En matière de collecte des déchets, la Métro prend le même chemin que Naples.

Cela aurait ou faire l’objet d’une consultation par vote des habitants, mais non, on impose.

Nous les avions venir de loin, ce billet le démontre.

C’est marrant comme 3 ans avant les élections on s’assure que tout ce qui est lancé va générer de très juteux marchés publics ( (300 millions d’euros + les redevances payées par les usagers) pour le business, sans jeu de mot, le plus sale d’Europe en matière financière.
Alors on va vous expliquer comme cela va fonctionner et quels vont en être les conséquences.

C’est bien sûr sur le scénario punitif que le choix de l’exécutif métropolitain s’est porté. On va encore nous dire que c’est innovant et solidaire,et blablabla.

 

De quoi s’agit-il? Il s’agit de faire payer aux ménages une redevance – et non plus une taxe – en fonction du volume de déchet qu’ils génèrent, comme c’est fait à Besançon et a induit une augmentation moyenne de plus de 30% du coût de la collecte des déchets ménagers. Et c’est bien évidement la pire solution qui soit.
Les collectivités ont deux possibilités pour “facturer” la collecte des déchets ménagers, la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères ou bien la Redevance d’Enlèvement des Ordures Ménagères. Pour plus de précisions, voir ici. https://www.service-public.fr/parti…
Dans le cas d’une facturation de l’enlèvement des ordures en fonction du poids ou du volume, il s’agit d’une redevance.
  • Cette redevance n’est payée que par les ménages et les copropriétés qui ont choisi d’utiliser le service d’enlèvement des ordures, service qui n’est pas obligatoire.
  • Les ménages qui ont choisi de ne pas utiliser ce service doivent bénéficier d’un accès GRATUIT à des points de dépôt des déchets et/ou aux déchetteries
  • On nous fait payer deux fois le prix de nos déchet, comme contribuable et comme usager
Les conséquences d’un tel système sont les suivantes:
  1. Une redevance injuste car la quantité de déchets générée par un ménage ne dépend pas de ses revenus mais du nombre de personnes le composant
  2. Cette redevance ne concernant que l’enlèvement et non pas le traitement des déchets, elle ne permet pas d’assurer les investissements nécessaires à l’infrastructure de traitement des déchets, et n’étant pas obligatoire, elle a pour effet de surenchérir immédiatement et ce quelque soit la baisse attendue des déchets collectéset non pas produits – par les ménages. Par exemple, à Besançon, on a constaté une baisse de l’ordre de 30% des déchets collectés sans savoir si cette baisse est due au gens qui ont fait le choix de ne pas utiliser ce système (qui est facultatif) ou bien au fait qu’une partie des déchets rentre dans le système par une autre manière (points de collecte et déchetteries) ou sont “traités” autrement…
  3. Dans les faits, cela revient à créer une situation à la napolitaine et à la multiplication des décharges sauvages
  4. C’est une mesure absurde et parfaitement clientéliste car la collecte des déchets et leur traitement font partie de la même chaine et dépendent tous les deux des pouvoirs de police de la salubrité des Maires, et sont des services publics obligatoires
  5. Cette redevance ne résout en rien le problème des déchets qui ne sont pas créés par les ménages mais bien amont, par l’industrie et les emballages. Il serait donc beaucoup plus judicieux d’augmenter les taxes sur les emballages et d’interdire, par exemple, les emballages individuels, d’augmenter la taxe sur les bouteilles en PET afin de rendre les bouteilles en verre consignées compétitives etc.
  6. La mise en place et l’opération d’un tel système ne bénéficiera qu’aux opérateurs privés qui tireront grand profit de la complexification d’une problématique fort simple, la collecte des ordures. Et ce surcoût ne justifiera en aucun cas des gains d’efficacité quasi-nuls, puisque ce sont pas les ménages qui dans les faits produisent les déchets mais les industriels!
  7. Si jamais on venait nous parler de moduler la collecte des déchets ménagers selon le quotient familial, alors on serait dans le même cas de figure que pour le stationnement: parfaitement illégal et annulation par la justice.
A ce compte là, pourquoi donc les habitants n’ayant pas d’enfants scolarisés  paieraient-ils des impôts pour financer la scolarité de ceux qui en ont? La note fiscale présentée aux parents ayant des enfants en maternelle et en primaire tournerait autour de 20 000 euros par an et par enfant tout compris (amortissement des bâtiments, fluides, personnels, matériels etc.). Nous serions assez pour ce genre de mesure si le principe de l’école de la République accessible a tous n’était pas l’un des fondements de notre société.
Ou bien de faire payer le traitement des eaux usée en fonction du nombre de fois où on tire la chasse…

Bref, encore une usine à gaz qui ne résoudra rien et qui va faire porter le poids aux ménages du manque de courage politique généralisé des élus par lequel on ne veut pas régler le problème, qui est celui du suremballage des produits de consommation courante.

 

Il serait bon que la Métro arrête la course à l’échalote écologique et réfléchisse un peu, car l’écologie qu’on nous propose n’est que le cache-sexe, le prétexte d’un individualisme forcené auquel cherche à répondre un clientélisme politique éhonté.

Certaines problématiques ne peuvent se résoudre qu’à un niveau collectif par un effort collectif et non pas par la somme de comptes d’épiciers individuels et de petits avantages accordés à telle ou telle clientèle politique.

C’est le cas de la gestion des déchets, leur collecte comprise. Il faut donc conserver la taxe qui est juste, obligatoire, payée par les propriétaire ou les usufruitiers (qui peuvent certes la répercuter sur les charges locatives).

Et conserver la collecte des déchets dans le service public,  ne surtout pas la privatiser (sinon situation à la napolitaine, une fois encore, les déchets étant un domaine de prédilection des mafias parce que permettant de laver de l’argent à très grande échelle).

Comment peut-on se dire écologiste et ne pas comprendre que la maîtrise totale des déchets tout le long de la chaîne de leur traitement est impérative?

Car, si la collecte n’est plus obligatoire, rien n’empêchera des sociétés privées de proposer de faire cette collecte à un prix moins cher que la collectivité – voir au noir – et là, c’est voir Naples et mourir…

La redevance n’est ni plus ni moins qu’une marchandisation des déchets, qui aura immanquablement des effets pervers importants, de gens qui mettront leurs ordures dans la poubelle des voisins (Les poubelles badgées ne pouvant être ouvertes que par leur utilisateur est une farce. Un bagde, ça se clone. ) jusqu’à des trafics à très grande échelle comme on l’a vu par exemple avec les quotas de CO2 ou bien, une fois encore, à Naples, puisque les déchets étant devenus une commodité et non plus la seule responsabilité des collectivités, ils seront échangeables et monnétisables.

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