C’est donc bien à Berlin que Emmanuel Macron se rendra dès demain et se fera dévorer tout cru. Essai de politique fiction.

Que va donc bien pouvoir dire Angela Merkel au Président de la République lors de leur première rencontre? Politique fiction.

« Teurer freund, cher Monsieur le Président, toutes mes félicitations pour votre élection.  Je suis heureuse que les français aient choisi de faire battre Mme Lepen. C’est également un plaisir que de vous revoir.

Vous êtes venu avant le premier tour demander mon soutien. Je vous l’ai donné à demi-mot car vous comprenez bien qu’il aurait été mal venu que je m’impliqua plus avant dans une élection qui concerne que le peuple français.

Vous venez au lendemain de votre prise de fonction quémander mon aide pour réussir votre quinquennat et tenir les promesses que vous avez faites. L’Allemagne est toujours disposée à soutenir ses partenaires européens et la France en premier chef, car oui, le couple franco-allemand reste fondamental en Europe. C’est pourquoi vous trouverez toujours en moi un interlocuteur disponible, attentif et compréhensif.

Vous avez raison. L’Allemagne est assise sur d’énormes excédents extérieurs honnêtement gagnés tant au sein qu’en dehors de l’Union Européenne. Ces excédents sont le résultat de notre politique industrielle, alors que la France elle fit plutôt le choix il y  a une trentaine d’années de la tertiarisation et de la financiarisation de son économie. Les banques et le secteur financier français sont florissants alors que nous, nous nous faisons peur tous les jours avec le manque de solidité de nos grandes banques, la Deutsche Bank en premier chef.

Si par malheur certaines de nos banques, qui sont en réelle difficulté, nous ne le dissimulons pas, venaient à dévisser, nous aurons alors besoin de ces excédents pour prendre la paume, car il serait politiquement intenable que ce soit l’Europe qui le fasse à notre place. Cela conduirait immanquablement à l’explosion de l’Union, et il est hors de question que l’Allemagne en soit responsable.

Par ailleurs, il ne nous appartient pas de mener des politiques de stimulation de la demande à la place de la Banque Centrale Européenne pour le volet monétaire, et des gouvernements des États pour les autres volets. Nous contribuons à notre niveau en agissant sur les deux éléments du policy mix que nous maîtrisons, la politique budgétaire et la politique fiscale, en nous assurant d’un côté de la maîtrise des dépenses publique tout en investissant judicieusement et de l’autre de prélèvements raisonnables n’obérant pas le pouvoir d’achat de la classe moyenne et la capacité d’investissement de nos entreprises. Je me félicite que vous déclarez vouloir agir sur les même leviers, cela facilitera grandement la coordination des politiques économiques dans la zone Euro.

Nous avons fait le choix d’accueillir plus d’un million de réfugiés, parce que nous pensons que c’est notre devoir. Cela a un coût important, et nous ne demandons à personne d’en supporter une partie. Par ailleurs, notre population vieillissante fait que nous avons un besoin urgent de travailleurs, ce qui n’est pas le cas de la France.

Vous avez raison, cher M. le Président: l’Europe doit évoluer. La France et l’Allemagne ont un rôle pivot à jouer dans cette évolution. Mais il importe que l’Europe soit le visage de tous le pays la composant et non pas que celui de quelques uns , sans quoi elle s’éloignera encore plus des peuples. Je ne le souhaite pas.

Je me réjouis sincèrement de votre volonté réforme. Je ne vous demande pas en revanche de mimer celles que nous avons faites en Allemagne et ne voudrais pas que vous croyiez que ce faire constituerait une forme de monnaie d’échange pour obtenir notre munificence, qui vous est de toute manière déjà acquise, cher M. le Président.

Je souhaite à la France que vous réformiez ce que les français jugeront bon de réformer pour leur pays et pour l’Europe. J’espère de tout cœur que vous obtiendrez le nécessaire, large et fort consensus pour y réussir en résistant à la tentation d’imposer, qui vous dispenserait de l’effort de convaincre. Mon souhait est le même quant à l’évolution du projet européen, qui, vous le savez aussi bien que moi, ne peut se passer de débats longs, profonds et sereins.

Quant à moi, je ne sais si je serai encore Chancelière après nos élection fédérales de cet automne. Je reste fermement à la barre d’ici là et un interlocuteur, je vous le redis cher M. le Président, disponible, attentif et compréhensif »

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