Glyphosate: outre une déculottée infligée à Macron par les Allemands, encore une gigantesque défaite des écologistes

On n’entend tout et n’importe sur cette affaire, et surtout dans un sens complotiste. Donc débunkons.

  1. Non, Monsanto n’a pas « acheté » l’autorisation. Monsanto a financé des études scientifiques dont les protocoles sont parfaitement connus, et dont les résultats sont à la fois vérifiables et reproductibles. Les anti-glyphosates eux se sont contentés de hurlements et de jouer sur la peur des consommateurs. Quant il s’agit d’autoriser ou d’interdire une substance chimique, cela se fait TOUJOURS sur des bases scientifiques! Il faut donc un consensus scientifique, dans un sens comme dans l’autre, c’est à dire un ensemble de faits reconnus par la plupart des scientifiques et  établi par un processus connu de tous. La nocivité des phtalates dans les biberons par exemple a fait l’objet d’un consensus scientifique: ils ont été interdits!
  2. Les écologistes et les ONG n’ont pas été capables d’avancer des arguments scientifiques suffisant pour justifier l’interdiction du glyphosate. Ils n’ont joué que sur les peurs, pour des raisons souvent moins honorables que leurs intention affichées (par exemple la recherche de dons des particuliers pour Greenpeace). Dans ces conditions là, ils perdent forcément.
  3. Non, l’OMS n’a pas classifié le glyphosate comme un cancérogène probable. C’est le CIRC qui l’a fait, sauf que le CIRC ne s’occupe absolument pas de l’évaluation et de l’analyse des risques mais de fait qu’identifier des pistes de recherche qu’il est souhaitable d’explorer, ce que d’autres – les agences nationale ou transnationales, les instituts de recherche etc. – font. La nuance est de taille et est de la même nature que suit: une femme qui se fait dépister le cancer du sein ne souffre pas forcément d’un cancer du sein.
  4. Les évaluations des risques que présente tout produit chimique mis sur le marché en Europe est systématiquement faite. C’est un processus lourd et long appelé REACH conduit par l’ECHA et en ce qui concerne les substances pouvant se retrouver dans l’alimentation, l’EFSA
  5. Le Glyphosate n’est pas l’herbicide qui est le plus dommageable à l’environnement. L’Isoproturon, herbicide sélectif autorisé, est par exemple beaucoup plus nocif. Pourquoi donc personne n’en parle?

Dans cette affaire du glyphosate, tout le monde – sauf l’industrie – réagit de manière émotionnelle. C’est à dire que les tenants de l’interdiction du glypohosate sont dans l’incapacité de penser rationnellement le problème, d’où l’émergence de théories complotistes, genre « les lobbies ». Pour utiliser le vocabulaire des économistes comportementalistes, si l’issue du jeu ne convient pas au joueur alors le joueur dans le cas précis de l’émotionnel est incapable de comprendre l’issue du jeu et reste sur sa position qui n’a pas été formée de manière rationnelle en premier chef.

Dans tous ces types de dossiers – on a  pu le voir avec la directive Novel Foods en 1997 par exemple – finit toujours pas émerger un consensus scientifique sur lequel se base une décision de politique publique. Sans ce consensus scientifique, pas de décision d’interdiction.

Les écologistes et les « ONG », plutôt que de jouer sur les peurs et d’écrire un peu n’importe quoi pour des raisons qui n’ont que peu à avoir avec la protection de la santé humaine, de la biodiversité et de l’environnement mais la communication politique voir des campagne dons, feraient mieux de s’attacher à faire en sorte que la formation du consensus scientifique s’accélère en contribuant de manière scientifique au débat. Sans cela, ces même écologistes et ces mêmes ONG ne connaîtrons que défaites.

Pooler leur ressources (qui sont très importantes) ou bien lancer une campagne de financement participatif pour financer des études scientifiques sérieuses, cela ne leur est bien sûr par venu l’esprit, aux écologistes et aux ONG!

Mais il est vrai que, comme nous le voyons quotidiennement à Grenoble, seule leur propre vérité décidée de manière dogmatique à priori intéresse les écologistes, et qu’ils sont suffisamment névrosés pour l’imposer au monde.

Pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés par un état des lieux des connaissances scientifiques sur le glyphosate, voir cet article abondement sourcé et documenté

Quant à la promesse de Macron d’interdire le Glyphosate sous 3 ans, c’est du pipeau. Voilà pourquoi:

  1. Un État Membre ne peut interdire un produit autorisé dans l’UE (dans le marché intérieur) sous peine de très coûteux contentieux (CJEU ou pire arbitrage CETA)
  2. Si un État Membre souhaite interdire un produit, alors il faut qu’il démontre scientifiquement qu’il existe un ou plusieurs produits de remplacement équivalent présentant la même « efficacité », ce qui est loin d’être établi aujourd’hui.
  3. Sinon tout ce qu’un État peut faire c’est de contrôler de manière plus stricte l’utilisation d’un produit en justifiant ces restrictions. En clair, rendre son utilisation moins rentable.

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