Le gouvernement c’est pas maintenant

Depuis hier soir on nous abreuve de « recomposition » et de « transition » – « renouvellement » a curieusement disparu des éléments de langage. On nous informe que finalement le gouvernement c’est pas maintenant mais demain à 15 heures, en même temps.

Mais que ce passe t-il donc? Y aurait-il des contestataires? Une coucougnette dans le velouté?

Ce gouvernement pas pour maintenant, comme tous les gouvernements de transition, n’a avant les législatives qu’une seule fonction, faire campagne. Quand on s’est arrangé avant l’élection présidentielle pour poser les bases de sa majorité parlementaire avec des accords de gouvernement et/ou électoraux, cela ne pose pas de problème et la fameuse « dynamique présidentielle », qui est en fait une dynamique gouvernementale car c’est le gouvernement qui rassemble, joue. Ce n’est pas le cas d’Emmanuel Macron qui n’a lui posé aucune base avant son élection. Hubris? Égotisme? Croyance erronée dans les techniques d’OPA? Incompétence de son entourage? Pas la moindre idée. Mais cela a les conséquences suivantes:

  1. Emmanuel Macron est tributaire, pieds et poings liés, de ces partis politiques tant honnis et décriés, même si certains dans certains grands partis multiplient les offres de service mais en aucun cas les ralliements. On a par exemple vu le Modem obtenir 94 circonscription aux dépends de candidats En Marche! qui eux ont réellement fait campagne pour Emmanuel Macron. Nous ne nous trompions pas en disant que le ralliement de Bayrou était le moyen qu’il avait trouvé de devenir Président de la République sans même se présenter à l’élection, et de tenter de faire renaître de ses cendres sa PME sinon obsolète;
  2. Emmanuel Macron est dans l’impossibilité de garantir aux membres de ce gouvernement qu’ils y resteront après le 18 juin alors que bien évidement, ils l’exigent tous. Imaginons un seul instant que l’alliance LR-UDI obtienne la majorité absolue, ce qui est possible, exit les Philippe, Bayrou, Collomb, Castatner et alia. Imaginez donc les rancœurs. En politique, ce qui commence en comedia del arte finit trop souvent en tragédie grecque et le Polichinelle dans le tiroir, de manière définitive;
  3. Le fait de ne pouvoir apporter de garantie à personne ni d’être en mesure de promettre quoique ce soit, fait que quelques soient les arbitrages qu’Emmanuel Macron prendra, ils généreront un gros paquet de mécontents, ce qui mécaniquement obérera la campagne législative et accroîtra la probabilité déjà très élevée, genre tendant vers 1 , de ne pas détenir de majorité parlementaire.

Quand on regarde bien la matrice et qu’on la permute dans tous les sens, on se rend compte que la seule issue possible, outre une cohabitation si jamais un bord détenait la majorité absolue, c’est effectivement une coalition bancale, un ramassis de partis et de personnalités de circonstance,  parce que personne ne détiendra de majorité. C’est apparemment sur ce cas de figure que mise le Président et, à notre avis, il en train d’essayer de faire en sorte d’être en mesure de choisir de quel côté penchera l’équilibre instable. Or ce n’est pas lui qui en décidera mais les électeurs, et le problème avec les électeurs, c’est qu’ils sont tellement imprévisibles.

Vous allez voir que d’ici peu, on va nous exhorter à coup de grandes tirades dramatiques à bien vouloir donner au Président une majorité parlementaire pour le bien du pays, parce qu’il y a urgence (Laquelle? Ah, celle de ne pas assumer l’escroquerie de s’être fait élire par défaut à rebours de l’ordre institutionnel qui est celui de toutes les démocraties quelque soit le régime?), que l’unité nationale et républicaine, que l’Europe, que la menace terroriste etc. Or les français semblent être peu disposés à se montrer accommodants. Il semblerait même qu’ils se délectent – et ils auraient tort de s’en priver et nous nous accordons nous-même ce doux plaisir avec une joie sans mélange – à torturer tous ces gens qui clament savoir mieux qu’eux ce qui est bon pour eux.

Il y a donc soit la cohabitation dès le début, soit la refondation de facto mais pas de jure de la IVème république avec les institutions de la Vème, donc du régime des partis, avec un Président fantoche (mais ça il paraît qu’on a pas le droit de l’écrire) avec des gouvernements pouvant tomber tous les quatre matins. Vous parlez d’un choix. Vous parlez d’un résultat. Si vous saviez comme ça rigole à l’étranger.

Quoiqu’il en soit, l’Elysée est déjà un camp de nudistes.

Dîtes,  M. le Président, sauf votre respect, ce n’est pas plutôt Maire que vous vouliez faire?

 

 

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