Macron et l’information

Nous écrivions hier que les dispositions pénales du code électoral contiennent un article, l’article L 97, qui caractérise un délit de fausse nouvelle punit d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

Cet article s’applique à tous ceux, qu’ils soient candidats, militants, médias, simple particuliers, qui répandent de fausses  nouvelles durant des campagnes électorales, qui ont un début et une fin officielle.

Il appartient donc aux commissions électorales et aux services électoraux de chaque préfecture de surveiller l’information en période électorale et de recevoir les doléances des candidats et citoyens, et, si la fausse nouvelle est avérée, de saisir le Parquet et/ou le juge de référés afin de faire prendre les mesures appropriées. C’est la seule bonne pratique reconnue internationalement en la matière.

Ce que nous voyons là c’est un pouvoir politique, une « caste administrative » centrale, une classe politique dans son ensemble incapable de comprendre la société parce qu’ils ne la contrôlent plus – ils ne l’ont d’ailleurs jamais contrôlée. Donc on va recourir à la censure, par laquelle le pouvoir va définir ce qui vrai et ce qu’on a le droit de voir, de lire et d’entendre. Il s’agit d’une dérive totalitaire grave, que nous voyons avancer à tous les niveaux de la société française, et qu’on voit par exemple la Municipalité grenobloise appliquer consciencieusement depuis 3 ans et demi par des moyens détournés.

Le pluralisme déplairait t-il?

C’est également le premier pas vers la fin de la neutralité d’internet.

Cette censure est bien sûr un mirage, car avant internet les fausses nouvelles se répandaient avec la même intensité et la même manière par d’autres moyens, le café du commerce, des tracts, l’affichage sauvage, les graffitis etc. On a pas entendu le net pour faire de la subversion. Voir par exemple comment les Rois de France et l’église catholique ont systématiquement cherché à contrôler l’imprimerie depuis son invention, ce qui, entre autre, mena à la révolution française. Là, c’est la même chose: on cherche à contrôler les médias et un en particulier, internet, qui met au bout des doigts de chaque citoyen une somme d’information extraordinaire et permet à chacun de partager ses opinions.

Nous voyons donc que Macron n’est pas forcément meilleur que Trump. Il est peut-être même pire car aux USA, la constitution pose la liberté totale d’expression comme un principe fondamental sur lequel même les juges conservateurs les plus tordus de la Cour Suprême n’oseraient revenir. En France, ce n’est pas le cas, puisque le Conseil Constitutionnel n’est pas une autorité judiciaire.

La France est classée 39eme au classement mondial de Reporters Sans Frontière, derrière de pays comme le Surinam, la Slovaquie, la Namibie, l’Uruguay, le Cap Vert, le Ghana, le Chili etc… C’est beau non, pour le « pays des droits de l’Homme »?

On dirait que nos chers politiques redoutent une chose par dessus tout: des citoyens bien informés, capables d’accéder à de multiples sources d’information, à des points de vue différents, pour par l’usage de leur libre arbitre se forger leur propre opinion. Pis, ils semblent continuer à mépriser la capacité de chacun à séparer le bon grain de l’ivraie ainsi que la liberté de se tromper, tout comme ils méprisent la capacité de la presse à le faire et à relayer clairement ses démonstrations de ce qui est vrai et de ce qui est faux.

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