Rencontre Macron – Poutine. Deux « pragmatiques » pas vraiment sur un pied d’égalité.

L’analyse de Jacques Sapir, si elle est fine, est très optimiste.

La Russie, contrairement à ce qu’on pense souvent, souffre somme toute assez peu des sanctions économiques européennes – beaucoup moins que du faible prix du pétrole et du gaz. Elle a compensée sans aucun problème les sanctions commerciales en resserrant ses liens avec la Chine, la Turquie etc. quant à pourvoir à ses besoins d’importation de produits agricoles.

Les sanctions financières elles n’ont que peu d’effet, ne nous le cachons pas. Dans une finance mondialisée, ces sanctions ne font qu’augmenter les coûts de transactions pour la Russie mais ne l’empêchent en aucun de procéder à quelque transaction que ce soit.

La Russie a toujours été depuis la chute du communisme un partenaire très compliqué, mais un partenaire quand même. La Russie a toujours fait en sorte de ne rester dans la zone sub-critique dans ses rapports de forces. Même l’immixtion dans les élections américains le fut, puisque ce n’est pas Russie qui en paie le prix mais Trump et le parti républicain. Elle n’a en effet en matière de subversion pas fait plus que ce que font les USA ailleurs dans le monde et le fait d’exposer les faiblesse de la démocratie américaine la sert plus que lui coûte le fait d’être pointée du doigt sur la scène internationale, où elle est de toute manière redevenue incontournable. C’est toujours du cocu dont on se moque, pas de l’amant.

Poutine un pragmatique? Sans aucune doute. Et il a les moyens de l’être.

En revanche, Emmanuel Macron qu’on nous présente aussi comme un pragmatique, lui est dès le début de son quinquennat en position de grande faiblesse politique du seul fait de la manière dont il a été élu. Son agitation permanente sur la scène internationale depuis 2 semaines est celle d’un Président déjà faible qui fait tout ce qu’il peut pour se découpler de la situation de politique intérieure en espérant bien récolter les bénéfices en politique intérieure de cette agitation internationale, notamment aux législatives.

Poutine le sait et devrait donc (a) ne pas se laisser impressionner et (b) rien concéder tant que les sanctions européenne perdureront. La course à l’échalote entre la France, l’Allemagne et l’Italie pour « diriger » au niveau européen la normalisation des relations avec la Russie le sert, au surplus. Et Poutine sait que Macron ne pourra rien faire, rien décider sans l’Allemagne, c’est à dire pas avant les résultats des élections fédérales de cet automne.

Il ne devrait donc rien sortir de cette rencontre et Poutine devrait se contenter de réitérer poliment la position de la Russie qui n’a pas varié depuis 3 ans dans tous les grands dossiers (Crimée, Ukraine, Syrie etc.) et laisser « le beau rôle » à Macron. Mais ce faisant, Poutine en fait également son obligé, car, comme le souligne J. Sapir, c’est Macron qui a diablement besoin de crédibilité, pas Poutine.

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