Et c’est reparti pour une grande dose de compassionnel à deux balles pour que nous arrêtions tous de penser.

Entre BFMTV qui annonce fièrement que Macron ne dormait pas encore quand il a appris la mort de Johnny (qu’on a appris à 23h30), Aurore Berger qui déclare que son décès est l’équivalent de celui de Victor Hugo remportant ainsi la palme de la cruche 2017, et l’Élysée qui n’a pas encore décidé de funérailles nationales (wtf?)…

Et tous les politiques à deux sous parfaitement incapables de rester dans la sobriété comme Eric Piolle, Estrosi (qui déclare déjà qu’il y aura une rue Johnny Hallyday à Nice) etc…

Vite, exploitons le cadavre pendant qu’il est encore chaud, car maintenant il ne peut plus protester!

Soyons clairs: Johnny a été le plus grand imitateur de l’histoire de la musique populaire, certes d’un grand talent (on arrive pas où il est arrivé sans, et pas non plus sans un gros paquet de boulot). Il n’a jamais rien inventé, il s’est contenté, drivé par des directeurs artistiques malins, de copier, de pomper éhontément et systématiquement les autres, comme lorsque, s’étant rendu compte que Johnny Cash avait donné un concert à la prison de Folsom, il avait fait des pieds et des mains pour faire la même chose en France, et, se voyant opposer un refus, était allé jouer dans une prison suisse.
Son succès n’a été rendu possible que par le nombrilisme français en livrant une version à la fois faussée et ridicule de l’Amérique. Johnny est effectivement une partie de la France. Ses prises de positions politiques sont sujettes à caution. Et cela n’est en rien une injure à son public et à ses fans, et encore moins un rejet de ce qui est « populaire », parce que ce n’est pas le public qui définit ce qui est populaire, depuis fort longtemps. Et ils ne sont nullement en cause, puisque leur affection elle est sincère, contrairement aux atermoiements de circonstance qu’on entend de partout.

La mort de Johnny c’est la fin du fallacieux fantasme français de l’Amérique, qui emporte en premier chef ceux qui nous le vendent.

Même si son talent – et son travail acharné – est indéniable, même si ce fut une immense star, c’est très loin d’être l’artiste français le plus intéressant de son époque dans son genre: les Dutronc, Ferrer, Gainsbourg etc. sont beaucoup importants. Et d’ailleurs ils  bénéficient d’une réelle reconnaissance à l’étranger, reconnaissance que Johnny n’a jamais eu ailleurs qu’au Québec, en Belgique et en Suisse.

Que Johnny décède à 74 ans n’a rien de choquant, c’est dans la logique de choses. Vivre tue.

Mais là c’est parti pour des semaines de compassionnel, ce qui est très pratique car le compassionnel empêche les gens de réfléchir, de se préoccuper de ce qui est important. Pendant qu’on pleure des morts qui ont l’exquise qualité de ne plus rien nous demander, on ne fait pas autre chose.

La 6eme ordonnance travail, qui va mettre à mal le rôle des délégués syndicaux. Le bazar qu’a semé Macron en Afrique et qu’il va encore semer en Algérie, alors que la crise provoquée par Trump (et la filière israélienne de l’affaire russe) au Moyen Orient risque de provoquer une guerre régionale voir pire, etc…

Alors Johnny, là de dedans, ne pèse que le poids de son cadavre.

« A la fin de partie, le pion et le roi retournent dans la même boîte ». Proverbe italien.

Et il suffit qu’on nous dise quand et pour quoi rire ou pleurer.
Ceux qui veulent pleurer le décès de Johnny ont la liberté de le faire. Ceux qui ne le veulent pas, aussi.

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