Qu’y a t-il à expérimenter avec des mafias internationales?

Non Jérôme. Non.

Tu as choisi Villeurbanne, il y a plein de problèmes à Villeurbanne, et les mêmes qu’à Grenoble.

Tu as été élu pendant 15 ans dont 6 ans premier adjoint en charge de la sécurité, et avant ça directeur de Cabinet, non? Ton bilan?

Encore de la communication?

Les émeutes de la Villeneuve en 2010 n’ont pas de lien direct avec le trafic de drogue puisqu’elles ont été provoquées par la mort d’un braqueur qui venait de taper le Casino d’Uriage et a été abattu par la Police parce qu’il ouvrait le feu sur elle. Là on parle de grand banditisme, qui est un phénomène certes connexe mais différent de celui du trafic drogue: les caïds du trafic ne montent pas au braquo parce que (a) c’est beaucoup plus risqué, (b) c’est beaucoup moins rentable et (c) c’est pas bon pour le business parce que ça fait rameuter schmits et médias.

Ce qu’ont illustré ces émeutes, c’est que la Villeneuve est une zone de non-droit où la loi de la République n’a plus suffisamment cours et où la conception de l’état de droit est bien particulière puisque le fait d’abattre un braqueur en situation de légitime défense car tirant sur les force de l’ordre à l’arme automatique après une course-poursuite ne devrait pas, dans une situation normale, provoquer d’émeutes. Ce renversement des normes est gravissime.

Pourquoi Grenoble mériterait-elle d’être expérimentale plus que Marseille, Lyon (Place du Pont etc.), Vaux-en-Velin, Vienne, Valence, Villeurbanne, Strasbourg, les banlieues parisiennes etc. où la situation est exactement la même ? Pourquoi?
La seule spécificité de Grenoble, qu’elle partage avec Marseille, c’est que les quartiers sont dans la ville, et pas en banlieue. C’est pour cela que CVCM, alors que l’ambition qui y a présidé est clairement de créer un quartier « durable et sécurisé », a exactement l’effet inverse. Sans compter que créer de telles lignes de démarcation au sein d’une ville n’est pas très républicain: on trie encore les gens sur des bases plus que discutables, parce que censitaires et d’habitus, au faux prétexte d’écologie.
Par ailleurs, le phénomène ne touche pas que Grenoble mais l’ensemble de la région grenobloise, au delà des frontières de la Métro.

Expérimenter quoi, Jérôme? Que veux-tu donc expérimenter avec des mafias internationales et des gens qui ont choisi la carrière de truands professionnels? Il ne s’agit pas de petite délinquance, ni même de grand banditisme: même le guetteur de 13 ans participe à ces mafias, qui sont des organisations hiérarchisées opérant des activités économiques illicites à très grande échelle, même si à 13 ans on est « récupérable », réformable si pris à temps en recevant le soutien idoine. Idem pour nos concitoyens qui résident dans ces quartiers: il va falloir faire en sorte que l’immense majorité d’honnêtes gens n’en souffrent pas. Il est là le volet non-répressif et préventif. Mais en ce qui concerne les caïds et leurs donneurs d’ordres, il n’y a pas d’autre choix que la répression, parce l’impact qu’ils ont sur la société et les vies de centaines de milliers, voir de millions de nos concitoyens est nocif au point de mettre en danger les fondements mêmes de notre démocratie.

Tant qu’on ne s’attaquera pas à la tête, tout ce qu’on fera sur le terrain n’aura que peu d’effet, un caïd en remplaçant un autre. Ce ne sont pas les candidats qui manquent.

Personne ne veut comprendre et assumer la triste réalité: régler le problème, on sait très bien comment le faire, depuis des années. Et cela n’a pas été fait pour des raisons politiques et électorales. A l’échelle d’un quartier, c’est somme toute assez simple. Question de moyens et de volonté politique, le tout dans le respect des habitants. Ça va secouer un certains temps, mais les caïds ne peuvent pas gagner. Sauf que ne traiter qu’un quartier ou que quelques quartiers revient seulement à déplacer le problème.

Il va falloir pour cela des opérations anti-mafia sur l’ensemble du territoire français, voir à l’échelle européenne, pas qu’à Grenoble, de la magnitude de celles auxquelles ont  procédé et procèdent encore nos amis italiens, le tout avec une très forte pression de notre diplomatie sur les pays producteurs (fini les financements de campagnes présidentielles provenant de l’autre côté de la méditerranée) et de transit (l’Espagne est déjà un partenaire qui fait son boulot) et surtout sur les pays qui abritent les circuits financiers de blanchissement au sein de l’Union Européenne et à sa proximité– on les connait également.

Il va falloir renforcer de manière significative les capacités judiciaires en matière de criminalité en col blanc, seul moyen de tordre le cou aux organisations mafieuses, ce qui ne va pas arranger un paquet d’élus, d’entreprises etc. parce que des parquets et des services de police spécialisés en effectifs suffisants avec des moyens suffisants seront tout aussi capables de traiter des affaires politico-financières ou d’évasion fiscale que les affaires de blanchissement d’argent de la drogue…

 

Il va falloir comprendre que régler le problème ne se fera pas sans confrontation, même si cela ne suffira bien naturellement pas parce que l’immense majorité de nos concitoyens qui résident dans les « quartiers » sont d’honnêtes gens qui n’aspirent qu’a vivre paisiblement. Et ceux-là, il faudra les protéger. S’attaquer à l’argent est donc le meilleur moyen d’aller à la confrontation et de la gagner. C’est par les biais financiers, car ces organisations n’ont qu’un seul but, le profit, qu’on pourra mettre un terme aux activités de ces mafias tout en protégeant nos concitoyens qui doivent vivre au quotidien sous leur coupe. Sauf qu’on est pas équipé pour juridiquement parlant en France. Sauf qu’on n’y met pas les moyens. Et qu’on refuse de s’attaquer sérieusement à la criminalité en col blanc.

Plutôt que de faire passer une énième loi antiterrorisme qui ne vise qu’au contrôle social et sera non seulement inefficace mais sans doute anticonstitutionnelle (le Conseil Constitutionnel vient de censurer une partie du volet surveillance de la précédente loi) , le Ministre de l’intérieur devrait plutôt s’atteler à réfléchir sérieusement au sujet et à considérer ce qui se fait à l’étranger depuis 40 ans. Par exemple le « RICO statute » aux USA, qui a permis de tordre le cou à la mafia italo-américaine dans les années 80 et 90 (si elle existe toujours, elle n’est que l’ombre de ce qu’elle fut) et reste un outil fondamental dans la lutte contre les cartels mexicains et colombiens.

Quant à Grenoble, on est presque dans un état  pré-insurrectionnel, puisque certains n’hésitent pas pour asseoir leur contrôle du territoire à s’attaquer à des bâtiments publics Ô combien symboliques: un théâtre, un collège etc.

Si rien n’est fait très rapidement, alors un jour plus de 50% des électeurs voteront pour un parti dont on connait les solutions, qui ne sont bonnes pour personne…

2 commentaires sur “Qu’y a t-il à expérimenter avec des mafias internationales?

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  1. faites moi rire avec vos MAFIAS et rappelez vous le coup de la taxe carbone: entre 1,6 et 2 milliards d’euros partis en 8 mois du budget français en Suisse d’abord, puis en Israël. Le trafic de cannabis, à côté, c’est peu, presque marginal. Certes des fortunes mafieuses se font sur le dos de loi mal faites ou mal appliquées -souvent faute de moyens-… Mais que dire des « états-voyous » ? les options binaires (forex), ça vous dit quelque chose ? c’est sûrement pas vous que l’on entendra sur ces sujets!

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