Ça serait bien qu’on arrête de prendre les perses pour des prunes

C’est vrai, l’Iran ne cherche pas à dominer le Moyen-Orient.
Comme les sunnites avec leur « oumma » ou la France avec les Chrétiens d’Orient, ils protègent les chiites, les leurs.

On est plus en 1986.

Macron ayant fait apparemment le choix d’être un cadavre dans les mains des saoudiens au prétexte de médiation mais en fait utilisant le vide que laisse Trump et que les russes, matois, lui laisse occuper (car si ça pète, ils ramasseront la mise),  quelques petits rappels, comme ça, posés délicatement sur sa table de nuit pour qu’il les ait demain en se réveillant à 4 heures du matin.

  1. Sans le coup d’état monté par Kermitt Roosevelt, la CIA et le SIS contre Mosadegh, on aurait pas eu les Mollah! Les perses ont inventés l’État moderne et la notion de citoyenneté généralisée, comprise comme le droit du sol: tous ceux qui se battaient dans les rangs des armées perses antiques étaient considérés comme des citoyens à part entière, pas de simples supplétifs quand ils n’étaient pas perse. Pas le cas ailleurs dans l’antiquité.
  2. On ne peut blâmer l’Iran si l’Arabie Saoudite se prend coup sur coup deux énormes défaites militaires et surtout politiques, une en Syrie, l’autre au Yémen (guerre inique pour laquelle elle devra rendre compte)
  3. On ne peut blâmer l’Iran si l’importance stratégique d’Israël s’est réduite en peau de chagrin, parce que c’est le fait des gouvernements israéliens successifs depuis 22 ans, depuis l’assassinat de Rabin.
  4. On ne peut blâmer l’Iran si l’Irak est en majorité chiite, et que les kurdes s’entendent mieux avec les chiites qu’avec les sunnites.
  5. On ne peut blâmer que l’occident (pour le coup c’est vrai) pour le fait que la mosaïque libanaise soit ce qu’elle est. Le Hezbollah est aujourd’hui un parti politique, certes issu d’une guerre civile,  qui a montré sa capacité à faire des concessions, et qui reste une force paramilitaire puissante contre laquelle Israël  s’est cassé le Merkava depuis 30 ans – comme  peut près tout le monde. Ce qui est un problème. Mais quand on ne sait vaincre, on négocie.
  6. L’Iran respecte ses engagement en matière nucléaire. Nous n’avons aucune base juridique pour imposer une réduction de ses programmes balistiques, ce qui signifie qu’il faut négocier. Et oui, les iraniens sont de redoutables négociateurs.

Le régime Iranien n’est pas un modèle,  bien au contraire, même s’il y a une évolution lente. Mais ce régime est rationnel, et un interlocuteur « sincère », au sens partie prenante à des négociations et ayant démontré sa volonté et sa capacité à tenir ses engagements: le respect de l’Iran des accords sur le nucléaire l’illustre, et il est impératif de le porter à son crédit. Les Iraniens jouent le jeu et n’ont pas l’intention d’arrêter la partie ni de changer les règles en cours de partie. Ils savent que ce serait folie que le faire.

Jouons-le nous aussi,  le jeu. Sans changer les règles en cours de partie au prétexte que d’autres, dont les intérêts ne sont pas nôtres, et qui ne sauraient dicter la politique étrangère de la France et de l’Europe, nous le demandent.

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