risque est maximum, à commencer pour le réseau)  – ce qui n’est pas le cas des énergies renouvelables qui ne sont pas des énergies à production constantes par NATURE (et oui nature!); et
  • Vases communicants et bidule fluide: il faut effectivement être capable prouver ce qu’on dit, à l’entrée comme à la sortie. Ce qui est possible mais la puissance ne peut être garantie, ni à l’entrée, ni à la sortie, et encore moins aux points de lestage/délestage.

Donc on s’amuse à spéculer sur les prix spots (voir sur les marchés de gros les options, futures et autre produits dérivés adossés à l’énergie, et voir pourquoi les contrats « take or pay » ont été interdits en Europe pour la fourniture de gaz naturel, par exemple).

Financiarisation totale d’une commodité fondamentale, l’énergie électrique (relire « Ravages » de Barjavel). Tous ceux qui nous vendent de électricité verte spéculent. Elle n’est en effet jamais vendue au prix régulé mais sur des contrats dérégulés, bien plus juteux.

Une affaire de compensation donc est tout cela, l’énergie verte, ce qui fait les beaux jours d’opérateurs strictement financiers s’autoproclamant « fournisseurs » (alors que ce ne sont que des courtiers)  et des électriciens qui spéculent là dessus, parce que la production fluctue, et que donc il est dans leur intérêt (a) qu’elle fluctue beaucoup et (b) qu’elle soit en dessous de la demande ET surtout de la capacité réelle de production et pire, du point de délestage.

Les écologistes français sont les pires néolibéraux de la planète.

Monsieur le député Colas-Roy, après votre « raté » total sur la loi hydrocarbure, et puisque vous venez d’être nommé au Conseil d’Administration de l’ADEME, des commentaires et autres explications (de vous, pas des « experts » de l’ADEME – ce que nous verrons tout de suite). Vous avez là peut-être une chance de vous rattraper.

 

Eric Piolle: pourriez-vous être sérieux un instant? Merci. No more bullshit, dude! Parce qu’en fait d’un point de vue sociétal et environnemental, il n’y a rien de pire que l’électricité verte, non parce qu’elle est verte, mais du fait de la manière dont elle est vendue.

On vous le dit, on peut pas épingler des badges de traçabilité aux (très) petites oreilles des électrons.

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