Quand Olivier « Sylvestre » Véran s’occupe « d’économie réelle », on en a envie de le renvoyer à ses neurones miroirs

Voir le communiqué de presse ci-après.
veran

Méconnaissance profonde de l’entreprise. Méconnaissance  totale des marchés exports et des besoins des entreprises. Méconnaissance de la loi – régulation bancaire et code pénal. Méconnaissance du droit européen, marché intérieur et Union Bancaire.

Voir M. Véran qui n’est pas ministre mais simple député, se mettre en avant de la sorte alors que son travail est de faire la loi et non pas de mettre en œuvre la politique économique du gouvernement, qui ne l’a chargé à notre connaissance d’aucune mission en ce sens, est tout simplement risible. Et risqué, car on peut très vite tomber dans la prise illégale d’intérêt, le trafic d’influence voir pire en s’amusant à se faire le chantre de SICAV qui seront des sociétés privées, gérant de l’argent privé dans un marché concurrentiel, parce que produits financiers dont les parts sont vendues par des intermédiaires financiers… Sans compter de sérieux problèmes de concurrence et de régulation au niveau européen (Burde vi kanskje snakke med Fru Vestager om dette? Paa dansk, selvfölgelig).

Bref, on se situerait là à peu près au niveau de l’emprunt russe ou de l’Union Générale,  et cette affaire sent l’éléphant blanc. On voit que M. Jean-Michel Gliner, un financier « local », président d’InnovaFonds, est l’un des instigateurs de l’opération mis en avant par Olivier Véran (au moins M. Gliner lui est compétent, mais certainement pas désintéressé).

Disons le tout de GO: une SICAV ne pourra pas servir à financer les TPE, PME et start-ups et encore moins leurs exportations.  C’est une absurdité totale!

L’exportation consiste à vendre à l’étranger des produits fabriqués en France. Le financement des exportations est une problématique (a) de fond de roulement et (b) d’assurance, de couverture des risques – impayés, taux de change etc – et cela est déjà pris en charge par la COFACE, par exemple.

Qu’on nous explique en quoi un OPCVM (une SICAV est un OPCVM) va permette de financer des exportations, car c’est le cash-flow, le BFR qui doit être financé et pas le capital?

Nous voyons donc que pour des TPE, PME et start-ups désirant exporter, ce SICAV n’est d’aucune utilité.

Pour l’épargnant, c’est également parfaitement stupide d’investir dans un produit pareil parce que:

  • Droits de souscriptions conséquents
  • Frais de gestion très élevés
  • Les SICAV ne sont pas cotées en bourse. Le prix diffusé, ou valeur liquidative, correspond à la valeur du fonds divisé par le nombre de parts de la SICAV ajustée des frais de gestion
  • Une souscription à cours inconnu (la valeur liquidative n’est connue que le lendemain)
  • Il n’est possible de négocier les SICAV qu’une seule fois par jour. Aujourd’hui, les investisseurs se tournent vers les Trackers qui présentent les avantages des SICAV sans en présenter tous les inconvénients, notamment en termes de liquidité et de frais de gestion (lire on vend quand on veut et on se fait pas racketter à chaque transaction par le gestionnaire).

Pour le simple particulier, il vaut mieux placer son argent dans des assurances vie et autres produits existants proposés par des banques.

Par ailleurs, le concept même des OPCVM, c’est de gérer un portefeuille de valeurs elles cotées en bourse (action, obligation, monnaies etc.) car il faut bien à la fin de chaque journée publier la valeur d’une part de SICAV – c’est une obligation légale – valeur qui est la résultante des cours des différentes valeurs détenues par la SICAV. L’intérêt pour l’investisseur est un faible risque car ce risque est distribué sur un très grand nombre de valeurs différentes.

Les PME, TPE et autres start-ups ne sont pas cotées en bourse. Alors comment diantre va t-on pouvoir publier chaque jour, comme la loi l’impose, la valeur d’une part de cette SICAV régionale avec des valeurs mobilières pas cotées en bourse? Hein, comment?
On va faire tous les jours une valorisation financière par « due diligence » de chacune des entreprises dont le SICAV détient des actions?

Quel est l’intérêt d’une SICAV régionale dont la valeur liquidative sera égale à la somme des valeurs nominales, qui ne varient pas, des titres détenus divisés par le nombre de part de la SICAV? Aucun. Si ce n’est pour les gestionnaires et les intermédiaires…

Dans une optique de capital risque, c’est encore plus absurde.

Sans compter qu’avec des bidules pareils, on va très tomber sur des problématique à la fois d’équité de l’accès au capital et de concurrence.

Par ailleurs, si le financement par les banques de l’économie réelle est insuffisant, c’est parce que les banques françaises ne font pas leur boulot! Les TPE/PME se financent essentiellement par l’emprunt. Il s’agit donc de secouer les banques, mais ça non, houlà, non! Mettre les banques françaises en face de leurs responsabilités, autant exiger du Pape de se convertir au protestantisme.

Nous disons donc à M. Véran ce que nous avons dit à Mme Chalas à propos d’Alstom: ne parlez pas de ce que vous connaissez pas ni ne comprenez!

Des poncifs du genre « La croissance des PME est un enjeu majeur pour la performance de notre appareil productif » ne veulent strictement rien dire. Si une entreprise croit, c’est justement parce que son appareil productif est performant ex ante, pas ex post!
Une PME croit quand son chiffre d’affaires – son carnet de commande – croit. Point à la ligne. A moins d’absorber une autre PME, et c’est là de la croissance externe, qui revient à obtenir la croissance de son chiffre d’affaire en l’achetant au lieu de la développer.

On vous renvoie sur ce que ce patron de « start-up » pesant 5 milliards disait il y a peu. Et qui démontre et démonte par le menu l’absurdité de la politique économique menée Emmanuel Macron, son gouvernement et sa majorité, dont vous faîtes partie.

On vous signale enfin que le crowdfunding fonctionne déjà très bien, y compris pour les entreprises, et à bien moindre coût, de manière beaucoup plus efficace que ce bazar de SICAV, qui n’est somme toute qu’une version plus coûteuse et plus complexe que l’ancien CODEVI (aujourd’hui appelé « livret de développement durable »).

En vérité, nous vous le disons, c’est la « grande finance » qui ainsi cherche à « corner » le marché très fluide et non-négligeable du financement participatif avec la « complicité » des pouvoirs publics, d’un député et selon les dires de ce député, d’une ministre –  le tout en mettant en place des produits complexes et inutiles qui permettront de facturer de gras frais de gestion.

Aussi simple que ça.

En résumé, on ambitionne de collecter l’épargne – ce sont essentiellement les banques qui le font et c’est une affaire privée – et de la diriger via un produit financier complexe, une SICAV, vers le financement de TPE, PME et ‘start-ups’ sous forme de participation au capital alors que la plupart de ces entreprises n’ont pas forcément besoin de capitaux sous forme de participation mais beaucoup plus d’accès au crédit pour financer leurs investissements… Et on vient nous dire qu’il s’agit de financer l’économie réelle.
On nous prend soit pour des buses et l’agenda est tout autre que celui affiché, soit ces gens n’ont rien compris  à l’économie.

Il existe déjà tout un paquet de Fonds Communs de Placements dédiés à « l’innovation », qu’elle soit tous azimuts ou sectorielle, qui sont plus flexibles que les SICAV…

L’idée de ces SICAV régionales a encore muri dans l’esprit tortueux de quelque inspecteur de finances et procède  (a) de dirigisme d’état Pompidolien (ce qui ne fonctionne jamais), (b) d’entreprenariat « politique » et (c) de clientélisme quant à l’accès ses financements.

Tout ça pour faire passer la pilule des baisses d’ISF et de la flat tax en nous disant que ça ruisselle, tout en se mettant au centre du jeu alors qu’on est qu’un acteur aussi périphérique que négligeable.

 

 

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