Interconfessionnel, communautaire, identitaire: entrepreneurs politiques et clientélismes. En l’espèce religieux.

Crédit photo – Place Gre’net, Florent Matthieu

Coexister, tous les bidules interconfessionnels, « identitaires » (compris au sens premier), communautaristes etc. sont ce qu’on appelle en science économique des entrepreneurs politiques.

Ce que Burton Folsom définit comme suit:

« un entrepreneur est quelqu’un qui organise et conduit une activité commerciale en prenant sur lui le risque financier, alors que l’entrepreneur politique utilise de l’argent public pour faire du profit, ce qui limite considérablement sa prise de risque. »

Dans cet excellent article de Frédéric Mas qui s’applique à bien plus qu’au simple néo-féminisme mais à toutes les cliques (le terme « clique » compris au sens sociologique, vous voyez le schème?) confessionnelles, communautaires, catégorielles (par exemple « les pauvres » mais pas tous: les migrants pour les uns, les SDF pour les autres etc.), on peut lire une analyse lapidaire. Morceaux choisis.

« Nous pouvons ajouter d’autres caractéristiques à l’entrepreneur politique en nous inspirant de la théorie des choix publics : choisir l’entrepreneuriat politique, c’est viser la constitution d’une rente, c’est-à-dire d’une niche où le producteur peut écouler son produit sans subir les aléas du marché, grâce à sa capacité à tirer profit de la réglementation et de ses collusions politiques. (…)
« Parmi les entrepreneurs politiques, les entrepreneurs identitaires sont les plus en vue : ici, l’entrepreneur repère au sein du monde social une demande d’identité particulière, qu’il entretient par la propagande et la fabrique d’un discours idéologique (puis des revendications symboliques puis matérielles) taillé sur mesure pour le rendre visible dans le débat public. (…)

Pourquoi les politiciens professionnels écouteraient davantage ces entrepreneurs plutôt que directement leurs électeurs ? C’est une leçon que tout étudiant en science politique connait, ou devrait connaître, et qui nous vient du grand politologue Mancur Olson : il est plus facile de mobiliser, par exemple pour élire ou faire élire, des petits groupes aux intérêts clairs et déterminés, que des grands groupes aux intérêts flous (…) »

Nous voyons Eric Piolle dans un de ces exercices de clientélisme confessionnel qu’il affectionne tant et qui semblent être devenus la norme de nos jours, au mépris de la laïcité. Il ne manquerait plus que la Ville de Grenoble ait subventionné l’édition de ce calendrier « interconfessionnel » (qui est donc un calendrier religieux, et qui saurait être subventionné ni distribué en mairie).

Et avec cette phrase parfaitement hallucinante: « Je ne me suis jamais caché, je continue à être pratiquant catholique tout en étant agnostique, mais cela ne rentre pas dans ma fonction politique ! ». Pratiquant mais pas croyant, comme l’avait déjà déclaré durant la campagne de 2014, alors que participant à la 5eme édition des États Généraux du Christianisme en 2015, il avait déclaré dans une interview au magazine La Vie:

« L’Evangile est un moteur spirituel dans mon action politique »

La dernière fois que  nous avons regardé, l’Évangile était un livre religieux. Donc la religion rentre dans la fonction politique d’Eric Piolle, elle en est même le moteur.

Nous avons à notre tour une définition à proposer.

Tarfufe: littéraire, faux dévot; commun, personne fourbe, hypocrite.

Vous vous demandez pourquoi la société civile française est inexistante – ou plutôt pourquoi la « vraie » société civile n’a aucun poids, aucune voix? Parce que celle qui a le droit de cité est celle des entrepreneurs politiques, qui monopolisent et la parole et les ressources. Ils sont les principaux facteurs du clientélisme qui est la plaie de la France et la source principale de la corruption. Quand ces entrepreneurs politiques sont religieux, c’est aux fondements même de la République qu’on touche.

Les curés, les rabbins, les pasteurs ,et les imams n’ont rien à faire en tant que curés, rabbins, pasteurs, et imams dans une Mairie. Comme simples citoyens pour y faire leurs démarches administratives, ils sont bien sûr les bienvenus.

Le Maire n’a pas à les recevoir ou à leur prêter le salon d’honneur, ce qui est déjà une forme de subvention. Si ces organisations veulent organiser une manifestation, libres à elles. Libre également au Maire de s’y rendre. Mais pas à la Mairie. Et certainement pas aux frais de la collectivité, car « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

P.S. : Notons l’entreprenariat politique vaut également pour la start-up nation macronienne et pour une bonne partie des ‘associations », puisque le but du jeu n’est pas tant de créer une entreprise ou une activité viable que d’obtenir aides et subventions, comme le démontre cette superbe enquête du Postillon.

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