Le jour où le porte-parole du gouvernement fut rebaptisé Christophe Sean-Spicer

Cher Monsieur Castaner,

Nous prenons la liberté de remplacer votre patronyme par le nom complet du « Press Secretary » de Donald Trump. Ca vous apprendra à twitter des inepties. Et nous espérons bien que ce doux surnom de Christophe Sean-Spicer vous collera au maroquin, manière de remembrance permanente que quand on est Ministre des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, on ne peut pas raconter n’importe quoi, même pour faire bisquer M. Mélenchon.

Avant la réforme constitutionnelle de 2008, le Président de la République avait l’interdiction totale et formelle de s’adresser aux Parlementaires et de pénétrer dans l’enceinte du Parlement en session, Congrès inclus.

Depuis la réforme de 2008, Sarkozy le fit une fois dans le contexte de la crise économique, et François Hollande également après les attentats. Donc pour des raisons impérieuses, et vous remarquerez que le faire n’a servi ni l’un l’autre alors qu’ils possédaient pourtant une majorité équivalente à la vôtre.

Pourquoi? Séparation des pouvoirs, l’un des deux attributs (l’autre est l’état de droit) par lequel on reconnait une démocratie. Parce que la République Française est un régime semi-présidentiel, par la constitution duquel seul le gouvernement définit et conduit la politique de la Nation (article 20 de notre constitution toujours en vigueur), est responsable devant le Parlement et partage avec lui l’initiative législative.

Le Président de la République lui a pour rôle de faire appliquer la loi et n’est pas responsable devant le Parlement – cela s’appelle le pouvoir exécutif.

De Gaulle, Pompidou et Mitterrand avaient fait lire par le Président de l’Assemblée Nationale des messages aux Parlementaires, ce qui est tout à fait différent que d’aller faire un discours devant eux, et ainsi mettre les pieds dans l’enceinte des seuls représentants souverains du peuple français. Eh oui, le Président de la République ne représente pas le peuple français mais seulement l’État Français, dont il est le chef, ce qui n’est pas du tout la même chose. Il faudrait veiller à ne pas l’oublier.

Si vous voulez un régime présidentiel à l’américaine, alors changez donc notre constitution. Cela impliquera forcément au moins deux choses: (1) la suppression du poste de Premier Ministre et de la notion de gouvernement et (2) l’initiative législative incombant au seul Parlement. Eh oui, l’administration du POTUS n’a pas le droit de rédiger et de proposer les lois, qui aux USA sont intégralement rédigées et proposées par l’une des deux chambres, Sénat ou Chambre des Représentants (c’est par ailleurs la même chose dans tous les états fédérés, que leur Parlement soit mono- ou bicaméral). Cela aura pour effet immédiat une limitation très importante des pouvoirs du Président et la fin d’un certains nombre de dispositifs tels que les ordonnances (non, un « executive order » n’est pas une ordonnance mais l’équivalent d’un décret parce qu’uniquement réglementaire et pas législatif).

L’ordre institutionnel, vous en comprenez l’importance en démocratie? Parce qu’on vous garantit que le Conseil d’État, le Conseil Constitutionnel et les Français eux connaissent.

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