Les marcheurs en roue libre à la rentrée…

Après notre ami le député Colargol qui veut être « le député de demain » alors qu’il l’est déjà aujourd’hui et qui visite des classes dédoublées (on pourrait pas laisser les élèves tranquilles au lieu d’en faire exploitation politique complaisamment relayée par le DL?), on peut lire Émilie Chalas aujourd’hui dans le DL en roue libre, façon YOLO.

A – « La démagogie au service des grenoblois »

Pourriez-vous, chère Mme la Députée, nous expliquer le sens de cette phrase, car elle ne veut rien dire.

Vous affirmez que la démagogie d’Eric Piolle est au service des Grenoblois, ce qui est déjà mieux que le gouvernement et les députés LREM qui sont au service d’on ne sait pas qui ni quoi mais certainement pas au service des citoyens, qui, vu la cote de popularité du PR et du PM, l’ont bien compris.

Eric Piolle devrait effectivement être plus circonspects dans ses déclarations, mais pas pour les raisons que vous citez, Madame Chalas, plutôt pour celles-ci.

B – Sur les contrats aidés

Votre dogmatisme idéologique, Mme Chalas, est l’équivalent de celui du Maire de Grenoble.

3 milliards d’euros par an pour 300 000 emplois aidés, cela représente 10 000 euros par emplois.

CICE, vous savez, la superbe invention de Macron: 24 milliards d’euros pour 100 000 emplois tout aussi précaires maintenus ou créés (et oui, les deux cumulés), soit 240 000 euros par emploi.

Vous voulez parler d’efficacité économique, Madame Chalas? D’un côté 10 000 euros par emploi essentiellement dans le secteur non-marchand destiné à des concitoyens en très grande difficulté, de l’autre 240 000 par emplois pour des gens n’ayant que de peu problèmes d’accès à l’emploi. Alors nous ne savons pas quelle notions d’économie vous avez ni quelle est votre conception de efficacité, mais nous sommes perplexes. Très perplexes

Non seulement les emplois aidés sont plus efficaces économiquement, mais en plus il sont très efficaces socialement puisque (a) permettant à des chômeurs de longue durée, souvent peu qualifiés de revenir dans « le monde du travail » (ce qui n’est pas une mince affaire en matière d’estime de soi, chère Madame) et (b) sont critiques au fonctionnement de pas mal de choses, collectivités, écoles, associations etc. Vous parliez de handicap? Expliquez nous pourquoi 105 enfants handicapés dans le Nord ont été privés de rentrée scolaire pour cause de suppression des emplois aidés?

Vous racontez donc n’importe quoi.

C – De la baisse de l’ISF

Là encore, vous vous lancez dans une argutie sans nom. Bien sûr, la baisse de l’ISF à quelque chose à voir avec les emplois aidés puisque cela dénote de choix budgétaires, donc politiques plus que contestables, donc contestés.
La baisse de l’ISF de 4 milliards par an, soit plus que le budget des emplois aidés. Pour une analyse au cordeau, voyez donc ici. Cela date du quinquennat de Sarkozy, mais l’analyse est toujours valable.

Vous nous dîtes – et on atteint des sommets de novlangue – « il ne s’agit pas d’une baisse mais d’un remodelage de l’ISF ». 4 milliards de baisse de cet impôt n’est donc pas une baisse. Explications, s’il vous plaît?

Vous poursuivez en affirmant que ce « Cette transformation (NDR: encore ce mot qui ne veut rien dire) permettra de relancer l’intérêt des capitaux privés pour le financement de l’économie réelle ». Mais nondidjou: cela ne veut encore strictement rien dire.

  1. La « trickle down economics » – l’économie du ruissellement – ne fonctionne pas! C’est en plus une recette d’un autre siècle, rien de plus ringard et de pas « innovant ». Toutes les études effectuées en la matière depuis plus de 40 le démontrent et démontrent la faillite de l’idéologie monétariste, de l’école de Chicago! Vous n’allez tout de même pas avoir l’outrecuidance de contredire un prix Nobel d’économie, Paul Krugman, sans avancer des arguments sérieux, alors que vous n’êtes ni économiste, ni n’avez le track-record académique pour le faire.
  2. Cette baisse de l’ISF ne va pas contribuer à financer l’économie réelle puisque cela sera promptement investi en actions et en obligations, dans l’immense majorité des cas gérés par des fonds, des gestionnaires de patrimoine ou des banques. On est donc dans l’économie la plus irréelle possible, celle des marchés financiers, qui ne financent que des entreprises cotées en bourse, soit moins de 1% des entreprises françaises. Vous devez avoir une autre conception que nous de la réalité, en matière d’économie mais pas que.
  3. Un autre prix Nobel d’économie, Joseph E. Stiglitz, faisait par ailleurs un autre constat lapidaire il y a deux ans A méditer.

Au lieu de régurgiter bêtement les éléments de langage fournis par le Gouvernement, Chère Madame Chalas, faites votre travail de députée qui consiste, même dans la majorité, a contrôler l’exécutif, exécutif qui est tout aussi en roue libre, tout aussi incohérent que vous.

Et faites nous à tous un peu petit plaisir: achetez ce livre et lisez le.

 

 

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