L’escroquerie continue: ce n’est plus à Macron qu’il faut donner une majorité mais au gouvernement

L’offensive communicationnelle a commencé et elle traduit la très grande nervosité de la La République en Marche, de l’Élysée et de Matignon…

Il faudrait maintenant donner une majorité au gouvernement alors qu’on nous a répété 3 mois durant que les français ne seraient pas assez stupides pour ne pas donner à Emmanuel Macron une majorité s’il était élu.

Soyons clair: ce n’est pas une question de stupidité. Il s’agit seulement de savoir si (a) les français le veulent et (b) si c’est souhaitable.

Les français le veulent-ils?

On peut répondre sans grand risque non, les français ne le veulent pas. Sondage de sortie d’urne lors du second tour de la présidentielle: 61% des français ne veulent pas que E. Macron ait une majorité et 23% n’y sont plutôt pas favorables. Ca fait beaucoup de monde.

La cote de confiance du Président de la République deux semaines après son élection est de 45% – donc 65% des  français ne lui font pas confiance.

Celle du Premier Ministre est encore pire: 74% des français ne lui accordent pas leur confiance.

Est-ce souhaitable?

La réponse est encore non. Pour les raisons suivantes (non exhaustives):

  1. Par l’élection présidentielle, nous choisissons le chef de l’État, un individu. L’élection présidentielle ne rend nul légitime à appliquer son programme, jsute à diriger l’exécutif. Seul remporter les élections législatives l’autorise, car le Parlement est le seul représentant du peuple. C’est celui qui remporte les législatives qui gouverne. Il en est ainsi dans toutes les démocraties, quelque soit le régime
  2. A l’envi, on nous assène que c’est Macron qui décide, de tout. De la nomination des directeurs de cabinets des ministres, du périmètre de leur portefeuille, des politiques, de quels journalistes sont accrédités etc. Ce n’est pas le Président de la République qui décide des politiques de la nation mais le gouvernement, qui est forcément issu du plus grand groupe parlementaire ou à défaut d’une coalition parlementaire la plus large possible. Titre III article 20 de la constitution de la cinquième République. Il est hors question qu’un blanc seing, pour une fois de plus présidentialiser, monarchiser à outrance nos institutions au mépris de la constitution, soit accordé. On a vu le résultat de tels comportements durant les deux précédents quinquennats.
  3. Constituer une majorité parlementaire est une affaire qui se règle, dans les régimes présidentiels et semi-présidentiels (le cas de la France), avant l’élection présidentielle, afin de pouvoir bénéficier de la dynamique, non pas présidentielle, mais gouvernementale qui matérialise les accord passés. Emmanuel Macron s’est fait élire à rebours de la logique institutionnelle de toute démocratie. Il est donc parfaitement normal qu’il se retrouve aujourd’hui cul-par-dessus-tête. C’est sa lecture spécieuse et profondément égotique de notre constitution qui l’a amené là. Pas les français. Et cela dénote de peu de foi dans les institutions démocratiques puisqu’on a pas hésité à passer outre leur logique pour arriver au pouvoir. La fin ne justifie en aucun cas les moyens; nulle urgence ne peut être imposée à la démocratie.
  4. Le mépris du parlement et en particulier de l’Assemblée Nationale, seule  souveraine, affiché par l’exécutif est à la fois délétère et inacceptable.

En résumé, nous avons un Président élu par défaut, à qui la majorité des français n’accorde pas sa confiance, un Président qui n’a pour soutien qu’un conglomérat d’arrivisme et d’opportunisme et qui montre de très sérieux signes de tentation autoritaire, qui nous demande de lui accorder par défaut, parce qu’il a été élu et qu’il vient de se rendre compte que nos institutions démocratiques ne lui permettront pas de gouverner notamment du fait de la séparation des pouvoirs, une majorité parlementaire pour qu’il puisse mettre en œuvre seul un programme pour lequel l’immense majorité des français ne l’ont pas élu.

Donne moi ta montre et je te louerai l’heure? On réfléchit avant de faire. L’exercice du pouvoir exige une longue, très longue préparation et il n’y a pas de temps absorption à la va-comme-je pousse comme lors d’une OPA ou d’une fusac .

M. le Président, il était de votre devoir d’y penser avant. Vous avez voulu être élu? Vous l’êtes. Débrouillez vous. La réponse est non.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :