Faut pas confondre marée haute et tsunami

Il ne faut pas confondre marée haute et tsunami. On va se calmer avec les superlatifs et les expressions gargarismes, et on garde le Synthol pour traiter les inévitables ecchymoses à venir, vraisemblablement très vite. La marée haute deviendra basse, parce que c’est la loi de la gravitation politique universelle.

Si nous reconnaissons que Macron a réussi a accélérer momentanément le cycle lunaire, celui qui cause les marées, c’est parce que le temps paroxystique de l’élection le permet et parce que la médiocrité de ses adversaires l’a rendu possible. Mais le temps de l’élection n’est pas celui du gouvernement.

On nous parle de recomposition de la politique, de changement aussi copernicien que tellurique. On nous assène que Macron a réussi son pari.

Or, Il n’a rien fait, rien à part se faire élire. Se faire élire n’est pas faire: demandez donc  à N. Sarkozy, F. Hollande ou E. Piolle.

On ne sait même pas si ceux qui se disent le « renouveau » le sont réellement. Vu leurs comportements, il est permis d’en douter sérieusement.

Semer la zizanie dans les rangs des adversaires ne veut pas dire recomposition. C’est de la tactique. Ce n’est pour le moment que conjoncturel, que de circonstance. Prenons un exemple: le jour où on aura fait la peau de Daesh comme organisation ne veut pas dire les « splinters » ne seront pas plus dangereux, et qu’un autre bazar de la même horreur ne se reformera pas parce que l’idéologie elle perdurera. Voir Takfir wal Hijra dans l’Égypte des années 1970, qui a donné le bureau des services de Peshawar, le GIA, le GSPC, la Bridage Al Moudjahid en Bosnie et Al Qaïda, qui elle a enfanté Daesh, Al Nosra,  Boko Haram, les Shebab etc.

Bref, quand on met un coup de pied dans la fourmilière, on ne sait jamais par avance comment ça va grouiller.


Prenons des gens comme Lepen, Mélenchon ou Ruffin à l’Assemblée Nationale, avec l’impact qu’ils ont sur l’opinion publique: bon courage.

Car ce ne sont pas les députés LREM qui vont pouvoir leur porter contradiction, vu le niveau. Imaginons par exemple B. Bonnel en face de Mélenchon, E. Chalas en face de Ruffin et O. Véran en face de Lepen: un massacre de marcheurs. Ce ne sera pas le gouvernement non plus, car ils prendront à partie directement le Chef de l’Etat, qui sera bien obligé de leur répondre.

Et surtout relisons la théorie de la gouvernance (ou L’Esprit des Lois, ou Tocqueville pour les courageux) :  à partir du moment où il n’y a pas de contrepouvoir effectif et efficace, la rue devient légitime parce que c’est le seul moyen de se faire entendre. C’est bien là le problème de nos institutions et surtout de ceux qui les dirigent: une affaire de domination du haut vers le bas et pas de coproduction. Si nous étions en Allemagne, au Pays-Bas, en Norvège, en Espagne, en Italie ou aux USA, alors oui, la rue serait beaucoup moins légitime, où plutôt il en faudrait beaucoup plus pour qu’elle le devienne. Mais nous ne le sommes pas.

Macron, c’est De Gaulle en pire, parce qu’il a les mêmes méthodes autoritaires, centralisatrices, dominatrices, conservatrices (au sens de préserver l’ordre établi, qui lui n’a pas changé avec son élection. C’est la même pièce, avec la même mise en scène, le même décor et les mêmes costumes, jouée par quelques acteurs différents et trop souvent de seconde zone) et technocratiques dans une société qui n’est plus celle des années 60 qu’on pensait déjà à tort monolithique à l’époque, et qui ne sort pas de la crise majeure de la guerre d’Algérie, ayant mené à une tentative de putsch militaire après le ‘Français, je vous ai compris ». Ces méthodes qu’inlassablement ont combattu Mendès-France, Mitterrand, Rocard et même Lecanuet. Macron n’est libéral qu’économiquement; culturellement uniquement pour lâcher du lest et par clientélisme électoral. Il est pour lui inconcevable que la société s’organise d’elle-même par le débat, la confrontation des opinions et l’exercice de rapports de force sans que lui en détermine seul les seules conditions au préalable. D’où la réforme de code du travail par ordonnance. Libéralisme n’est pas synonyme de liberté, ne l’oublions pas.

Il aura sans doute son mai non pas 68 mais 2018,  parce qu’à l’instar De Gaulle à partir de 1965, il ne comprend pas le pays, il ne comprend que les 15% de dominants qui l’ont fait élire, et qui ne sont pas la France.

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