L’Europe dans une impasse?

Nous vous le disions. L’Europe ne pourra pas imposer de sanction à la Pologne car ces sanctions se décident à l’unanimité moins celui qui est concerné , et la Hongrie a toujours dit qu’elle s’y opposerait. Forcément, les mêmes sanctions lui pendent au nez.

  • Outre l’évidence que l’élargissement a été fait n’importe comment, trop hâtivement et en deux vagues au lieu d’un traitement pays par pays, et ce pour de basses raisons de business, à savoir l’accès à une main d’œuvre qualifiée à bas coût et l’accès aux consommateurs des nouveaux entrants;
  • Outre l’évidence que certains pays semblent faire partie de l’Europe que pour les fonds structurels (les fonds structurels perçus par la Pologne chaque année sont l’équivalent de la croissance de son PIB) et refusent de faire face aux obligations européennes qui ne leur conviennent pas; et
  • Outre le fait que ce n’est pas le cas de tous les PECO car certains se montrent être des partenaires européens sincères et constructifs, comme la Roumanie et la Bulgarie par exemple;

force est de constater que nous avons là un très sérieux problème. Car il s’agit des principes fondamentaux de l’Europe, puisqu’en Pologne on parle tout de même de l’indépendance de la justice.

On pourrait dire « mais qu’on a été bête, on aurait mieux du d’abord les inclure dans l‘Espace Économique Européen (c’est à dire le marché commun) et leur donner le temps de s’adapter en les aidant, ce qui aurait demandé le temps d’une génération ». Cela ne changera rien à l’affaire, et l’impasse est non seulement  bien réelle, mais puisqu’elle concerne les principes fondamentaux de l’Europe, elle engage sa survie même.

Comment donc sortir de cette impasse?

Non pas avec le mantra macronien d’une Europe à plusieurs vitesses, qui n’est que la reprise d’une vielle antienne de Jacques Attali et qui ne vise nullement à améliorer son fonctionnement, juste à obtenir pour notre Président une Europe à sa taille (c’est dire s’il n’est pas si grand que ça). Personne n’en veut et une Europe à plusieurs vitesse n’a en soi aucun sens puisque cela existe déjà; UE, EEE, Eurozone, Schengen etc.

La seule possibilité raisonnable et réaliste est bien celle avancée par Martin Schultz lors du début des négociations d’une grande coalition gouvernementale en Allemagne: reprendre tous les traités européens, rendre  inconditionnels les principes fondamentaux européens qui par ailleurs sont dérivés de ceux du Conseil de l’Europe, organisation plus vaste œuvrant au renforcement des normes juridiques en matière de droits de l’Homme, de droits fondamentaux et de démocratie.

Ceux qui s’y refuseraient se verraient de facto et de jure exclus de l’Union Européenne, tout comme ceux qui à l’avenir ne respecteraient pas ces principes fondamentaux.

Il n’y a pas à tergiverser: certains font profession de refuser un principe aussi fondamental que l’indépendance de la Justice mais exigent en revanche des fonds (rappelons que la Hongrie est depuis sont entrée dans l’UE sous surveillance et assistance budgétaire, ce pays étant perpétuellement au bord de la cessation de paiment). La norme devrait être qu’un pays à titre aux fonds européens à partir du moment où il respecte les principes européens. Sans ce respect, on commence par couper les fonds. Si l’irrespect se poursuit, on suspend, puis on exclue.

Mais bon, vous nous direz que les négociations d’adhésion de la Turquie n’ont pas été suspendues malgré le régime de Erdogan…

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