Terroristes fichés S et bénéficiant d’un permis de détention d’arme: un dysfonctionnement?

Le Président de la République et le Ministre de l’intérieur pointent des dysfonctionnements dans l’affaire de l’attentat raté des Champs-Élysées, celui perpétré par un individus fiché S qui bénéficiait d’un permis de détention d’arme.

Un fichage S , ce n’est pas un PV pour stationnement gênant.

C’est un fichage disposant de 16 graduations décrivant les actions à entreprendre selon les raisons du fichage et la dangerosité des personnes fichées pour des raisons d’atteinte à la sécurité de l’État. Ce n’est pas pour autant une condamnation mais un signalement qui permet aux forces de l’ordre de surveiller de manière appropriée les individus concernés  et de faire remonter les informations recueillies sur le terrain, par des interception etc. à la DGSI où ces renseignement sont exploités par des analystes.

Soyons clair, dans le cadre d’un fichage S, rien n’empêche la DSGI de vérifier d’autres fichiers et particulier celui des détentions d’armes qui sont essentiellement de deux sortes:

  • Armes de catégorie B, essentiellement les armes de poings et armes d’épaules semi-automatiques dont la détention est soumise à autorisation préalable. La délivrance de cette autorisation de détention se fait après une enquête administrative accessibles aux services de police et de gendarmerie puisque ce sont eux qui sont chargés de vérifier si ces armes sont détenues dans les conditions prévues par la loi (armoire ou coffre fort adapté, séparation du stockage de l’arme et des munitions etc.).
  • Les armes de catégorie C, soumises à déclaration et obligation de produire une licence de la Fédération Français de Tir ou un permis de chasse en cours de validité, qui eux-même sont soumis à une visite et à la délivrance d’un certificat médical. Les conditions de stockage des armes et des munitions sont les mêmes que pour les armes de catégorie B.

Il existe au surplus un fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes. Il suffirait donc d’y rajouter automatiquement tous les fichés S et l’affaire est dans le sac, puisque ce fichier lui est croisé avec les fichiers de détention d’arme.

Dans le cas de la tentative d’attentat sur les champs, la presse parle d’un AK47 – arme de guerre automatique dont la détention est strictement interdite, pareil pour les munitions – et d’une ou plusieurs armes de poing, donc soumises à autorisation (et non pas à simple déclaration)

Ce que cette affaire démontre plutôt c’est le manque de moyens de nos services de renseignements intérieurs. Le MI5 anglais compterait environ 1 500 analystes alors que le DSGI elle, que 800, malgré les efforts de recrutement de ces 3 dernières années. Les analystes ne sont pas des agents de terrain mais des fonctionnaires souvent spécialisés, possédant un haut niveau d’étude dont le rôle est d’exploiter le renseignement brut pour en faire de l’information permettant la prise de décision et l’action.

Le nombre faramineux de fichiers de toute nature ne facilite pas non plus la tâche. La Police Nationale et la Gendarmerie, par exemple, n’ont pas les ressources nécessaires pour mettre à jour le fameux fichier STIC qui comprend les noms de toutes les personnes ayant été mêlées à une infraction – comme témoins, victimes ou auteurs indifféremment.

Donc ce n’est pas le croisement de fichier qui est nécessaire, mais plutôt la redescente d’information des services vers le terrain qui pose problème, tout comme l’extrême centralisation qui ne le permet pas.

 

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