Non Emmanuel Macron, il n’y a pas – encore – de génocide des Rohingyas

M. Macron,

le crime de génocide est clairement définit en droit international. Comme suit:

« Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel: a) Meurtres de membres du groupe. b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe. c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique, totale ou partielle. d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. » (Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948)

Cette définition circonscrit l’acte de génocide à l’intérieur d’un cadre bien précis. Cinq hypothèses sont listées et sont soumises à des critères cumulatifs qui doivent être avérés afin de constituer le caractère génocidaire d’un crime international.

Ce qui est en train de se passer en Birmanie – et qui par ailleurs dure depuis des décennies, depuis 1962 pour être précis et l’arrivée au pouvoir du dictateur Ne Win –  c’est la persécution d’un groupe ethnique et son expulsion manu militari, persécution et expulsion qui s’accompagne de crimes et d’atrocités indicibles. Privés de la nationalité birmane en 1982, les rohingyas n’ont aucun droit politique, économique et social.

Depuis octobre 2016 et la fondation de L’Armée du Salut des Rohingyas de l’Arakaran, l’État de l’Akaran est dans les faits en état de guerre civile. Si la situation des Rohingyas est tout bonnement inacceptable depuis 1962, alors que tout le monde la découvre bien qu’elle fut parfaitement connue et que les politiques de « birmanisation » forcée ne datent pas d’hier, ce qui a changé c’est le passage à la lutte armée, avec une organisation dirigée par un Rohingya, Ata Ullah, né à Karachi (Pakistan) et ayant grandi en Arabie Saoudite. Vous le voyez le danger?

On peut en revanche parler de nettoyage ethnique – mais qui une fois encore ne date pas d’aujourd’hui –  puisqu’il s’agit de bouter hors de Birmanie une minorité ethnique qui ne bénéficie déjà d’aucun droit.

La situation inhumaine des Rohingyas est avant tout une problématique régionale. Par conséquent s’en mêler directement comme vous avez annoncé que vous le ferez risque au contraire de faire empirer la situation, comme à chaque fois que des balourds d’occidentaux mettent leurs gros pieds dans un plat dont ils n’ont pas la première connaissance. Il s’agit donc plutôt de faire pression sur les pays de la région pour que eux fassent pression sur la Birmanie. Sur la Chine et l’Inde (qui refuse les réfugies) en premier chef.

Il serait malvenu que vous utilisiez l’horreur de la situation vécue par les Rohingyas à des fins de communication, car les Rohingyas, avant d’être musulmans, sont d’abord une minorité ethnique. Ils ne parlent pas le lolo-birman mais un dialecte du bengali.

Il faut faire attention au  vocabulaire qu’on utilise, parce que ni vous, ni personne ne peut décider de la définition de ‘génocide », qui est établie par des traités internationaux et ce crime est carractérisé et jugé par la CPI.

Génocide non. Pas encore. C’est pour cela qu’il faut marcher sur des œufs. La politique du sac de riz sur l’épaule a provoqué suffisamment de catastrophes depuis 40 ans.

Persécution depuis de plus de 50 ans et nettoyage ethnique depuis 2012, oui. Indéniablement.

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