France. Vel’ d’Hiv’. Responsabilité. Troisième édition du GAM Show

 

Texte du Podcast.

Nous souhaitons revenir sur ce sujet explosif, parce que nous le jugeons important et que nous sommes équipés de tenues anti-blast.

L’opinion qui semble prévaloir dans la sphère politico-médiatique parisienne est celle de Bernard-Henri Lévi, qui assène que les historiens ont tranché à propos de la responsabilité de la France dans la déportation de nos concitoyens juifs et que le débat est définitivement clos.

Pourtant, des flopées d’historiens, français comme étrangers, persistent à se pencher sur la période de notre histoire qu’est l’occupation. L’écriture de l’Histoire est un processus continu et qui ne va pas s’arrêter parce que BHL en décrète la fin sur twitter !

Nous n’allons pas revenir sur les arguments des uns et autres, largement repris par les médias. Nous vous faisons confiance pour les rechercher et en prendre connaissance par vous-même.

Nous, on va faire de l’histoire façon école primaire, genre 1515 Marignan. On va simplement regarder quelques dates, une chronologie quoi.

L’inique rafle du Vel d’Hiv, ordonnée par l’Etat Français et exécutée par la Police Française, a eu lieu les 16 et 17 juillet 1942.

La première contribution militaire majeure de la France Libre à la seconde guerre mondiale fut la bataille de Bir Hakeim, durant laquelle la 1ere brigade française libre du général Koenig arrêta L’Afrika Corps et l’armée italienne commandées Rommel dans ce point d’eau du désert de Lybie, ce qui permis aux anglais de se regrouper et concentrer leurs forces pour obtenir 4 mois plus tard la victoire décisive d’El Alamein , ce qui sonna le glas de l’incursion des puissances de l’Axe en Afrique du nord. Ce fait d’arme fut pour beaucoup dans la reconnaissance par les alliés du Comité National de la France Combattante, qui à son tour fut l’une des raisons qui firent que la France pu s’asseoir à la table des vainqueurs en 1945.

La Première Brigade Libre Française, composée de 3 700 hommes, a résisté lors d’un siège de 3  semaines face à des forces ennemis très supérieures en nombre puisqu’en plus des italiens, Rommel avait dépêché la 90eme Leichte Afrika Division, forte de plus de 15 000 hommes et d’environ 350 blindés  et appuyée par la Luftwaffe!

Qui étaient ces 3 700 Français libres qui ont stoppé la force mécanisée la plus redoutable de son époque et qui ont fait dire à Adolf Hitler en personne : « Bir Hakeim est la preuve que les français, après nous, sont les meilleurs soldats d’Europe » ?

Ecoutons le Général Yves Gras, lui-même ancien de la 1ere divison française libre, nous les décrire :

« Français venus de tous les horizons, volontaires, étrangers, tirailleurs coloniaux, Noirs d’AEF, Pacifiens, Indochinois, Malgaches, Nord-Africains, Libanais, Pondichériens, la 1re brigade apparaît comme une étonnante synthèse de la France et de son empire.»

De la France et de son empire ?

Eh oui ! La France de 1942 n’était pas la même que celle de 2017 ! La France de 1941 comprenait aussi ses colonies, même si les « autochtones » comme on disait, n’avaient pas la nationalité française.

D’ailleurs, sans les troupes coloniales – Spahi, Tabor Marocain, Tirailleurs sénégalais et algériens, Tamarii du bataillon du pacifique et tous les autres que nous ne citons pas car la liste serait trop longue – qui participèrent non seulement à la campagne d’Afrique du nord mais celle à d’Italie, de France et l’Allemagne, l’armée de la France libre n’aurait beaucoup moins de fantassins et de cavalier à aligner !

Ces hommes se sont battus et sont morts pour la France au sein l’armée française, sous pavillon français, en portant l’uniforme français ! On leur avait promis la nationalité française, promesse que nous nous empressâmes de trahir dès la libération !

Rajoutons tous ceux qui de manière continue rejoignirent l’Angleterre dès juin 1940 ! Les forces aériennes françaises libres furent fondée en juillet 1940 par 150 élèves pilotes ayant traversé la manche en juin 1940 dans un langoustier.

Rajoutons tous ceux qui se mirent très vite à résister , tel le réseau Alliance fondé dès novembre 1940 par George Loustaunau-Lacau, pourtant un homme de la droite dure, et dirigé à partir de son arrestation par une femme, Marie-Madeleine Fourcade. Le réseau Alliance, un réseau de renseignement militaire qui compta plus de 3 000 agents, transmis entre autre aux alliés une carte de 17 mètres de long de la côté atlantique décrivant l’ordre de bataille allemand et les plans des défenses, oui, du mur de l’atlantique, ce qui contribua grandement au débarquement de Normandie.

Rajoutons les communistes français qui à partir de l’invasion de l’Union Soviétique le 22 juin 1941 passèrent immédiatement dans la clandestinité et sans lesquels la résistance française n’aurait jamais été ce qu’elle fut. Leur contribution, qu’on continue encore de nos jours à minimiser fut fondamentale. Sans les communistes, pas de sabotage des moyens de transports ferroviaires mettant à mal la logistique allemande, pas de sabotage industriel, pas d’imprimerie clandestine etc. etc.

Les 16 et 17 juillet 1941, ces deux journées d’ignominie, il existait au moins trois France : La première, Celle qui collaborait et on la connaît, ; la seconde,,celle qui se battait hors du territoire métropolitain et qui comprenait également les autochtones des colonies, celle qui déjà résistait, celle qui aidait ses concitoyens persécutés , Cette France là, on la connaît aussi. La troisième, c’est celle qui n’a rien fait, celle qui c’est contenté de subir, la majorité des français – comme la majorité des belges, des danois, des norvégiens, des néerlandais, comme la majorité des peuples de l’Europe occupée. Il n’est pas donné à tout le monde d’être un héro et les héros du quotidien n’existent pas.

Le constat est sans appel : la réalité est visiblement plus compliquée que certains esprit complexes l’affirment.

Mais comment alors aborder aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler les heures les plus sombres de notre histoire  sans tomber soit dans la paranoïa hystérique, soit dans le déni ou la simplification de l’histoire?

La chose la plus sage que nous ayons lu à ce sujet vient d’un homme que personne ne peut taxer de complaisance – ceux qui s’y risqueraient ont intérêt à numéroter leurs abattis. Pierre Joxe, ancien ministre de l’intérieur, ancien ministre de la défense, ancien président de la cour des comptes, a dit ce que nous allons maintenant citer dans une interview au Bondyblog après les attentats de 2015. Il parle de la colonisation mais cela s’applique également à tout ce qu’on nomme aujourd’hui de manière générique devoir de mémoire, donc également à l’extermination programmée et industrielle par des européens d’autres Européens, parce qu’ils étaient juifs, tziganes, homosexuels, handicapés ou malade mentaux, bref tous ceux qui étaient jugés pour une raison ou pour une autre inutiles au, indignes du ou nocifs au IIIeme Reich

Voilà ce qu’a dit Pierre Joxe.

« Moi, je ne me ressens pas une position d’accusateur. Je l’ai eue quand j’étais jeune, dans des mouvements étudiants anti-colonialistes, j’étais accusateur, oui, de ceux qui étaient auteurs de crimes. À présent, je me sens héritier de cela, mais pas responsable, ni coupable. Je pense qu’une partie des Français n’arrive pas à bien sentir que, sans être coupables, nous sommes héritiers de cette histoire. Comme les Britanniques sont héritiers de ce qui s’est passé au Pakistan, en Inde, quand ils ont provoqué la division de l’Inde dans des conditions épouvantables, quand il y a eu des millions de déplacés, des millions de morts en raison des conflits entre les musulmans et les autres. Comme les États-Unis sont héritiers du génocide des Indiens et héritiers de la discrimination des descendants d’esclaves : les Noirs, qui surpeuplent les prisons aux USA. Comme la France qui avait reçu en 1919 le mandat de décoloniser la Syrie et qui a fait exactement le contraire… »

Ce que Pierre Joxe dit en substance c’est qu’il n’y a pas de mémoire qui vaille sans savoir. Donc avant de parler à tort et à travers de devoir de mémoire s’égrène que lors de si nombreuses cérémonies de commémoration médiatisées qu’on ne sait même plus parfois ce qu’on commémore, si on se préoccupait d’abord du devoir que nous avons tous de savoir, ce qui aurait pour effet bénéfique et immédiat d’interdire à tout opérateur politique quel qu’il soit de caviarder les faits pour en tirer profit.

On ne peut juger l’histoire avec les normes du présent. Ceux qui le font le font trop souvent pour se déclarer victimes par descendance alors que le statut de victime, pas plus que celui de bourreau d’ailleurs, ne vient pas en héritage.
Il est dangereux de juger l’histoire avec les normes du présent, parce que cela provoque par réaction certains à juger le présent avec les normes du passé.

L’Etat Français est responsable , qui a décidé et fait exécuter par son administration, Police en tête, cette rafle et sinistrement bien d’autres, ayant conduit à l’extermination de 80 000 de nos concitoyens, parce qu’ils étaient juifs.

La France responsable ? Laquelle, car nous avons vu qu’il y en avait plusieurs à l’époque. Dire que la France est responsable de cette inique rafle est la réduire et l’essentialiser à la collaboration durant la seconde guerre mondiale, alors qu’elle fut autre chose dans le même temps – là nous utilisons nous cette expression à bon escient. Cela devrait rendre notre propos limpide.

 

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